La ville d’Odienné

De larges compétences étaient dévolues aux directions ministérielles, tant en matière de services collectifs aux populations que dans l’élaboration de projets de développement à moyen et long terme.C’est en 1978 qu’Odienné a été érigée en Commune, mais ce n’est qu’à partir de 1980 que la municipalité, à l’instar des 36 autres entités communales du pays, a véritablement commencé à disposer de l’autorité réglementaire pour exercer certaines compétences naguère dévolues à l’administration déconcentrée; on peut citer entre autres l’établissement des actes d’état civil, la gestion du marché, l’enlèvement des ordures ménagères, le règlement des litiges fonciers, et plus généralement toutes les affaires engageant des intérêts locaux.

Depuis cette date, plusieurs conseils municipaux se sont succédé à la tête de la municipalité, à la faveur d’élections qui furent longtemps « fermées » ou « semi-compétitives », mais qui sont désormais plus ouvertes de sorte que les opinions publiques citadines sont supposées jouer un rôle actif dans les choix de développement local. Outre leur fonction de gestionnaires de la cité, la municipalité et son conseil ont également pour rôle d’assurer à la population de la Commune de meilleures conditions de vie, et de promouvoir l’image de la ville à travers son aménagement, l’amélioration de son environnement, de l’urbanisme et de l’habitat, de la santé, de l’éducation, etc. La Commune d’Odienné dispose pour ce faire de ressources humaines réparties dans plusieurs services, ainsi que de ressources financières propres et d’un crédit de fonctionnement alloué par l’Etat.

Histoire
L’histoire de la ville d’Odienné est étroitement associée au destin du Denguelé, les fonctions politiques et administratives de la cité évoluant au fil du peuplement de la région. Petite ville située à 700 kilomètres environ d’Abidjan, Odienné est à la croisée de deux axes routiers : le premier part de Man en direction de Bamako (Mali) via Touba et Bougouni ; et le second, presque perpendiculaire au premier au niveau d’Odienné, part de Korhogo en direction de la Guinée en passant par Boundiali et Beyla (Guinée). Ces routes furent longtemps l’armature d’un commerce caravanier florissant, échangeant les produits du Sahel contre ceux de la forêt.

La situation géographique d’Odienné et son organisation sociale particulière lui permit de s’ériger en ville d’étape tant pour les circuits Nord-Sud dominés par les marchands de la boucle du Niger, que pour les circuits directement reliés à Kankan (Guinée). Plus tardivement la ville servit aux ruptures de charge et devînt un marché intermédiaire. Le reconditionnement des noix de cola en provenance du Sud – Séguéla, Kani notamment – se faisait à cet endroit.

Les fondateurs du village souche d’Odienné seraient les Kamaté, Mandé musulmans que Vakaba Touré refoula avant de réimplanter le village près du marigot occidental qui limite la ville actuelle du lieu dit Tien-fouga, endroit sableux. L’appellation d’Odienné serait la déformation de Ko Olédianimien, signifiant « tel est mon désir, ma volonté » – propos que, selon la tradition orale, Vakaba aurait prononcé en prenant possession du village.

La localité fut occupée en 1893 par les Français qui y installèrent un poste militaire. Une résidence fut construite sur le sommet de la colline qui est aujourd’hui le centre administratif de la ville. En 1899, les postes d’Odienné, Kong et Bouna furent rattachés à la colonie de Côte d’Ivoire. En 1910, une nouvelle réorganisation administrative entraîne la suppression du commandement militaire et sa substitution par un chef-lieu de Cercle, entité civile dont le commandant réaménagea l’agencement en 1912 avec un plan d’urbanisme maintenant le traditionnel habitat malinké en cases rondes. Ce plan organisé est resté la base du schéma d’urbanisme actuel de la ville.

Devenue chef-lieu de circonscription, Odienné connut une croissance démographique certes soutenue mais se tassant progressivement. En effet, de 3 276 habitants au recensement administratif de 1951, la population de la localité est passée à 3 500 habitants en 1955, puis 8 000 habitants en 1965. Le premier recensement général de la population de Côte d’Ivoire lui attribue une population de 13 900 en 1975. En 1988, la population recensée était de 28 776 habitants. Les résultats actuellement disponibles du dernier recensement (1998) font état de plus de 40 000 habitants. Il ressort de ces différents chiffres que le taux d’accroissement de la ville serait de 6,6 % l’an entre 1951 et 1965, de 5,7 % entre 1965 et 1975 et de 5,9 % entre 1975 et 1988 – taux élevés comparés à ceux des autres villes du Nord du pays et qui expliquent les mutations intervenues, au cours de ces périodes, de l’armature urbaine et des fonctions administratives et politiques de la cité.

S’agissant de la structure urbaine, il convient de distinguer d’une part le centre villageois, lieu de regroupement presque exclusif des Malinké au sein d’un habitat de type traditionnel, d’autre part les quartiers administratifs et d’affaires, enfin les nouveaux secteurs d’habitation accueillant les nouveaux venus dans la ville. Pour sa part, la fonction administrative de la ville s’est développée avec l’installation d’infrastructures suivant de près les changements de statut juridique : Odienné est successivement devenue chef-lieu de sous-préfecture, de préfecture puis de région, chaque étape induisant l’implantation de services et de sites administratifs, directions régionales notamment économiques, telles que le marché moderne sociales, sanitaires – Centre hospitalier régional par exemple – et éducatives – écoles et lycée.

Source: Organisation de Coopération et de Développement Economiques