L’Ananipô ou fête des ignames

L'Ananipô est un repère culturel en terroir Baoulé. Cette fête des ignames, consacre officiellement la consommation de la nouvelle igname.

En des temps plus reculés, ceux qui étaient attachés aux valeurs traditionnelles ne touchaient à la nouvelle igname qu’après le rituel. Ce rite consécratoire à la consommation du nouveau tubercule, revêt un sens mystique et spirituel très profond. Il est sensé lier l’esprit des vivants à celui des ancêtres de l’au-delà. C’est aussi l’occasion de leur soumettre toute sorte de doléances.

Le chef du village et les détenteurs de pouvoirs procèdent au rite solennel par des libations. Ils font donc la préparer la nouvelle igname qu’on pille pour obtenir le foufou, auquel on ajoute de l’huile rouge. Cette patte s’appelle foliè. Elle est nécessaire à l’adoration des chaises royales et familiales.

Aux différents carrefours sur les sites d’adoration, aux abords des cours d’eau, les prêtresses et les féticheurs procèdent à l’adoration de leurs divinités. Les officiants se ceindrent la taille d’un morceau de percale blanc avant de procéder au rituel.

L’Ananipô est également l’occasion de sortir les fétiches en vue de les adorer. Après cela, les villageois peuvent sans risque aucun, consommer la nouvelle igname. Le rite officiel est suivi de grandes festivités populaires. A travers repas, chants et danses, la population célèbre l’igname. Véritables ripailles où moutons et poulets sont sacrifiés pour servir la cause d’une alliance mystique entre vivants et morts.

Notons que la fête des ignames est également la célébration de la nouvelle année.