Le djembe

Le djembe est un instrument utilisé par la plupart des groupes musicaux et des ballets d'Afrique de l'Ouest, du Sénégal au Burkina-Faso ; il est devenu un des instruments de percussions " ethniques " les plus populaires en Europe : il apparaît dans la plupart des festivals de musique, les manifestations sont souvent rythmées, à un moment ou à un autre par les sons de ce tambour.

Le djembe est un instrument d’origine malinké (Guinée, Mali, Sénégal), mais on le trouve également chez de nombreux groupes ethniques voisins : les Dioula de Côte-d’Ivoire et du Burkina-Faso, les Bambara du Mali, les Soussou, les Baga et les Landouma de Guinée, les Peuls du Fouta-Djalon, et les Sarakolé du Mali et du Sénégal et les Bobo du Mali et du Burkina. C’est un tambour taillé en forme de calice dans une seule pièce de bois et monté d’une peau de chèvre, laquelle est tendue par un système de cordes tressées et tirées entre deux filets : l’un est fixé au bas du tambour et l’autre au bord de la peau. Le djembe est joué à mains nues après que la peau est été chauffée pour en augmenter la tension. Les musiciens trouvent aujourd’hui des cordes de meilleure qualité, capables de subir des tensions beaucoup plus grandes. Ils peuvent alors exercer sur la peau une traction plus forte et moins dangereuse que ne l’était la tension provoquée par la chaleur. Plusieurs sonnailles sont souvent rajoutées à l’instrument ; elles sont composées d’une feuille de métal garnie d’anneaux et de grelots.

Le djembe n’est pas exclusivement réservé aux griots comme peuvent l’être le balani malinké ou le jeli n’goni. Certains musicologues l’attribuent aux forgerons même si les tambourinaires les plus connus portent des noms de familles nobles : Keïta, Konaté, Coulibaly… Ces familles n’acceptent pas facilement que leurs enfants deviennent des musiciens professionnels ; cela est perçu comme une déchéance sociale. Seul un griot peut faire de la musique sa profession. Le djembe a toujours été utilisé pour les fêtes, les travaux des champs ; en pratiquer n’était donc pas considéré comme une profession et une personne issue d’une famille noble pouvait donc en jouer.

En Afrique de l’ouest, le djembe se joue seulement à l’occasion de manifestations publiques et spécialement pendant les mariages. Le djembe se joue alors chaque jour pendant sept à dix jours et plusieurs heures. Seules les femmes et les jeunes filles dansent. Les danses commencent par un chant de femmmes, puis le djembe toujours accompagné du kangueni (tambour à double membrane) commence à jouer. Les femmes dansent en cercle autour des musiciens puis deux ou trois d’entre elles s’écartent du groupe et donnent un signal pour que les musiciens se lancent dans des improvisations.