A la découverte de M’Bengue

Erigé à partir de 1959, en poste administratif de la subdivision de Korhogo, puis en chef-lieu de sous-préfecture en 1961, puis en commune en octobre 1985, M’Bengue est situé à 75 kilomètres de Korhogo. La population souspréfectorale serait de l’ordre de 35 000 habitants répartis sur 2 600 km², soit une densité de 13 hab/km².

L’activité agricole de la zone est dominée par le coton, le maïs, le riz pluvial, le mil et le sorgho, l’arachide, toutes cultures de savane sèche, pratiquées en extensif sur des surfaces unitaires en moyenne très supérieures à celles constatées en "zone dense". M’Bengue est aussi un point de passage pour le bétail importé du Mali : la sous-préfecture concentre 83 000 têtes de bétail, soit plus de 25 % du stock départemental, les deux-tiers étant transhumants. La zone est enfin active dans l’échange frontalier de produits vivriers et de biens manufacturés, qui transitent par une multitude de pistes. Divers villages situés au Nord de la sous-préfecture sont des points de passage et de stockage des marchandises.

La commune de M’Bengue englobe quatre villages sur un rayon de 9 kilomètres, l’une des difficultés d’urbanisation tenant à la forte dispersion des villages, la sous-préfecture n’en comptant qu’une cinquantaine, et réciproquement au nombre élevé de campements, environ 270. Indispensable au plan du renforcement de l’armature urbaine du département, de la vie économique, politique et administrative locale, de la dynamisation des échanges marchands régionaux et frontaliers, l’affirmation du site urbain est conditionnée par un renforcement significatif des infrastructures. La commune ne compte que trois écoles primaires rattachées à l’IEP de Korhogo 2, et d’un collège municipal depuis 1990 comportant sept classes qui accueillent 280 élèves, dont 83 filles seulement. Il n’existe pas de lycée. Au plan sanitaire, le centre de santé a une capacité de 60 lits, mais la commune ne dispose d’aucune PMI. Les équipements culturels et sociaux se résument à une maison des jeunes et à un terrain sportif, l’un et l’autre équipés de façon sommaire. Aucune voie de M’Bengue n’est bitumée, pas plus que ne le sont les routes reliant le chef-lieu aux grands centres voisins. L’amélioration de la voie M’Bengue – Korhogo, actuellement dégradée, est une priorité pour faciliter le micro et petit commerce, la ligne est quotidiennement desservie par deux Badjan, du moins lorsque la route est praticable.

M’Bengue dispose néanmoins d’atouts majeurs pour affirmer sa vocation urbaine. Le premier tient au dynamisme de son mouvement coopératif et associatif, l’un des plus actifs et militant de la région, il a ainsi été au cœur d’une épreuve de force, au début des années 1990, opposant les groupements cotonniers à leur tutelle étatique et à la Compagnie ivoirienne des textiles. Ce mouvement reste aujourd’hui fortement structuré, invitant ses adhérents à une plus grande diversification des cultures et des sources de revenus, et s’imposant en interlocuteur et partenaire des autorités locales. Signalons l’action de l’AFAEP, ou celle de l’AJESMA, jeunes abidjanais originaires de M’Bengue qui animent annuellement une semaine d’actions culturelles. Les mouvements associatifs féminins sont en nette expansion (on en dénombre six dans la zone), prenant par exemple en charge l’organisation des maraîchères (Makoteh) ainsi que bien d’autres domaines d’activités économiques et culturels. Un second atout tient à l’importance des investissements programmés sur fonds PACOM, FIAU et avec le soutien de la Coopération belge. En 1997, près de 200 millions ont été prévus :

(a) dans l’aménagement de la ville : extension du réseau électrique, lotissement dans deux quartiers, aménagement de voies intérieures ;
(b) dans les infrastructures scolaires : achèvement de quatre bâtiments au collège municipal, construction d’un jardin d’enfants, de trois classes d’écoles primaires, d’une cantine scolaire ;
(c) dans les équipements à vocation économique : aménagement du marché, adduction d’eau à l’abattoir municipal.

Source: L’économie locale de Korhogo et de sa zone d’influence (OCDE)