Région du Kabadougou

La Région du Kabadougou, l’une des composantes du District du Denguélé, est située dans le nord-ouest de la Côte d’Ivoire. Elle est l’une des trente et une (31) régions administratives de notre pays et couvre une superficie de 14 000 km2 soit 6% du territoire national. La Région du Kabadougou est limitée au nord par la Région du Folon, à l’est par la Région de la Bagoué, à l’ouest par la République de Guinée et au sud par les Régions du Bafing et du Worodougou.

Selon les données issues du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) réalisé en 2014, ce sont 93 988 âmes qui vivaient dans ce vaste territoire, soit environ 1% de la population nationale de cette époque. La ville d’Odienné, chef-lieu de la Région du Kabadougou, est située à 850 km d’Abidjan, la capitale économique et à 550 km de Yamoussoukro, la capitale politique du pays. Suite aux découpages administratifs opérés entre 2010 et 2013, la Région du Kabadougou compte cinq (05) départements et quinze Sous-Préfectures repartis comme suit :

– département d’Odienné : cinq (05) Sous-Préfectures (Bako, Bougousso, Dioulatièdougou, Odienné et Tiémé) ;
– département de Madinani : trois (03) Sous-Préfectures (Fengolo, Madinani et N’Goloblasso) ;
– département de Séguélon : deux (02) Sous-Préfectures (Séguélon et Gbongaha) ;
– département de Gbéléban : trois (03) Sous-Préfectures (Gbéléban, Samango et Seydougou) ;
– département de Samatiguila : deux (02) Sous-Préfectures (Samatiguila et Kimbirila au sud).

La Région du Kabadougou est peu peuplée et près de 4 habitants sur 5 vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2008 (Confère DSRP, 2008). A ce jour, cette population est estimée à environ 250.000 habitants. Au plan de la chefferie traditionnelle, le Kabadougou comprend neuf (09) cantons. La densité de la population dans le Kabadougou était de 11.5 habitants au kilomètre carré. Ce taux est estimé à présent à 17,9 habitants au kilomètre carré. Un indicateur qui reste largement en dessous de la moyenne nationale (69 habitants).

Le relief est dominé par les plateaux avec la présence de massifs montagneux dont le Mont Denguélé culminant à 806 m d’altitude. Le climat est de type tropical avec un régime Soudano- Guinéen à deux saisons :

– une saison pluvieuse qui s’étend de juin à novembre ;
– une saison sèche qui s’étend de décembre à mai, assorti d’harmattan.

La pluviométrie a atteint des points de 1600 mm de précipitations annuelles, régulièrement réparties. Plusieurs cours d’eau arrosent par ailleurs la région. Les températures annuelles varient de 21°C à 35°C, avec des amplitudes thermiques moyennes de 26.5°C.

La Région du Kabadougou compte des infrastructures académiques composées d’établissements préscolaires, secondaires (collèges et lycées), techniques et professionnels (Lycée Professionnel d’Odienné, Centre de Formation Professionnel, Atelier d’Apprentissage et d’Application) ainsi qu’un établissement d’Enseignement Supérieur (Cafop).

Au plan des structures sanitaires, la Région du Kabadougou compte un Centre Hospitalier Régional, dix (10) Centres de Santé Urbains, vingt-deux (22) Centres de Santé Ruraux, et un Hôpital des Sœurs Italiennes.

La Région dispose d’un Commissariat et d’une Préfecture de Police, d’une Compagnie et d’une Brigade de Gendarmerie, d’une Direction Régionale des Eaux et Forêts, d’une Direction Régionale des Douanes, d’un Cantonnement des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire et d’un Détachement des Forces Impartiales de l’ONUCI et d’une Section du Tribunal de Première Instance de Korhogo.

I- Potentialités économiques
Les atouts économiques et industriels existent. Ils constituent un important potentiel pour développer et rendre attractive la Région du Kabadougou. Il s’agit notamment d’une administration publique bien représentée dans la Région, d’un fort potentiel agro-pastoral, touristique, industriel, et minier et de l’existence d’importantes infrastructures socio-économiques de base (téléphone, eau courante, hôtels, restaurants, routes, banques, assurances, électricité, internet, structures académiques, structures sanitaires, ONG, etc.) et une bonne pluviométrie.

I.1- Au plan économique

I.1.1- Le secteur primaire

Les initiatives agricoles constituent l’essentiel de l’activité économique de la Région du Kabadougou. Le système d’exploitation agricole est en général de type familial et traditionnel.

Cependant à travers les groupements informels à caractère communautaire au niveau des femmes et des jeunes, on enregistre une amorce dynamique à vocation pré-coopérative.

Les principales cultures du Kabadougou sont : le riz, l’igname, le maïs, le mil, le sorgho, le fonio, la patate, le manioc, et l’arachide.

