Le département de Gbéléban

Cette population se caractérise par un taux élevé de personnes âgées qui s’explique par une forte tendance à l’immigration des jeunes vers les zones urbaines du Sud et de l’Ouest du pays a la recherche d’un mieux-être social.

Les habitants de Gbéléban sont pour la grande majorité de confession musulmane. Chaque village a sa mosquée et son iman. Néanmoins, quelques vielles pratiques animistes subsistent dans quelques confréries et familles.

Le « Kabila ou kabla » une particularité locale est un système de parenté qui réunit autour du chef de famille, les frères aînés et leurs épouses ainsi que tous les enfants nés des diverses unions à l’intérieur du groupe, les enfants adoptés et, dans certains cas, les étrangers protégés par la famille.

Cette entité large, constitue de plus une unité d’exploitation agricole et budgétaire, le chef de famille ou de kabla ayant, outre l’autorité paternelle, la gestion de tous les biens de la communauté.

La chefferie traditionnelle est réservée exclusivement à certaine familles dans chaque village. Le mode de succession est un système hybride combinant à la fois la gérontocratie et la génération en termes de lignée.

Le Département de Gbéléban est bordé à l’Ouest et au Sud, par la République de Guinée dont il est séparé par le fleuve Gbahanla, à l’Est par les Sous-préfectures d’Odienné (dont il dépendait avant son érection en département) et de la Sous-préfecture de Kimbirila-sud et enfin au nord par le Département de Minignan.

ASPECTS PHYSIQUES

Le relief du département se caractérise par un plan horizontal fait de plaines et de plateaux (350 à 600 mètres d’altitude) avec de brèves chaines de collines ou de dômes rocheux (813 à 848). Le climat est de type soudanien caractérisé par une saison sèche de six (6) mois (novembre à mars) et une saison pluvieuse de six (6) mois (avril à octobre).

La végétation est de deux types, la savane herbeuse (claire) et la savane arborée et une grande savane boisée, aux herbes très hautes avec de grands arbres donnant de loin l’aspect de forêt.

La hauteur moyenne des précipitations annuelles est de 1600 mm. L’insolation annuelle dure de 2300 à 2400 heures. Ce qui provoque au point de vue pédologique, des sols de qualité médiocre.

Le réseau hydrographique est assez dense et appartient aux bassins des fleuves Sassandra et Niger. Il est orienté au sud -nord et se caractérise par des crues en Aout, Septembre et Octobre suivis d’un tarissement rapide en Novembre et Décembre. Les cours d’eau à régime permanent sont le Baoulé, le Férédougouba et le Gbahanla.

STRUCTURE ADMINISTRATIVE DU DEPARTEMENT

Le Département de Gbéléban est composé de trois (3) circonscriptions administratives qui sont :

– la Sous-préfecture de Gbéléban, créée par décret n° 74-499 du 03 octobre 1974, fut mise au restreint de 1981 à 1983 et l’intérim assuré par le Sous-préfet de Seydougou. Ensuite de 1983 à 1997, elle fut définitivement fermée pour être ouverte à nouveau par le décret n° 97-421 du 23 juillet 1997

Le ressort territorial de la Sous-préfecture de Gbéléban est constitué des villages de Gbéléban et de Gbahanla du canton Kabadougou. Le chef-lieu Gbéléban est distant de 70 km d’Odienné.

– La Sous-préfecture de Samango a été créée par décret n° 74-499 du 03 octobre 1974, portant remaniement territorial dans les Départements d’Odienné et de Ferkessédougou, par scission de celle d’Odienné. Ouvert le 19 Août 1975, le ressort territorial de Samango est constitué des villages de Dabadougou-mafélé, Iradougou, Samango, Gouarini, Sandjougouna, Farala, Bogodougou, Blamandougou, Mahandouni, Mégbélé et Séllé du canton Bodjôgô; Tougousso, Gbelela et Siensoni du canton Massala. Le chef-lieu Samango est distant de 104 km de Gbéléban, chef lieu du Département.

– La Sous-préfecture de Seydougou, a été créée par décret n° 74-499 du 03 octobre 1974, portant remaniement territorial dans les Départements d’Odienné et de Ferkessédougou. Elle est fonctionnelle depuis le 11 mars 1975.
De quatorze (14) villages à sa création, la Sous-préfecture compte aujourd’hui sept (7) villages que sont : Seydougou, Badiouala (01 km), Balala (06 km), Gbessasso (12 km), Kabala (07 km), Kohouena (01 km) et Sandjougouna (17 km).

Le chef-lieu Seydougou est distant de 20 km de Gbéléban.

C’est le lieu de noter que la ville de Seydougou, a été érigée en chef-lieu de commune du même nom par décret n° 95-941 du 13 décembre 1995. C’est d’ailleurs la seule commune du Département.

