Napieoledougou

La partie Sud de la sous-préfecture étant, pour sa part, à faible densité de population. Le centre-ville se déploie désormais de part et d’autre d’une pénétrante directement raccordée au bitume Korhogo-Kanawolo, il rassemble :
– la quasi-totalité des services administratifs et d’encadrement rural ;
– les logements des agents publics et parapublics en poste, soit 70 ménages environ ;
– le marché hebdomadaire et les établissements de commerce permanents qui entourent ce marché : notons qu’aucun des trois autres marches situés sur la commune de Napié, soit Kakologo, Kolo, Penefiguekaha, n’est visité par les collecteurs de taxes.

Les autorités communales misent, pour le développement économique du site, sur un développement conjoint :
– de l’élevage et d’une exploitation intensive de ses sous-produits, en particulier le lait, les projets multiples – qu’il s’agit de rassembler au sein d’une Société Coopérative Napéenne d’Expansion Rurale (SCNER) – étant ici en synergie avec ceux du programme « Bovins industriels » et ajustés au marché final de Korhogo-ville. De ce point de vue, Napie constitue une zone test pour tout le département puisqu’un passage rapide à l’exploitation intensive du cheptel est sans doute l’unique moyen de désamorcer les « conflits mortels » et récurrents entre les Peuls et les agriculteurs Nafara de la zone ;
– des moyens mécaniques permettant une meilleure productivité agricole, via la constitution d’un pool d’équipements : tracteurs, charrues, pulvérisateurs, remorques, etc… loués aux exploitants, et donnant aux jeunes agriculteurs résidents les outils nécessaires à la valorisation de petites parcelles ;
– des structures associatives, incontestablement soutenues par l’équipe municipale : associations des femmes des quartiers ou Doh-Clubs, prenant l’initiative en matière de sensibilisation et de diffusion d’informations relatives à la santé, l’éducation et les activités génératrices de revenus ; association Sigata, rassemblant les femmes productrices de produits maraîchers – environ 100 hectares actuellement, principalement cultivés en oignons – dont la commune compte faire un point fort de son développement économique ; création de 12 nouveaux groupements vivriers à but coopératif ;
– des structures d’accueil de scolaires : la ville compte actuellement un jardin d’enfants, trois EPP et un EPA, un collège et un centre d’animation rurale, offrant ainsi une alternative aux jeunes de la sous-préfecture ne souhaitant pas s’installer à Korhogo : notons d’ailleurs qu’à l’inverse, certains jeunes korhogolais poursuivent actuellement leur scolarité à Napié.

On signalera, comme exemple judicieux de valorisation de l’image de la commune de Napié, la création en 1998 du « Festouna », festival annuel de danses, masques et artisanat traditionnel dont la première édition a eu un retentissement régional non négligeable : l’initiative semble ici anticiper sur un souhaitable projet départemental de revitalisation de la filière « tourisme et artisanat d’art ».

L’ouverture récente de l’axe routier Korhogo-Kanawolo fournit à Napié un puissant levier de développement démo-économique susceptible de pondérer à terme l’influence de Sinematiali – cette dernière était jusqu’alors la seule sous-préfecture du département à être à la fois proche de Korhogo, reliée par voie bitumée, bénéficiaire de nombreux projets publics de développement rural. Les opportunités de croissance résident principalement dans l’exploitation d’un potential agro-pastoral maintenant désenclavé et à proximité du marché korhogolais, et dans l’essor d’activités induites – commerciales et de transport notamment.

Comme pour tous les chefs-lieux dotés d’une véritable vocation urbaine, la commune de Napié a néanmoins besoin d’accompagner ses ambitions par une politique d’aménagement et d’équipement, par exemple en moyens de télécommunications, inexistants depuis 1990, et d’accompagnement des projets économiques générant des coûts qu’elle est à ce jour incapable d’assumer, les comptes municipaux étant évocateurs du faible rendement des recettes locales.

Les quelques 90 opérateurs soumis à la taxe forfaitaire ne génèrent ainsi que 1,3 million de rentrées ; la levée des taxes de place ne concerne qu’un des quatre marchés de la commune – encore est-elle en partie effectuée par des manoeuvres non spécialisés, et ne rapporte que 95 000 francs en moyenne contre 150 000 possibles ; les taxes d’abattage, de transport et d’occupation du domaine sont insignifiantes, etc. A l’évidence, le changement attendu dans le régime de croissance communal ne pourra pas faire l’impasse sur un changement, tout aussi radical, dans le régime de fiscalisation.

Source: L’économie locale de Korhogo et de sa zone d’influence (OCDE)