Les cultures maraîchères principalement réalisées par les femmes sont : la tomate, l’oignon, les choux, la salade, le gombo, l’aubergine, le piment, la carotte.
Les cultures spéculatives sont : Le soja, la mangue, le citron, la papaye, le gingembre, l’orange, la noix de karité. Le coton et l’anacarde produits sur de grandes superficies constituent la spéculation en plein essor dans la région.

La zone se prête à l’agro-pastoral qui est pratiquée aujourd’hui de manière traditionnelle. Le cheptel se composait il y a une dizaine d’années de : bovins, ovins, caprins et volailles.

La possibilité de développer cette activité existe car le climat, la végétation, la disponibilité des terres se prêtent à la création de fermes modernes associant agriculture et élevage.

L’apiculture se fait de manière traditionnelle pour les besoins de consommation domestique. Cependant, il existe deux groupements d’apiculteurs de 80 personnes dans la région.

La pêche se fait de manière traditionnelle, mais la présence de plusieurs cours d’eau peut favoriser le développement de cette activité avec l’appui des investisseurs.

La région du Kabadougou est dotée de treize (13) forêts classées disséminées sur l’ensemble de son espace géographique et on y trouve de nombreuses espèces animales comme : les antilopes, les phacochères les panthères, les agoutis, les singes, etc.
L’exploitation du bois, des feuilles, des écorces et des racines des essences forestières pour les besoins quotidiens (bois de service, bois d’énergie, bois d’œuvre et pharmacopée) augmente proportionnellement par rapport à la démographie.

Le Kabadougou est l’une des régions les plus oxygénées du pays, par la répartition équilibrée de ses forêts classées.

La région du Kabadougou est l’une des régions les plus pourvues en ressources en eau. Trois bassins versants d’envergure y sont présents. Ce sont le bassin du cours d’eau Baoulé important affluent du fleuve Niger, le bassin du fleuve Sassandra qui prend sa source dans le Kabadougou et le bassin versant du fleuve Bandama. Trois bassins de cours d’eau et leurs nombreux affluents arrosent tout le Kabadougou du Nord au Sud pour le Sassandra et le Bandama, et du Sud vers le Nord pour le Baoulé, important affluent du fleuve Niger. Les pluies y sont également abondantes, puisqu’elles atteignent parfois 1 200 mm de hauteur en moyenne. Le potentiel cumulé des eaux de ruissellement, souterraines et pluviales est suffisant pour garantir un approvisionnement intégral et satisfaisant des populations du Kabadougou en eau potable et en énergie hydraulique.

La Région du Kabadougou a été l’objet d’intenses travaux de prospection minière et de cartographie géologiques depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire. La SODEMI par exemple a réalisé plusieurs missions de sondage sur des zones de manganèse actuellement en exploitation et de cuivre dans le village de Siola, les potentialités diamantifères de Tora et sur les sites aurifères du village de Zévasso. D’autres compagnies de renommée internationale y ont également effectué des travaux de recherches minières.

I.1.2- Secteur secondaire

Bien que le potentiel de développement d’une activité industrielle structurée existe, le Kabadougou continue d’être le champ d’expérimentation d’une activité de transformation des produits locaux.

En effet, les opportunités de création d’unités industrielles opérationnelles existent. Par exemple, la transformation sur place du soja tel que le lait de soja, le pain de soja, le yaourt de soja, les tourteaux de soja, l’huile de soja, etc., de la mangue, de la tomate, du coton, de l’anacarde, du beurre de karité, du gingembre, du citron, de la mangue, de l’hibiscus (bissap), de la pomme de terre, du sésame, du miel.

En l’absence d’activités industrielles florissantes, l’activité artisanale est très répandue. Aussi, trouve-t-on dans la région plusieurs artisans dont :

– les forgérons qui fabriquent des outils de production (dabas, haches, pioches, machettes, armes à feu traditionnelles et modernes, flèches sagaies, etc.) ;
– les potières qui fabriquent des pots à fleurs, canaris, vase à encens, petits mortiers, objets de décoration ; les tissérands qui produisent les vêtements traditionnels à base du coton, les menuisiers, les maçons, les cordonniers, les tailleurs, les fabricants de vanniers, de cordes, nattes et filets de pêche, etc.

La prospective géologique révèle des indices d’or, de nickel, d’étain, de colombo, de tantalite, de chrome et une forte amplitude de manganèse.

L’ensoleillement dans le Kabadougou qui est de l’ordre de 2 500 heures en moyenne par an est un véritable gisement solaire très peu et mal exploité à ce jour. Seule la localité de Baradjan située dans la Sous- Préfecture d’Odienné est munie de panneaux solaires qui assurent l’éclairage public du village.

