Amon N’Douffou II

Amon N' Douffou II qui monta sur le trône en 1840 mit fin à une période instable pour le royaume. Monarchie absolue, le Sanwi avait de moderne sur les autres nations européennes que son souverain pouvait être destitué sur la décision du Conseil royal si il était prouvé que son monarque faisait preuve de mauvaise gestion de l'héritage royal.

Ses prédécesseurs Assemin Dihiye (oncle d’Amon N’Douffou II) et Amon Kadgo (Roi de 1834 à 1840) en avaient fait la douloureuse expérience. Sans Rois, le Sanwi menaçait de disparaître d’autant plus que les Ashantis étaient toujours désireux d’annexer ce royaume qu’il considérait comme partie intégrante du leur.

En un siècle l’Afrique avait changé de visage. Les Empires et autres royaumes séculaires tombaient les uns après les autres devant les nombreuses guerres civiles qui éclataient de part et d’autres du continent. Les différentes puissances européennes qui commençaient à prendre conscience des possibilités stratégiques et économiques du continent pénétraient dans toute l’Afrique.
La Côte des Dents n’y échappera pas. En 1842, l’Amiral Bouët – Willaumez s’empare de la côte pour la France. Il s’agit en fait de damer le pion à l’Angleterre dont les ressortissants commencent à se faire trop nombreux dans les comptoirs français. Les Anglais qui ont fondé les villes de Béréby et de Jacqueville ont développé l’industrie du coton et du caoutchouc. La France ne tient pas à ce qu’ils annexent cette partie de la sous- région à leur comptoir de Gold Coast (actuel Ghana).

L’amiral en profite pour régler immédiatement les querelles internes du royaume Sanwi en échange d’un accord de protectorat le 4 Juillet 1842. Amon N’Douffou II était arrivé au pouvoir suite à l’assassinat de Kadgo par sa tante et était très contesté au sein du royaume. L’accord de protectorat assurait au souverain du Sanwi un certain support militaire français en cas de guerre civile et en échange, les Français pouvaient jouir des accès à la mer sans contreparties. L’Amiral Bouët- Willaumez fonde trois forts dans le nouveau protectorat (Fort Faidherbe à Dabou, Fort Joinville et Fort Nemours à Assinie et Grand-Bassam). Fort Joinville sera vite abandonné tant les missionnaires qui s’y sont installés régentent trop durement le comptoir provoquant des émeutes avec les tribus avoisinantes.

Amon N’Douffou II fait peu de cas des tentatives de prises de territoires par les européens. Sait-il qu’en 1860, la France tentera en vain de brader une partie de son royaume pour obtenir le territoire de la Gambie afin d’unifier ses comptoirs du SénégalCertainement que oui. Mais tout protectorat qu’il est, le Sanwi est un royaume totalement indépendant comme le stipule les accords du 4 Juillet 1842. En 1860 et 1873, depuis leur colonie de Gold Coast (Côte de l’Or, nom colonial du Ghana dont le royaume ashanti avait été soumis), les Anglais échoueront dans leurs tentatives de conquêtes du Sanwi. Même le blocus d’Assinie le 4 Septembre 1873 sera un échec. Il aura suffit qu’un navire français montre le bout de sa coque pour que les anglais se réfugient en Gold Coast. Le 4 Juillet 1883, Amon N’Douffou II renouvelait son traité militaire avec les Français et en 1887, la Côte des Dents recevait pleinement le statut de protectorat colonial. La course à la conquête de l’Afrique battait son plein.

Source: histoiredelafrique.fr