La sous-préfecture de Taabo

La population
C’est une population composite évaluée à environ 140.000 âmes. Les « Souamlin » étant la population autochtone et de loin la plus importante. La population allogène étant l’émanation d’un exode national et sous régional. Cette population d’accueil vit en symbiose avec ses voisins ce qui confère à la cité une atmosphère où il fait bon vivre.

L’origine du nom Taabo
Cette histoire relevant de la légende de la Reine Pokou sera relatée pour votre formation quant aux faits qui ont impulsée la genèse de Taabo et son essor multisectoriel. De quoi s’agit-il ? L’exode du peuple Akan l’ayant conduite en terre d’Eburnie, la Reine Abbla Pokou souveraine du peuple a choisi de s’installer dans le Walebo sous-préfecture de Sakassou (Cimetière).

Les Souamlins ou porteurs d’éponges et des instruments de forge (le Kan-Hou et ses autres accessoires) ont fait une halte dans la région située au Nord-Ouest de Tiassalé au bord du fleuve Bandaman. Une forêt épaisse et luxuriante bordait le lieu d’installation de ce peuple.

Cette halte se commuera en un refus de suivre la Reine dans le Walebo. Cette population dissidente pris la résolution de garder par dévers elle les instruments impériaux. La Reine en verra ses émissaires pour signifier aux « Souamlin » de lui ramener ses instruments. Les Souamlins dissidents et rebelles à l’autorité de Reine opposèrent un refus aux fins de recevoir à l’auguste délégation. La Reine vexée et courroucée envoya une puissante expédition militaire qui mata sans pitié ces irréductibles Souamlins et les soumis. C’est alors que l’acte de restitution des objets litigieux va entrer en vigueur. Selon la coutume cet acte doit être consécutif à un cérémonial dans un endroit précis désigné par les devins et accepté par les parties en conflit.

Cette forêt a aussi reçu l’aval des forces mystiques universelles pour l’arbitrages des transactions matérielles et financières.

Ces transactions en leur étape initiale faisaient état de la restitution des objets litigieux (surtout l’enclume et ses accessoires ou Kan-Hou). L’autre aspect de ces tractations était l’acte d’imposition financière dont la substance était le versement par les Souamlins à la Reine un tribu de 100 TAA. 1 TAA = mesure d’or équivalent à 50 grammes d’or pur. Le tribu était évalué à 5000 grammes d’or soit 5 Kg d’or pur. C’est de cette transaction qu’est né Taabo.  » TAA  » = mesure de 50 grammes d’or  » BO  » = forêt ou massif forestier.

Sur recommandation du devin-arbitre des transactions une paillote-sanctuaire, qui était un abri de fortune fut construit. C’était l’acte tangible de matérialité de ce fait historique. Allusion faite au Souamlin ou porteurs d’éponges impériales, l’omniprésence du vocable Taabo a insidieusement occulté leur rôle dans la naissance de Taabo. Ces éponges végétales sont aujourd’hui remplacées par leur prototype en nylon encore plus durables et rugueuses à l’emploi. Les premières éponges étant plus adoucissantes à l’emploi. Cette assertion est partagée par d’éminents instituts d’esthétiques.

Le développement Taabo
Ce vocable étant originellement lié à la légende de la Reine Pokou a-t-il une incidence dans les réalités du développement de cette région ou est-ce simplement une note qui accompagne une dynamique sectorielle ? Le constat général qui se dégage c’est que l’on perçoit que cette homophonie respecte une certaine gradation. Gradation à l’image du mouvement des aiguilles d’une montre. L’origine de cet essor est un simple abri sanctuaire né de la symbiose des protagonistes et des forces surnaturelles arbitres et indicatrices du lieu de l’historique transaction ayant consacré la genèse de Taabo.

Au fil du temps, ce lieu singulier prendra de l’envergure pour être progressivement un campement, un anneau puis un village qu’on appellera Taabo. Avec la construction du barrage hydroélectrique, ce vocable va s’y coller : on parlera du barrage de Taabo. L’ancien village ayant disparu sous les eaux du barrage un nouveau sera construit pour y accueillir la population sinistrée : on parlera de Taabo village. Un cité luxueuse de travailleurs expatriés verra le jour pour l’animation des travaux du barrage : on lui donnera le nom de Taabo cité.

A la faveur du décret portant organisation de Taabo en sous-préfecture, on parlera de Taabo sous-préfecture. De par son accès au titre de Commune de plein exercice, on dira encore Taabo Commune. Devant ce dénominateur commun d’une dynamique régionale n’est-on pas en droit d’évoquer Taabo comme homophonie ou homonymie ? Le constat le plus évident est que ce credo est couplé avec l’essor socio-économique ou socio-politique d’une région. Peut-on l’entrevoir comme le catalyseur du progrès ou simplement un terme qui accompagne et colle à une situation en pleine mutation ?

