La sous préfecture de Danané

La Commune de Danané est reliée à Man, chef lieu de la Région des Montagnes par une route bitumée (l’autoroute départementale A8). Danané est une ville frontalière, reliée au Libéria et à la Guinée par des pistes en latérite. La pénétration coloniale Française dans la région de Danané a été extrêmement difficile ; trois tentatives sans succès de 1877 à 1879. Mais en 1879, suite à la pénétration coloniale, le chef Dan LAGBONO chef de la résistance, chef du Canton OUINE, Canton qui couvre la Commune de Danané, est déporté au Gabon et le Canton qu’il dirige annexé au Canton OUA dont le chef lieu actuel est MAHAPLEU.

La création du poste de Danané par le capitaine LAURENT remonte à 1906. Le premier chef de poste a été le Lieutenant GAUVIN. De 1908 à 1960, cinquante neuf (59) sous préfets coloniaux s’y sont succédé, le dernier étant M Roger LEPLEY. Le premier sous préfet ivoirien fut Monsieur COULIBALY Mamadou en 1961, depuis cette date 73 sous préfets se sont succédés. Danané a été érigée en Commune le 16 Octobre 1985. Décret de création n° 85-578 du 29 juillet 1985. Danané est le chef lieu de Département dudit.

I/ PRESENTATION

1/ SITUATION GEOGRAPHIQUE : Le département (l’ancien) de Danané est situé à l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Il compte une population de 314 428 habitants (54 737 ménages) et une densité de 67,9 habitants /km2, selon le recensement RGPH de 1998. Il est limité au Nord par la sous-préfecture de Sipilou, à l’Est par les sous-préfectures de Sangouiné et Logoualé, au Sud par les sous-préfectures de Toulepleu et Blolequin et à l’Ouest par les Républiques de Guinée vers le Nord et le Liberia vers le Sud.

2/ LE RELIEF : Il est accidenté avec la zone du canton Kale où se trouve le plus haut sommet du pays : le Mont Nimba, situé à la frontière entre les trois pays où se trouve la réserve intégrale du Mt Nimba. Cette zone forme un massif : le massif des Monts Nimba. Il y a également le canton Gourousse, vers le nord, la zone la plus accidentée où se trouvent les Monts Nieton et Momy.

3/ VEGETATION : C’est une zone totalement couverte de forêt qui est l’unique type de végétation qu’on peut y rencontrer. Il y a plusieurs parcelles de forêts classées : la forêt classée du Mt Nieton, la forêt classée de Krozeale, la forêt classée de Goulaleu et celle de Tiapleu dont le prolongement en Guinée est une réserve intégrale, patrimoine mondial.

La région est traversée par plusieurs cours d’eau dont les principaux sont : le Cavally et le Nion qui marque la frontière naturelle entre la Côte d’Ivoire et le Libéria. Deux grandes saisons se relaient dans la zone : la saison pluvieuse qui va d’avril à octobre et la saison sèche, de novembre à mars.

4/ LA POPULATION/ Le peuple autochtone est le Dan ou Danwopemin, appelé communément Yacouba qui serait une déformation linguistique n’ayant rien à avoir avec le nom du peuple en question. Il y a, avec le fort taux de brassage, les Malinké et les Krou qui sont en général dans les villes.
Dans les dix dernières années, la crise politico-militaire aidant, beaucoup d’autres peuples allogènes tels que les Loby, les Dagary, les Mossi, les Baoulé se sont installés dans les forêts. Même les forêts classées ont été investies par ces peuples nouveaux venus. Ce qui a ressemble à un nouveau peuplement qui doit entrer dans l’histoire de la région.

5/ L’ECONOMIE : la principale source économique de la région est l’agriculture, basée sur le café et le cacao auxquels l’on ajoute le manioc, le riz et la banane plantain qui sont plus utilisés pour l’alimentation de base. Il y a l’hévéa qui se met en place progressivement, depuis ces cinq dernières années.

Des potentialités énormes existent, entre autres, les ressources minières. Hormis l’or qui s’exploite depuis des années à Ity par la Société des Mines d’Ity (SMI), le fer et d’autres gisements du Mont Nimba et du Mont Momy, pour ne citer que ceux-là, sont encore inexploités.

