Ano Asoman: père fondateur de la nation Agni

La figure d'Ano Asoman, le père fondateur de la nation Agni, ne peut être évoquée sans y associer le royaume d'Ebrosa, plus connu sous le nom d'Aowin. Les mines d'or de la région, réputées pour être parmi les plus riches, ont été l'élément déterminant du choix, opéré par Ano Asoman, de l'Ebrosa pour être le noyau de son futur royaume. Qui est Ano Asoman ?

Les ancêtres d’Ano Asoman

La lumière est loin d’être faite sur l’ascendance et les premières années d’Ano Asoman. Quelques points font aujourd’hui l’unanimité des historiens.

Ano Asoman est du clan Oyoko. Il serait donc issu des dynasties régnantes de Koumassi et du Juaben. Par ailleurs, il est historiquement établi que les Oyoko qui ont fondé la plupart des Etats Akan du sud, sont venus du nord, probablement de la région de Bono. Ils commencent à émigrer vers le sud, à la fin du XVe siècle, au moment où l’Etat de Bono-Manso subit diverses tensions, particulièrement la pression des Mandé. Les ancêtres d’Ano Asoman, fuyant alors ces troubles auraient émigré dans le Juaben.

Les traditions d’origine du Moronou reconnaissent que les Oyoko, arrivant du nord, ne s’implantent pas immédiatement dans la région de Koumassi. De Bobo-Manso, les Oyoko ancêtres d’Ano Asoman s’installent d’abord  » sur le territoire qui fut autrefois l’Adansi  » puis, plus tard, sous la pression des évènements, émigrent dans toutes les directions.

Ces deux points de vue, les traditions de l’Aowin et celles du Moronou, loin d’être contradictoires se complètent et s’accordent. L’histoire nous apprend, en effet, qu’après la destruction de l’Adansi, certaines familles fuyant le joug denkyira, se déplacent plus au nord. Quelques-unes sont reconnues comme étant les Oyoko qui, plus tard, créent la dynastie de Koumassi et essaiment ensuite dans le Juaben.

On admet généralement qu’Ano Asoman, né à Bètinansi dans le Juaben, est issu de la famille royale de cet Etat, allié très proche de Koumassi. Né probablement sous Oti Akenten, premier souverain Oyoko, fondateur de Kwaman, la future ville de Koumassi, Ano Asoman participe aux premières conquêtes asante contre les Domaa. De cette époque reculée, les traditions aowin relevées par J. Kumah attribuent l’ascendance d’Oti Akenten à leurs propres ancêtres. Oti Akenten meurt aux environs de 1660. Il est remplacé sur le trône de Koumassi par Obiri Yeboa.

Devant les attaques répétées du Denkyira contre l’Asante, Obiri Yeboa rassemble autour de lui, dans une  » union sacrée « , tous les Etats voisins : Bekwai, Nsuta, Mampong, Kokofu, Juaben et autres. C’est la première alliance asante qui est scellée, sous Oséï Toutou, dans le cadre d’une cérémonie plus grandiose.

Il ne suffit plus aux Asante de prémunir les frontières de l’Etat contre les attaques extérieures, il faut porter la guerre dans le camp ennemi. Capables désormais de concentrer forces et ressources à une échelle sans précédent, Obiri Yeboa et les Asante reprennent l’offensive contre les Domaa, les Akim et les autres peuples. Ils peuvent désormais razzier impunément les captifs, contrôler sans partage les voies de communication et les agglomérations. Pour échapper à l’emprise asante, leurs voisins ne disposent plus que de deux solutions : Prendre la fuite ou s’engager à leur tour dans l’édification d’un Etat qui assurera leur défense. Dans ce contexte de violence Ano Asoman prend ses distances par rapport à l’Asante, son pays d’origine.

