De Gbogbobo à Rubino

Simple hameau créé pour les besoins de la chasse et des cultures vivrières, Rubino autrefois appelé Gbogbobo (appellation historique utilisée de nos jours dans les milieux traditionnels), a été fondé vers 1880 au tour d’un ronier (Gbogbo en langue Baoulé ou Agni).

Au cours de la révolte des Abbeys selon les archives de la sous-préfecture, en 1910 dans le cadre de la pacification français qui serait un Bordolais du nom de Rubino, agent de la compagnie française de l’Afrique occidentale (CFAO), fut assassiné à la gare du chemin de fer de Gbogbobo. C’était le 7 janvier 1910 lorsqu’il se rendait à Dimbokro. L’événement eut un si grand retentissement que la gare de train de Gbogbobo finit par perdre son nom traditionnel au profit de l’Européen assassiné, Rubino. Un mausolée a été réalisé par les amis de cet Européen dans le village de Dex-Obodjé, situé à 9 km de Rubino.

Aujourd’hui ce village qui abrite ce mausolée devrait être un haut lieu touristique, si seulement l’accès était facile et matérialisé. Actuellement on y accède difficilement. Il est donc urgent que les autorités se penchent sérieusement sur le cas de ce village de Dex-Obodjè où reposent les restes mortels de feu Rubino. Quelques Européens avides du savoir y viennent en pèlerinage chaque 14 juillet déposer une gerbe de fleurs. Mais il n’y a aucune plaque indiquant ce village tout de même historique qui servait de protection dit-on aux Abbeys à cause de ses nombreux rochers.

Selon les villageois, pendant la colonisation, des tirailleurs sénégalais habitaient à Dex-Obodjè, qui par ailleurs a subit trop de sévices. Incendié par ces militaires, ce village était obligé de se déplacer. Tous ceux qui veulent voir le mausolée de Rubino dont la sous-préfecture porte le nom peuvent s’y rendre sans aucune condition particulière. Seulement il est temps de venir au secours de ce village qui est l’ombre de lui-même. En attendant, les braves paysans eux éprouvent des difficultés à se déplacer à cause de la rareté du train qui ne passe que deux fois par semaine contrairement au passé.