Le département de Tiébissou

Le climat et la végétation
Le climat est de type baouléen ou tropical humide avec quatre saisons, dont deux pluvieuses (de mars à juillet et de septembre à octobre) et deux saisons sèches (d’août à septembre et de novembre à février), avec la présence plus ou moins prononcée de l’harmattan et l’influence de l’alizé boréal ou continental qui amène du Nord-est, un air sec et chaud, chargé de fines poussières. La végétation est composée de la savane arborée et de la savane pré-forestière avec des forêts galeries.

La faune
Elle est composée essentiellement de ruminants, rongeurs et autres reptiles. Les principales espèces animales sont, entre autres, l’aulacode, la gazelle, le rat, le rat palmiste, le lièvre, la biche et l’écureuil.

Le relief et les sols
Le relief est essentiellement composé de bas plateaux avec une altitude moyenne d’environ 300 mètres. C’est donc un relief dans l’ensemble plat. L’on rencontre des sols ferralitiques moyennement dénaturés et des sols hydro-morphes (dans les bas-fonds)

L’hydrographie
Elle est maquée par le fleuve Bandama, à l’Ouest et les rivières Kan et Pra, au Centre et à l’Est.

Aspect humain
L’aperçu historique et politique
Le nom TIEBISSOU est une déformation que le colon français a apportée au mot Baoulé « TCHEWYSSOU » qui signifie l’endroit où se trouvent les pierres qui servaient de balles ou munitions pour la chasse, trouvées à l’emplacement du quartier Baoulékro qui a donné son nom au chef-lieu de département qu’est TIEBISSOU. Le quartier situé a l’Ouest de la ville s’appelle désormais quartier BEL HORIZON. Comme tous les Akan de Côte d’Ivoire, les Baoulé de Tiébissou sont arrivés du Ghana. Mais, les Gbomi de Gbomizambo disent faire partie des premiers habitants de la Côte d’Ivoire.

Le canton Nanafouè est actuellement dirigé par nanan Boua Yao Kouamé, un instituteur à la retraite et chef du village de Taki-Salékro, chef lieu du canton N’VLAN. Mais le deuxième canton qui est celui des Aïtou n’a plus de chef depuis le décès de Nanan Brou Gnamien, en 1954. Il y a des querelles de succession opposant la tribu Angbavia à la tribu Lomo. Mais selon des chefs de tribu, l’installation d’un chef de canton se fera au cours du premier trimestre de 2014. Les Aïtou et les Nanafoué pratiquent le système matrilinéaire. L’existence de Tiébissou en tant qu’entité administrative date d’avant 1900.

Après avoir longtemps été chef-lieu de subdivision, la ville a été érigée en chef-lieu de sous-préfecture par la loi n°61-4 du 02 janvier 1961, rattachée au département de Bouaké et plus tard à celui de Yamoussoukro jusqu’en 1996. Tiébissou a été érigée en chef-lieu de département par le décret n°96-664 du 28 août 1996 et fait partie de la région administrative du Bélier ouverte en septembre 1997 par le décret n°97-482 du 04 septembre 1997. Ce département a fonctionné avec une seule sous-préfecture jusqu’en 2005, date à laquelle ont été créées les sous-préfectures de Molonou, Yakpabo- Sakassou et de Lomokankro par le décret n°2005-315 du 06 octobre 2005.

Au terme des dernières élections législatives, Tiébissou a obtenu deux postes de députés, occupés par Assa Ouffet et Oura Brou, du PDCI-RDA, un parti fortement implanté dans le département de Tiébissou et même dans la région du Bélier. Créée en 1985, la commune de Tiébissou qui est la seule du département a été dirigée respectivement par feux Coffi Gadeau (de 1985 à 1990) et Ackandi Aka (de 1990 à 1996), ensuite par Koffi Kouassi Luc (de 1996 à avril 2013) et depuis avril 2013 par N’Dri Koffi Germain.

L’aspect démographique et urbain
Selon le recensement général de l’habitat et de la population réalisé par l’INS en 1998, le département de Tiébissou comptait environ 71.337 habitants dont 54.427 dans le canton Aïtou et 12. 910 dans le canton Nanafouè. Il est composé de 92,4% d’Ivoiriens et 07,6% d’étrangers. Mais aujourd’hui, cette population est estimée à au moins 100.000 habitants. La ville de Tiébissou compte environ 15.501 habitants dont 8.425 hommes et 7.086 femmes. Elle est composée de 10 quartiers, à savoir Bel Horizon, Centre, Château d’eau, Lycée, Faboukro, Municipal, Lac, Résidentiel, Sokoura et Sangankro.