Le départ vers l’ouest

Ano Asoman quitte Biètinansie, après avoir mûrement avoir arrêté sa décision. Le départ a lieu pendant le dernier quart du XVIIe siècle. Il part, suivi d’une foule de partisans, à la recherche d’une terre d’asile où lui et sa suite pourront désormais vivre heureux, à l’abri des guerres, des réquisitions et des spoliations de toutes sortes.

Le groupe des immigrants, après plusieurs semaines de marche en direction de l’ouest, découvre le long de l’Ankobra, à la frontière du Wassa Fianse, le terrain de son choix, une région fertile particulièrement réputée pour sa richesse en gisement aurifères.

La contrée est peuplée d’Anaboula et Sohié et, sur sa périphérie orientale, de Wassa particulièrement turbulents. Les premiers rapports ne sont pas des plus accueillants. Mais les autochtones, submergés, s’inclinent ou sont exterminés. Les vainqueurs prennent femme au milieu de la population qu’ils viennent de soumettre.

Les semaines, les mois et les années passent. Plus tard, ils sont rejoints par d’autres immigrants, venus du Juaben, de Mampong ou d’autres régions de l’Asante, fuyant les troubles liées aux conquêtes menées par l’Asantehene.

Une nécessaire expansion militaire

L’expansion militaire n’a jamais été l’objectif fondamental d’Ano Asoman. Néanmoins elle s’avère nécessaire et le jeune prince l’envisage pour se tailler un territoire suffisamment conséquent afin d’abriter les siens et leur permettre de subvenir à leurs besoins. Les armes à feu, achetées sur le littoral, aident puissamment au succès des conquêtes d’Ano Asoman.

L’organisation de l’Etat impose au bâtisseur d’Ebrosa de nouvelles tâches. Il crée une capitale, Enchi, bâtit de nouvelles localités, ouvre des pistes de communication reliant l’Aowin-Ebrosa à Begho, le célèbre marché du nord et jusqu’aux villes soudanaises. Elles ouvrent par ailleurs l’Aowin sur la côte.

Des gués sur les cours d’eau, des gîtes d’étapes, des marchés sont aménagés. Tout un réseau est tissé avec ses nœuds et ses mailles dont le contrôle devient, pour les partenaires des échanges, un enjeu décisif. Par ailleurs Ano Asoman garantit aux marchands aowin un approvisionnement régulier en articles d’importation qui deviennent l’objet de convoitise.

Par le canal du commerce, le souverain de l’Aowin noue des rapports fructueux, essentiellement avec les commerçants européens d’Axim. L’agent de commerce, Bosman, écrit à propos des sujets d’Ano Asoman:  » Des habitants de ce pays, nous recevions autrefois de grandes quantités d’or fin et pur, et comme c’étaient les négociants les plus civils et les plus honnêtes de tous les Nègres, nous avions grand plaisir à traiter avec eux « .

Ano Asoman dépêche aussi à Assinie les commerçants du royaume pour s’y procurer le sel marin contre de l’or. Enfin, il passe alliance avec quelques-uns des Etats du Nord, entre en rapport d’échanges avec Begho, la célèbre place commerciale.

En maîtrisant les itinéraires commerciaux, Ano Asoman se donne des moyens de pression sur ses voisins moins bien placés.

Pour les mêmes raisons, il s’empare des zones où sont produits les biens d’exportation, notamment des régions où l’or est extrait en abondance et constituent des réservoirs de main-d’œuvre.

Une Politique d’Ouverture

Ainsi Ano Asoman est fatalement conduit à se doter à son tour d’une force militaire puissante. Si, pour défendre les premières villages construits, en nombre limité, et le territoire contre les agressions extérieures, le rassemblement des jeunes gens pouvait suffire, désormais il faut s’emparer de captifs requis pour la production aurifère et assurer le transport des articles d’échanges.

Il sera également nécessaire de maintenir l’ordre et la sécurité le long des pistes de commerce protéger ou conquérir les points stratégiques dont la possession permet de prendre part au trafic. Pour accomplir de telles missions, disposer de troupes en permanence et suffisamment entraînées s’impose nécessairement.