Deux alternatives peuvent être explorées pour la réception de Taabo comme un hymne au développement.

Une incursion dans l’histoire de Taabo n’est-elle pas révélatrice ? Taabo qui a été singulièrement érigé en sanctuaire par une symbiose entre les humains et l’intangible est plein d’enseignement. Cette symbiose qui prend le vocable Taabo comme la trame de toute une dynamique sociale ou politique peut être désignée comme le générateur du succès qui caractérise ce lieu. Cela doit nous interpeller dans la mise en oeuvre de toute entreprise humaine. Il faut toujours rechercher un éventuel coup de pouce des entités surnaturelles.

On pourrait au demeurant percevoir ce vocable qui a insufflé une dynamique sans précédent à une région comme une prédiction. Pour les esprits simples ou relationnistes cette dynamique ne sera perçue comme un simple transfert de nom à chaque stade du développement général ou sectoriel d’un espace. Ce seront les adeptes de la thèse de l’homophonie ou l’homonymie comme énoncée ci-dessus. Concept simpliste ou expression d’une conclation avec l’intangible Taabo qui revient comme un credo, nous met devant un choix.

L’essort économique de Taabo
Au début des années 1960, la Côte d’Ivoire dans sa politique de mondialisation et d’industrialisation a recherché pour sous-tendre ces divers secteurs des sources d’énergie renouvelables et bon marché. C’est ainsi que l’accent fut mis sur l’énergie hydroélectrique. Cette politique va concrètement se traduire par la construction des deux premiers prototypes : Ayamé 1 et 2 sur la Bia dans le Sud-Est ivoirien. La production de ces deux unités sera insuffisante au vu de l’importance des besoins en énergie électrique.

Un autre barrage sera construit sur le fleuve Bandaman à Kossou, à une vingtaine de kilomètres au Nord-Ouest de Yamoussoukro. En dépit de ses capacités de production, le quota énergétique requis est resté en deçà des espérances. Dans le souci permanent de satisfaire à la forte demande énergétique nationale puis à la mise en oeuvre d’autres unités de production énergétique. L’un sur le Bandaman à 95 km en aval du barrage de Kossou. Deux autres sur le Sassandra. Celui de Buyo fut construit et devint opérationnel. Quant au barrage de Soubré, il fut mis au rang des archives.

Le barrage de Taabo dégage les suivantes caractéristiques : Il est moyen par ses dimensions et le volume de sa réserve d’eau mais demeure le plus important au niveau de la productivité : Il génère à lui seul, 35% de l’énergie électrique nationale répondant à plein temps, à la production sollicitée pour pourvoir aux besoins énergétiques nationaux. La présence du barrage hydroélectrique de Taabo a été à l’origine d’une modification environnementale aux retombées socio-économiques certaines dans la région. Taabo par le lac est producteur de poissons et en amont du barrage, les aménagements effectués se prêtent aux cultures vivrières.

Toute cette production permet au populations de se livrer à des activités génératrices de devises.

Taabo, une sous-préfecture
Le projet de construction du barrage hydroélectrique s’étend couplé avec l’émergence d’une luxueuse cité de travailleurs immigrés de haut rang social.

Ce sont pour la plupart des cadres italiens logés dans ces édifices de très haut standing commis aux travaux de construction du barrage. Au départ de ces travailleurs immigrés, ces logements resteront vides pendant une certaine période. Ils seront occupés illico par des travailleurs locaux. Pour permettre à cette cité de vivre et de jouir d’une certaine autonomie administrative, Taabo fut érigé en Sous-préfecture par décret N°861021 du 24 septembre 1986. La mise en service de la nouvelle Sous-préfecture s’est effectuée le 12 septembre 1987 avec 14 villages et 14 000 âmes.

Taabo, une Commune rurale de plein exercice
Taabo dispose d’un potentiel humain compétent pour la gestion de ses espaces sociaux. Aussi, la mise en oeuvre d’une commune de moyen exercice s’est soldé par l’ouverture de la commune de Taabo en 1994. Ce sont là de conséquent indices qui ont été les pôles de prédilection qui ont insufflé une dynamique socio-économique à la région de Taabo. Cette forme de modernité d’un attrait certain ne peut-elle pas ouvrir des horizons pour la mise en oeuvre d’un tourisme concurrentiel des temps modernes ?