Interview / Grégoire Pénavaire ( adjoint au maire de la commune d’ Enghiens-Les-Bains ) à propos des Rencontres Internationales des Arts Numériques d’ Abidjan ( RIANA 2017 ):

 » Abidjan n’est pas en retard, elle est dans le mouvement… »

Présent à Abidjan du 09 au 11 février dans le cadre des Rencontres Internationales Numériques d’ Abidjan ( 2017 ) organisées par l’ artiste-peintre Jacobleu,

M. Grégoire Pénavaire a évoqué au cours de cet entretien de choix de sa commune comme ville créative et l’ enjeu de l’ événement sans oublier l’ intérêt que ces rencontres ont suscité au sein des participants.

Monsieur le Maire qu’ est-ce qui explique votre présence à Abidjan ?

Je suis à Abidjan pour la simple et raison que la ville d’ Enghiens-les-Bains est classée ville Unesco dans la catégorie des villes créatives, spécialisées dans l’ art numérique. Il faut savoir qu’ En France il y a deux villes Unesco labellisées art numérique. Il s’ agit de Lyon et de notre commune. Le réseau Unesco est très important puisqu’ il contribue au développement artistique et culturel des villes concernées. Chaque deux ans, il y a une biennale des arts numériques qui se déroule dans notre commune. C’ est dans ce cadre juste que nous y avons convié Jacobleu qui est très intéressé par le monde virtuel et numérique. Il a été séduit par cet événement. En plus son volontariat,sa gentillesse, sa disponibilité et son professionnalisme ont convaincu la ville d’ Enghiens-les-Bains d’ accompagner ces premières rencontres organisées pour la première fois en Afrique. Bravo Abidjan pour ce challenge !

Quelles sont les opportunités offertes aux artistes ivoiriens à travers les RIANA ?

J’ ai eu la chance d’ être à la cérémonie d’ ouverture. J’ ai assisté aux différents spectacles aux ateliers. J’ avoue que les ivoiriens ont trouvé une source de richesse dans ces rencontres. Les jeunes avaient des idées formidables. J’ ai vu des démo très impressionnantes. Il y a de la matière. Il y a une imagination créatrice très dense. Abidjan devient le carrefour des arts numériques. Comme je le disais à quelqu’ un, nous sommes dans un monde connecté voir interconnecté. La Côte d’ Ivoire n’ est pas en retard, bien au contraire elle est dans le mouvement.

Quelles ont été les critères de désignations de votre commune comme ville créative et quelles en sont les retombées ?

Effectivement notre ville a été désignée comme ville créative dans la catégorie art numérique. Pour la petite histoire, sachez que notre commune est la plus petite ville du réseau des villes créatives puisque nous sommes à la même table pour les mêmes discussions que les villes de Séoul, Montréal, Adélaïde, Tokyo et Pékin. Vous vous imaginez l’ apport de l’ Unesco en matière de notoriété. Les critères de sélections sont draconiens puisqu’ il y a toute une procédure à remplir et beaucoup d’ éléments sont indispensables quant à notre sélection à savoir : quel est le projet que nous défendons ? Ce projet doit prendre en compte l’ axe humain, la dimension sociale, culturelle et éducative. Il y a également la dimension du développement durablement qui est très importante. Nous devrons être dans une démarche de création d’ emplois et de développement humain. Entre le moment où vous déposez les dossiers et la prise en compte des critères il y a trois ans.  En terme de retombées, c’ est énorme. Si nous sommes ici à Abidjan c’ est parce que nous sommes labellisés Unesco. Nous avons notre expertise à faire valoir. Notre directeur de Centre des arts numériques est à Abidjan pour l’ occasion. N’ oubliez pas que notre Centre est une référence en la matière. Beaucoup de pays viennent prendre conseil chez nous. Nous avons à Enghiens-les-Bains un centre incubateur de star up spécialisées dans le numérique. Nous avons également réussi à déplacer dans notre commune le festival Paris Image Digital Summit, le plus grand festival d’ effet spéciaux. A l’ occasion nous organisons une semaine de table ronde ( Job fair ) où les jeunes décrochent des emplois ( 150 ) l’ année dernière. Par an, il y a 250.000 emplois de crées. Sachez que c’est de la haute technologie et rassurez-vous les rémunérations sont très intéressantes.

Comment avez-vous trouvé le public ?

Formidable ! Il n’ y a rien à dire. Il y avait de la joie, du sourire, de la volonté, de la curiosité. Votre capacité de vous adapter aux nouvelles technologies est formidable. J’ ai rencontré des étudiants qui m’ ont présenté des projets géniaux sur leurs portables. Les gens sont doués. Mes collaborateurs m’ ont fait le retour et j’ avoue que les ivoiriens sont sur le bon chemin.

La collaboration entre le numérique et l’ art est-elle une chance pour la création artistique ?

Evidemment que la technologie aujourd’hui apporte un nouveau sens dans l’ art. Cela donne une nouvelle perception des choses. C’ est avant-gardiste. Auparavant quand un peintre bouleversait l’ ordre des choses, on criait au scandale. Avec l’ avènement de l’ art abstrait, les gens se disaient mais qu’ est-ce qui se passe ? Aujourd’hui nous avons des tableaux vivants, animés par des images. Vous avez la pixellisation du mouvement ( l’ image d’ une personne qui se déplace virtuellement ). Il y a des chanteurs virtuels avec lesquels vous pouvez vous entretenir. En gros la création artistique a deux beaux jours devant elle.

Un mot pour conclure.

La Côte d’ Ivoire est un pays formidable. Il y a beaucoup de potentialités qui n’ attendent que ces occasions pour exploser. J’ ai vu la richesse, la joie de vivre, la volonté d’ aller de l’ avant. Abidjan n’ est pas en retard elle est dans le tempo. Nous allons accompagner ce mouvement.

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