En revanche, Ano Asoman fait preuve d’une politique d’ouverture extrêmement souple, fondée essentiellement sur les alliances. Par ce biais, il resserre non seulement les liens de solidarité avec les Etats et peuples voisins, mais contribue aussi à attirer des milliers de réfugiés.

Il accueille, à l’intérieur des limites de son Etat, des Wenchi, des Tekyman, des Adanse, des Asante et des Denkyira opposés aux violences consécutives à la politique  » impérialiste  » de leurs patries respectives.
Il est difficile de savoir dans quelle mesure le besoin en effectifs humains, indispensable pour étayer une politique d’expansion territoriale plus ambitieuse, n’a pas déterminé Ano Asoman à adopter cette tactique de la porte ouverte. Quoi qu’il en soit, cette attitude s’impose à Ano Asoman lorsque l’inévitable confrontation avec le Denkyira devient imminente.

La guerre contre Denkyira

La guerre contre Denkyira, connue dans ses détails grâce au récit de Bosnan, se situe aux environs de 1677. Les motifs du conflit sont explicites : l’immense richesse de l’Aowin en métal précieux est convoitée par le Denkyira.
L’engagement militaire entre les deux forces belligérantes est fort bien décrit par l’auteur hollandais, contemporain des évènements. La guerre se déroule en deux phases. La première tourne à l’avantage des troupes de l’Aowin qui écrasent l’armée denkyira conduite par l’aventurier Krokro Bomany au service de Denkyia.

Les Aowin, au cours de ce premier engagement déciment la totalité de l’armée ennemie, au point qu’il ne reste plus personne dans le camp opposé pour porter la nouvelle de la défaite au souverain denkyira.

Mais l’Aowin ne sait pas mettre à profit le temps du répit. Pendant que le Denkyira refait ses forces, en reconstituant une nouvelle et puissante armée, l’Aowin, divisé par des querelles intestines, ne peut regrouper ses forces sous un seul et même commandement. Aussi, à la reprise des hostilités, le Denkyira a beau jeu d’affonter, l’un après l’autre, les différents corps des armées aowin en des combats isolés et de les tailler en pièces. Pourtant un regroupement des forces d’aowin face à l’ennemi aurait eu raison de l’armée denkyira.

La conséquence de cette guerre a été de plonger l’Aowin et son souverain dans un état de longue dépendance, à l’égard du Denkyria d’abord, puis de l’Asante qui, après le triomphe de Feyase sur le Denkyira, prend la relève et devient la première puissance dominante dans le monde akan.

Le « vassal »

Vaincu par le Denkyira en 1677, l’Aowin s’acquitte auprès du vainqueur, comme l’exige la coutume, d’une lourde amende de 100 bendas environ, soit 900 livres sterlings de l’époque, au titre du « prix de la paix ».
Outre cette forte imposition, Ano Asoman aura à se présenter chaque année à la fête de l’Odwira à Abankèsièsu, capitale du Denkyira, où à la cour du souverain se déroule, en grande pompe, l’acte d’allégeance au maître du Denkyira.

Chaque « vassal » s’acquitte à cette occasion du tribut annuel qui consiste à offrir au souverain une importante quantité d’or, dont le poids est fixé à l’avance, et des escalves, essentiellement de sexe féminin pour constituer le harem du Denkyirahene.

Ano Asoman, comme tous ses pairs de l’Etat denkyira, verse régulièrement le tribut annuel à l’occasion de l’Odwira, la fête nationale.

Par ailleurs lorsqu’Ano Asoman est sollicité il fournit régulièrement les effectifs militaires demandés. Chaque fois que l’occasion se présente, il tente de dissuader, en vain, le Denkyirahene de ses projets belliqueux.
En effet, comme tous ses pairs de l’empire denkyira, las des expéditions militaires et excédé des charges inhérentes, il aspire à quelque repos. Aussi, avec les autres « vassaux » du royaume, il appelle ardemment de ses veoux la fin du joug denkyira.