I.1.3- Le secteur tertiaire

Dans la Région du Kabadougou, il existe d’importantes infrastructures socio-économiques de base : tics, eau courante, hôtels, restaurants, routes, banques, assurances, électricité, structures académiques, structures sanitaires, ONG, etc.)

I.2- Au plan touristique

Dans cette partie septentrionale de la Côte d’Ivoire, s’est développé un puissant royaume dénommé Kabadougou pendant l’époque précoloniale dont le rayonnement s’étendait au-delà des frontières actuelles de la Côte d’Ivoire. C’est une Région de hauts plateaux avec des vestiges du passé (Royaume de Kabassarana, passage de l’Almamy Samory Touré et de l’explorateur français René Caillé). La principale langue d’échanges des populations autochtones (92.5%) est le Malinké. De nombreuses danses sont la marque de la Région : le Didadi, le Yagba, le Brou, le Zolo, le Djembé, le Balafon, le Ghôhô, le Ngoni et le Molon.

II- Opportunités

Les opportunités d’affaires pour faire du Kabadougou une région émergente sont nombreuses et se retrouvent dans plusieurs secteurs d’activités liées au mécanisme de développement durable de nos régions. Retenons pour l’essentiel qu’une meilleure prospective des secteurs primaire (agriculture, industrie, halieutique, exploitation forestière, etc.) secondaire (agro-industrie, mines et énergie, artisanat, tourisme, etc.) et tertiaire (services, commerce, transport, banques et assurances, organisations des mutuelles et coopératives, etc.) devrait pouvoir contribuer au développement équilibré, harmonieux, et durable de la Région du Kabadougou.

De nombreux indices miniers y ont été répertoriés et dont la connaissance approfondie débouchera sur l’exploitation des substances telles que l’or, le diamant, le manganèse, le cuivre, le nickel, le colombo tantalite, le molybdène, etc. Mais à ce jour, seul un important site pourvu de substances minérales a été développé dans le Kabadougou, il s’agit de Zévasso pour l’or. Par ailleurs, en application de la réglementation en vigueur, un Comité Economique et Social présidé par Monsieur Cissé Abdoulaye participe aux côtés du Conseil au développement de la région.

III- Vision, Ambition et politique de développement

III.1- Vision

Dès son accession à la tête de la région, la nouvelle équipe s’est donnée comme vision de bâtir un Kabadougou convergeant et émergent à l’horizon 2020.

III.2- Ambitions

Dans ce sens, elle ambitionne de concevoir et conduire des projets visant la réduction de la pauvreté par l’amélioration du niveau de vie à travers la mise en œuvre de projets de développement de services sociaux de base.

IV- Réalisations majeures dans la région

Depuis la passation des charges intervenue le 27 juillet 2013, le Conseil Régional du Kabadougou a réalisé plusieurs projets majeurs dont les principaux sont :

– équipement du commissariat et de la préfecture de police en mobiliers de bureau et matériels informatiques ;
– reprofilage d’axes routiers ;
– réalisations de forages équipés de pompes à motricité humaine dans certaines localités de la région ;
– constructions et réhabilitations d’infrastructures scolaires ;
– constructions et réhabilitations d’infrastructures sanitaires ;
– construction d’un marché couvert à Gbéléban ;
– équipement d’écoles primaires publiques en tables- bancs, mobiliers de bureau et matériels informatiques ;
– équipement de centres de santé en matériels biomédicaux ;
– alimentation électrique des villages de Kabala et Kadiola.

V- Perspectives

Les perspectives de développement durable au plan économique, social et culturel de la région, nouvel espace décentralisé et cadre du développement local participatif procèdent de la stratégie de l’élaboration d’une étude prospective devant définir les grandes orientations de cette nouvelle entité administrative. Les perspectives du Kabadougou à l’horizon 2020 s’articulent autour quatre objectifs globaux :

– le décollage économique qui vise à définir les grandes lignes de la croissance économique, la répartition équitable et harmonieuse des ressources disponibles ;
– création des structures ou unités industrielles de transformation des produits locaux ;
– le financement de la croissance économique grâce à une planification des projets fiables ou crédibles à travers les principaux secteurs d’activités ;
– création d’un cadre incitatif permettant à l’importante diaspora estimée à plus d’un million de personnes disposant de compétences diversifiées à venir investir dans la région.

« La Région du Kabadougou regorge de potentialités qui demeurent encore sous exploitées. Par conséquent, la volonté des élus locaux est de bâtir un Kabadougou nouveau et prospère à l’horizon 2020. Le Conseil Régional adresse alors une invitation solennelle à tous les opérateurs économiques, partenaires financiers, institutions bilatérales et multilatérales à venir investir dans la région.»

VI- Contacts

Tél : 22 41 88 30 / 33 70 85 13 / 05
Fax : 22 41 89 30
BP 12 Odienné