La commune comprend 12 villages et abrite 22.260 hbts y compris ceux de la ville. Outre quelques allogènes et étrangers, surtout ceux de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDAO), la population de Tiébissou, répartie dans cent dix (110) villages et campements, est composée d’autochtones Baoulé originaires de deux cantons : Le canton Aïtou et le canton Nanafoué. Le canton Aïtou, plus vaste avec huit tribus, occupe la moitié Est du département et le canton Nanafouè moins vaste avec cinq (5) tribus, occupe la moitié Ouest.

Tableau des cantons, tribus, villages et leur siège
Le canton Aïtou
Tribu Maounzi, 12 villages, siège : Minabo.
Tribu Kpodjou, 17 villages, siège : Bakro-Sakassou.
Tribu Yakpabo, 12villages, siège : Kanango.
Tribu Lomo, 11 villages, siège : Lomokankro (Chef-lieu de sous-préfecture).
Tribu Kétéklé, 07 villages, siège : Ahougnanssou-Allahou.
Tribu Gbonan, 12 villages, siège : Assé-M’Bo.
Tribu Blowé, 05 villages, siège : Assabonou.
Et Tribu Angbavia, 03 villages, siège: N’Gattadolikro.

Le canton Nanafoué
Tribu N’Vlan, 06 villages, siège : Takissalékro.
Tribu Souafouè, 06 villages, siège : Komorossou.
Tribu Djran-Issi, 05 villages, siège : Grogrodila.
Et Tribu Yadidibikro-Molonou, 01 village, siège : Molonou (Chef-lieu de sous-préfecture).

Aspects socio-économiques et culturels
Le département de Tiébissou ne possède aucune industrie. Les principales activités sont essentiellement des secteurs primaire et tertiaire.

Au niveau du secteur primaire, il y a l’agriculture (cultures vivrières de céréales et de tubercules et cultures de rente: café, anacarde), l’activité halieutique sur le barrage de Kossou dont la construction a entrainée le déguerpissement de certaines populations comme celles de Sakassou-N’Dènou, Amanzi Abrica et Huakré, toutes du canton Nanafouè. Ces villages regroupés connaissent quelques problèmes au niveau de la cohésion sociale.

Des déguerpis de N’Dènou ont dû être réinstallés dans la région de San-Pedro. Ils y ont créé le village de Boignykro. Il existe une harmonie entre les deux cantons Nanafouè et Aïtou, qui sont unis par le « Toukpê » qui est une alliance à plaisanterie. Des danses traditionnelles dont l’Adreba, le Bédouho, le Goli font partie du riche patrimoine culturel local. Il y a des interdits comme les jours sacrés, principalement le mercredi où l’on ne va pas au champ.

Aspect administratif
Créé en 1996, le département de Tiébissou comprend aujourd’hui quatre sous-préfectures. Depuis sa création, ce département est à son cinquième préfet, Pascal Kifory Ouattara, depuis le 11 novembre 2012. Il y a été précédé par les préfets Yao Bi N’Dri (octobre 1998 à juillet 2001), Kouakou Assouman (juillet 2001 à juillet 2007), Gombadji Gueu Georges (juillet 2007 au 10 avril 2009), Bernadette Akasson (avril 2009 à novembre 2012).

Quant aux trois nouvelles sous-préfectures, elles gardent toujours leurs premiers sous-préfets, arrivés en septembre 2007. Il s’agit de MM. Daniel Gnala, sous-préfet de Molonou, dans le canton Nanafoué, Gooré Bi Tibé, sous-préfet de Yakpabo-Sakassou et de Mme IDA, épouse Camara, sous-préfet de Lomokankro. Tous deux dans le canton Aïtou. L’actuel sous-préfet de Tiébissou est M. Anderson Abo Kouadio Kouman.

Il existe également des services extérieurs publics, parapublics et privés. Le département de Tiébissou comprend trois établissements secondaires publics dont le lycée Coffi Gadeau et les deux nouveaux collèges ouverts à la rentrée 2013/2014.

Source: AIP