En 1701, lorsqu’il pressent que l’attaque de l’Asante contre le Denkyira est imminent, il s’empresse de rentrer sur ses terres, donne l’ordre de fermer aux marchands denkyira les pistes caravanières qui traversent le territoire de l’Aowin en direction de la côte afin de les empêcher de s’approvissionner en fusils et autres munitions. Cette opération, selon le directeur hollandais d’Elmina, contribue à donner un avantage logistique à l’Asante.

Au cours de cette période de préparation active au conflit, Ano Asoman reçoit deux délégations successivement conduites par Amalaman et Ehuman Kabran, ancêtre des Ndenyin. Ils sont porteurs d’un message du Denkirahene qui le mande à la cours.

Loin de se laisser convaincre Ano Asoman parvient au contraire à les dissuader de retourner auprès du souverain denkyira. Il accueille ainsi sur ses terres les Ndenyin auxquels il accorde asile et protection.
Se rapprocher de l’Asante afin de profiter de sa victoire pour se libérer du joug denkyira, telle est l’attitude d’Ano Asoman au cours du conflit qui oppose le Denkyira à l’Asante.

Un document hollandais contemporain reconnaît de façon explicite qu’Ano Asoman et les mécontents du régime denkyira conviennent de se ranger du côté de koumassi dès que l’armée asante engagera les hostilités.
Mais Ano Asoman tourne-t-il effectivement les armes contre le Denkyira ? Les récits sont aujourd’hui contradictoires.

Les traditions orales du Wassa, allié fidèle du Denkyira, qualifient Ano Asoman et ses sujets de traîtres, tandis que la plupart des témoignages émanant des pays agni s’accordent à reconnaître qu’Ano Asoman et leurs ancêtres avaient encore partie liée au Denkyira au cours de la guerre qui l’opposa à l’Asante.

Un traitement de faveur

Quoi qu’il en soit, Ano Asoman et les siens ne semblent avoir fait l’objet d’aucune exaction ni violence de la part du vainqueur asante, du moins au cours des premières années qui suivent la victoire de Feyase. Peut-on déceler dans ce traitement de faveur dont bénéficient Ano Asoman et l’Aowin, le geste de reconnaissance dû au soutien éventuel apporté au cours du conflit précédent ?

Dans le même temps où l’Asante entreprend des expéditions punitives contre l’Akim, le Twifo, le Wassa et les alliés d’hier du Denkyira, l’Aowin est épargné de toutes charges et autres tracas.

La paix et la tranquilité qui y règnent contrastent avec la confusion et le tumulte qui ébranlent les Etats voisins.

Ano Asoman met à profit ces années d’accalmie pour bâtir une armée forte et redoutable dont la renommée franchit les limites de ses Etats. L’armée de l’Aowin n’est-elle pas sollicitée, selon Landman, commis du fort hollandais d’Axim, pour contenir, aux environs de 1706, l’assaut de l’Asante contre l’Akasse, cet Etat « situé loin derrière l’Aowin où l’on fait la guerre à cheval » ?

Dès lors, les soupçons de l’Asante s’éveillent. La réserve observée à son égard se mue en hostilité. L’Asantehene ne perçoit désormais en lui qu’un concurrent ambitieux qu’il faut écraser rapidement, avant qu’il ne soit trop tard.

Le malaise entre les deux Etats remonte à quelques années en arrière. Les expéditions punitives asante consécutives à la victoire de Feyase suscietent émoi et agitation chez les peuples qui en sont victimes. Les éléments mécontents désertent et partent à la quète d’une nouvelle patrie.

La plupart trouvent sans difficulté refuge et protection auprès d’Ano Asoman. Fait plus grave car plus provocant, Ano Asoman ouvre, en 1712, les frontières de son Etat à tout un corps d’armée asante envoyé pour soumettre le territoire d’Ahwene Koko au nord de l’Aowin, saccage, pille le pays et se réfugie dans l’Aowin avec tout son butin.

