Debrimou : une société à classe d’âge

Le système des classes d'âge est l'organisation sociale fondamentale. Elle a un rôle social, politique, économique et militaire. Chaque citoyen Adjoukrou appartient pendant toute la durée de sa vie à une classe d'âge bien déterminée.

On accède aux classes d’âge après une cérémonie initiatique appelée « low ». Chaque classe d’âge et chaque sous-classe d’âge ont à leur tête un chef appelé « milow ».

Le système de parenté : les lignages
L’Adjoukrou appartient de par ses ascendants masculins à un lignage paternel (eb) et de par ses ascendantes féminines à un lignage maternel (bosou sougon).

Le rôle du patrilignage apparaît plus dans la vie politique et sociale. Il est de la responsabilité du père de tout mettre en oeuvre pour la célébration de la fête de génération de sa progéniture.

Le matrilignage quant à lui est une unité économique. Elle a, à sa tête le plus âgé de la famille. En effet, c’est le matrilignage à travers le doyen qui détient le capital et les richesses traditionnelles constituées d’or, de pagnes, de bijoux, de numéraires, de plantation et de palmeraies. Jadis, par un système de contrôle étagé des oncles sur les neveux, le patriarche au sommet de la hiérarchie détenait l’autorité supérieure et supervisait le travail de tout le groupe. Il était le garant de la gestion des palmeraies de la famille et il répartissait les fruits du travail selon les besoins des membres du groupe. Toutefois, il prélevait une redevance qui servait plus tard à couvrir les charges de la célébration de l’angbandji des membres de la famille. Cependant, le contexte d’occidentalisation a fait évoluer ces institutions et la structure économique s’est profondément modifiée. Ainsi, la liberté d’entreprendre et l’école conventionnelle ne permettent plus aux jeunes de travailler collectivement dans les palmeraies sous l’autorité du doyen. En dépit de tout, il y a une survivance du rôle du doyen. Il détient encore les richesses familiales et justifie du capital angbandji des membres de la famille.

Ce rôle déterminant du matrilignage tient du fait que la succession est matrilinéaire. En pays Adjoukrou, la célébration de la fête de génération ou « low » permet à l’individu d’être accepté comme membre de la société. Elle confère une identité sociale à l’individu et atteste de la maturité du jeune homme passé de l’enfance à l’âge adulte. C’est le fondement de la vie sociale.

Dès cette initiation, le membre peut prendre part aux rencontres et posséder au moins une portion de terre pour ses activités culturales.

Elle est une fête collective pour toute une sous-classe d’âge donnée et a lieu entre l’âge de 21ans et 23 ans. Par exemple, la dernière fête de génération qui a eu lieu en 2006 a concerné la strate des M’Bédié-Odjogba. Celle qui aura lieu en 2008 concernera la strate des M’Bédié-Bago. La fête du low est célébrée tous les deux ans, pendant les années paires.

Dans la fédération de Débrimou, nous avons sept classes d’âge (oworan) comprenant chacune quatre sous-classes d’âge. Ce qui nous donne un nombre total de vingt huit sousclasses d’âge structurées de la façon suivante :

A l’intérieur de chaque génération, les Odjogba sont les aînés, les Bago sont les puînés, les Kata sont les cadets et enfin les Boman sont les benjamins. Il convient de préciser que dans la fédération de Boubouri, il est admis trois sous-classes. La dernière sous-classe, c’est-à-dire celle des Boman est considérée comme la sous-classe des esclaves.

Les fonction sociales des classes d’âge
En pays Adjoukrou, la célébration de la fête de génération ou « low » permet à l’individu d’être accepté comme membre de la société. Elle confère une identité sociale à l’individu et atteste de la maturité du jeune homme passé de l’enfance à l’âge adulte. C’est le fondement de la vie sociale.

Dès cette initiation, le membre peut prendre part aux rencontres et posséder au moins une portion de terre pour ses activités culturales.

Elle est une fête collective pour toute une sous-classe d’âge donnée et a lieu entre l’âge de 21ans et 23 ans. Par exemple, la dernière fête de génération qui a eu lieu en 2006 a concerné la strate des M’Bédié-Odjogba. Celle qui aura lieu en 2008 concernera la strate des M’Bédié-Bago. La fête du low est célébrée tous les deux ans, pendant les années paires.

L’accession au pouvoir se fait de façon cyclique, entre les différentes générations et la mobilité sociale donne à la génération cadette d’aujourd’hui d’être l’aînée de demain. Ce fonctionnement donne aux classes d’âge de renouveler leur cycle tous les cinquante six ans. Au moment de l’enquête, la classe d’âge au pouvoir à Débrimou est celle des M’Borman qui a succédé à la classe d’âge M’Bédié; et la classe d’âge M’Borman aura pour successeur en 2011, la classe d’âge Nigbessi ainsi de suite. Actuellement les investitures dans tous les villages qui célèbrent l’ebeb, concerne la classe d’âge M’Borman.

L’insertion de l’individu dans l’une des classes d’âge permet à la communauté de prendre en charge ses membres. Plus encore, c’est le cadre de socialisation par excellence dans la société Adjoukrou, le lieu où l’on apprend les préceptes de vie, développe les notions de solidarité, et de discipline. Aussi, l’individu apprend-t-il à défendre sa communauté contre les ennemis et acquiert la maîtrise des outils et des techniques culturales. Autrement dit, la célébration de la fête de génération (low) présente les nouveaux membres comme des hommes accomplis capables de contribuer au développement de la société dans l’observance des normes et dans le respect des valeurs.

La fête de génération donne à l’individu deux droits majeurs: le droit à la vie sociale (participer aux rencontres, mariage), le droit économique (l’individu peut exercer à son compte des activités économiques).

Pour tout dire, la célébration du low est le point de départ nécessaire à l’acquisition des prestiges sociaux. Ainsi, dès la fête de génération, les nouveaux membres vont-ils se mettre au service de la communauté de sorte à créer des richesses et à accéder à l’angbandji. La fête de génération donne à l’individu deux droits majeurs:
– le droit à la vie sociale (participer aux rencontres, mariage),
– le droit économique (l’individu peut exercer à son compte des activités économiques).

Pour tout dire, la célébration du low est le point de départ nécessaire à l’acquisition des prestiges sociaux. Ainsi, dès la fête de génération, les nouveaux membres vont-ils se mettre au service de la communauté de sorte à créer des richesse et partant à accéder à l’angbandji.

Source: Journées d’Etude « L’âge et le pouvoir en question », 10 et 11 septembre 2007, l’Université Paris Descartes.