DOMAINE ADMINISTRATIF

Le secteur public et parapublic est presque inexistant dans le Département. Seulement un poste de douane à Gbéléban, une Direction Départementale de l’Agriculture à Gbéléban, un représentant de l’ANADER à Seydougou, une mairie à Seydougou, les écoles primaires du Département et l’Administration Préfectorale forment l’ossature de ce secteur.

Les directions Départementales des structures techniques de l’administration déconcentrée brillent par leur absence. Il est donc fait référence aux directions Régionales à Odienné pour toute assistance technique.

ASPECT POLITIQUE

Le parti politique dominant dans le Département est le Rassemblement Des Républicains (RDR). Lors des dernières élections présidentielles, ce parti a obtenu plus de 90% des voix pendant les deux phases du scrutin. De même, les candidats de ce parti aux dernières élections Législatives, Municipales et Régionales ont obtenus respectivement : 71,78%, 97,70%, et 96,83% des suffrages exprimés.

Les autres partis politiques, bien que représentés, sont marginaux.

DOMAINE SOCIAL

Au niveau de l’Education nationale, toutes les écoles du Département sont des structures à base trois (3) à l’exception des chefs-lieux de Sous-préfecture qui ont des écoles de six (6) classes. Les effectifs sont pléthoriques (environ 60 élèves par classes).

Le déficit de logements pour les enseignants, de bureaux pour les directeurs, ainsi que la réhabilitation des cantines scolaires font partie des priorités de ce secteur.

Il n’existe pas d’établissement d’enseignement secondaire dans tous le Département de Gbéléban, les enfants ayant réussi à l’examen du CEPE et de l’entrée en sixième sont obligés de partir loin des parents à Odienné pour poursuivre le cycle secondaire.

Dans le secteur de la Santé, le Département de Gbéléban compte deux (2) Centre de Santé Communautaire (CSU), (Gbéléban et Seydougou) et un dispensaire (Samango), deux (2) ambulances à Gbéléban, une ambulance (1) à Seydougou. Dans ces structures sanitaires, un médecin-chef (Seydougou), des infirmiers d’état et des sages-femmes veillent à la santé des populations.

Un hôpital général est souhaité au chef-lieu de Département.

DOMAINE ECONOMIQUE

La vie économique du Département se fonde essentiellement sur l’agriculture, la pêche, l’élevage et le commerce.

Au niveau de la production agricole, la principale culture de rente est l’anacarde. Sa production connait un regain d’intérêt au regard du nombre croissant de création de nouvelles plantations (3 à 5 ha /producteurs) et cela malgré la chute des prix de vente. De nombreux planteurs ne bénéficient pas de l’encadrement des services techniques de la Direction Départementale de l’Agriculture à cause des difficultés de locomotion de ladite direction.

Les principales difficultés rencontrées par les producteurs ont trait à la baisse des rendements, aux difficultés d’approvisionnement en produits phytosanitaires, aux problèmes de commercialisation, le vieillissement du verger, à la rareté de la main-d’œuvre et aux ravages des feux de brousse.

Cette nouvelle culture présente de grosses potentialités et les perspectives d’un développement rapide restent prometteuses.

La culture du coton, abandonnée à cause des différentes crises politiques, connait malgré l’avancée de l’anacarde une remontée auprès des producteurs. Le nombre d’exploitants et les superficies cultivées n’ont cessé de croître.

A côté des cultures industrielles, il faut relever le développement appréciable des cultures vivrières et maraichères notamment le riz pluvial cultivé sur les plateaux; le maïs et l’igname font partie de l’alimentation de base des populations.

Pour les cultures maraichères, la tomate, le choux, la laitue et le piment sont mises en place dans les bas-fonds ou en aval de certains aménagements hydro-agricoles (retenues d’eau). Cependant, la production reste saisonnière, du fait de la longue saison sèche (6 mois) et la vétusté des aménagements hydro-agricoles.

Le département de Gbkéléban est par ailleurs la première zone de production de ressources halieutique du District du Denguélé. Il produit en moyenne 100 tonnes de poissons par an, grâce à la pêche sur le fleuve Gbahanla, un affluent du fleuve Niger.

Gbgéléban est également une forte zone d’élevage notamment de bovins qui est le fait d’éleveurs sédentaires et de transhumants en majorité originaires de la Guinée.

L’élevage villageois représente l’essentiel de la production ovine du Département. Les animaux sont en liberté sans surveillance.

L’aviculture moderne ou industrielle est inexistante localement, et ne se pratique en général que dans des fermes proches de la ville d’Odienné. On dénombre une seule ferme à Badioula dans la Sous-préfecture de Seydougou.