Une seule unité industrielle d’exploitation de bois (Thanry) qui emploie une soixantaine de personnes fonctionne. A côté, de micros unités de décorticage de riz ou de broyage de manioc existent également.

L’élevage des bovins et caprins se pratique de façon traditionnelle. L’élevage de porcs et de poulets de chair, entré dans la région il y a une vingtaine d’années, se pratique avec l’encadrement des services compétents, comme l’ANADER. La pisciculture qui était aussi en bonne voie d’installation est abandonnée de nos jours.

6/ TOURISME – SPORTS – LOISIRS. Des sites touristiques inexploités existent tels que la Grotte de Dongouiné et celle de Natta Kale. Le pont de lianes qui était visité autrefois n’existe plus. Les masques et autres danses du terroire font partie de la culture des Dan. La danse Medy avait représenté le pays à un forum mondial en Europe. La lutte traditionnelle est toujours pratiquée de nos jours. Une arène ouverte le 06 février dernier à Zouan-Hounien, fonctionne actuellement.

II/ LES INFRASTRUCTURES SOCIALES ET ECONOMIQUES

1/ EDUCATION : Le département de Danané compte plusieurs école primaires, publiques et privées; deux villages sur trois possèdent une école. Au secondaire, trois lycées : un à Danané, un à Zouan-Hounien et un à Bin-Houyé. Un collège municipal à Danané et un collège moderne à Mahapleu. Plusieurs collèges privés fonctionnent à Danané et Zouan-Hounien. Il n’existe aucune structure de formation technique et professionnelle dans la région.

2/ SANTE : Il existe deux hôpitaux généraux à Danané et Zouan-Hounien, deux dispensaires urbains à Danané et Bin-Houyé. Plusieurs centres de santé fonctionnent dans les gros villages. Quelques maternités jumelées à ces centres de santé existent mais ne fonctionnent pas toutes.

3/ LES ROUTES : Les gros villages sont reliés, mais l’état de ces pistes laisse à désirer. La crise aidant, elles sont presque inexistantes si elles ne sont pas totalement fermées. Les routes Danané – Libéria Danané- Guinée, Danané-Sipilou et Zouan- Toulepleu attendent le bitumage depuis belle lurette. En attendant, leur reprofilage régulier s’avère nécessaire.

Le tronçon bitumé Danané-Zouan-Hounien est d’une mauvaise qualité de matériaux employés, et pourtant fait par la même société « CONICOS » qui a fait le bitumage de Man-Danané en 1989.

4/ ADMINISTRATION : La région compte deux départements, Danané et Zouan-Hounien pour six sous-préfectures fonctionnelles. Six autres sous-préfectures créées récemment attendent leur administrateur.

Tous les ministères étaient représentés avant la crise de 2002. Actuellement, bien que la majorité soit en place, certains parmi eux n’ont pas encore repris fonction. Cette crise a eu un impact sérieux sur toute la communauté de la région. La fracture sociale est très grande. La pauvreté et la misère ont droit de citer. La situation s’est aggravée avec la crise postélectorale qui a fini de casser la cohésion sociale déjà fragilisée par la longue période de siège de la rébellion.

Vu tout ce qui précède, qui est loin d’être exhaustif, les populations de cette région ont des attentes de cette visite d’Etat.

III/ LES ATTENTES

Le reprofillage des routes et pistes villageoises, le bitumage des axes : Danané-Libéria, Danané-Guinée et Zouan-Hounien-Toulépleu, l’électrification de tous les villages sans exception, le renforcement de l’hydraulique villageoise et la construction de châteaux d’eau pour les chefs lieux de sous préfecture.

Etant une région agricole, adopter un plan spécial pour le développement des activités agricoles, avec renforcement des capacités des coopératives.

La population souhaite l’érection de l’hôpital général de Danané en centre hospitalier régional.

Pour rendre effective la déconcentration administrative, la nomination de certains villages en chefs-lieux de sous-préfecture avec installation de tous les sous-préfets attendus.

Et enfin, l’érection de cet ancien département de Danané, plus peuplé que certaines régions du pays, en région administrative qui pourrait porter le nom de « Région du Nimba ».