Le conflit Aowin-Asante

L’accueil des mutins constitue un geste pour le moins inamical et traduit de la part de l’Aowin une volonté d’autonomie affranchie de toute tutelle à l’égard de l’Asante.

L’offensive asante attendue contre l’Aowin n’a pas lieu à cause des troubles de succession qui secouent cette année-là la dynastie de Koumassi.

Différée, l’agression asante n’en sera que plus violente. Le prétexte est vite trouvé : La pénétration des troupes de l’Aowin en 1715 sur le territoire de Begho conjointement convoité par l’Aowin et l’Asante.

Rien n’a été laissé au hasard lors des préparatifs ultimes avant l’engagement. Au cours des derniers mois de 1714, tandis qu’un accord d’assistance militaire intervient entre l’Asante et le Wassa, le souverain aowin, flairant le danger, prend toutes dispositions utiles pour parer à une agression éventuelle de l’ennemi venant aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur.

Tous les réfugiés de nationalité asante ou d’autres nationalités sont mis aux arrêts et placés sous surveilleance. Ordre est donné aux gardiens de les mettre à mort à l’approche de l’armée asante de peur qu’ils ne livrent quelque secret militaire à l’ennemi.

Par ailleurs un plan d’émigration est mis au point : en cas de défaite, deux destinations sont prévues, le Sefwi et Soco. Enfin l’Aowin opère une dernière alliance d’assistance militaire mutuelle avec les Etats voisins d’Abrambo, Adom et Axim.

Le premier engagement militaire a lieu en septembre 1715 et tourne à l’avantage de l’Aowin qui repousse l’offensive ennemie après avoir réussi à couper en deux l’armée des alliés Asante-Wassa. Les Asante comprennent alors qu’ils se sooont abusés sur la capacité de résistance et de réplique des Aowin. L’ennemi sollicite en conséquence l’aide militaire des Twifo, refait ses forces et opère la jonction entres les fractions dispersées de son armée avant de reprendre l’initiative des hostilités. Devant l’imminence du danger, Ano Asoman préconise la libération des réfugiés. Il les exhorte à prêter leur concours face à l’invasion ennemie. Lors de l’ultime combat d’Anyaunyaun, l’armée asante triomphe.

En décembre 1715 tout est achevé, l’armée aowin est en déroute. Le général en chef asante, Amankwa Tia, poursuit le gros des troupes aowin qui, retranchées dans le sud-ouest du pays n’zima, près du cap Appolonia, harcèlent de temps à autre leurs agresseurs.

Comment expliquer la défaite de l’armée d’Ano Asoman ? Les récits de la tradition orale sont unanimes à en rejeter la responsabilité sur les fournisseurs de munitions. De connivence avec les agresseurs, ils livrent des barils pleins de sable au lieu de la poudre à fusil aux combattants aowin en rupture de munition. Ce coup est fatal à l’armée aowin.

Mais le souverain d’Ebrosa-Aowin a eu le temps de mettre en sécurité la chaise, symbole du pouvoir politique et réceptacle de l’âme de la nation.

Il la confie à Boafo N’da, son fils, sous la garde vigilante des Ndenyin, en leur promettant de les rejoindre, dès que possible.

La disparition d’Ano Asoman

Qu’advient-il d’Ano Asoman ? Trouve-t-il la mort au combat ? Sur les derniers moments du fondateur d’Ebrosa, les traditions demeurent, dans leurs ensemble, peu explicites.

S’il survit, comme il est probable, au désastre d’Anyuanyuan, Ano Asoman ne rejoint jamais dans l’exil son peuple en fuite malgré les promesses faites aux uns et aux autres.

Il aura préféré achever ses jours sur cette terre, l’Ebrosa, qu’il bâtit patiemment de ses mains et qui devient, pendant un demi-siècle environ, la terre d’asile des réfugiés, des Agni c’est-à-dire de « ceux qui ensemble ont pris conscience de leur unité dans le malheur « .

Source: Institut de linguistique appliquée