Les sœurs Comoé : Madiara et N’Goran Mariam

Madiara et N'Goran Mariam ont été révélées aux mélomanes de la musique ivoirienne par le Ministre Mathieu Ekra, à l'époque Ministre de l'information de la Côte d'Ivoire. C'était à l'occasion du grand prix de la chanson ivoirienne, au centre culturel de Treichville.

Les deux sœurs Comoé, Madiara et N’Goran Mariam étaient de l’ethnie ANDO de la sous-préfecture de M’Bahiakro. Madiara l’ainée, et N’Goran Mariam la cadette, chantaient en chœur, avec des proverbes, qui sont des éléments essentiels de la musique traditionnelle Akan. De 1962 à 1971, les sœurs Comoé, de leurs voix passionnées avaient marqué leur temps. Madiara et N’Goran Mariam avaient séduit le Président Félix Houphouët-Boigny qui avait apprécié leur succès musical.

Félix Houphouët-Boigny aimait bien la chanson « Abidjan Pont N’zo ». Madiara et N’Goran Mariam avaient été surnommées ‘’Sœurs Comoé » à cause de la fraîcheur et la clarté de leurs voix, comme l’eau du fleuve Comoé. Mais l’aventure musicale des deux femmes Akan avait choqué l’opinion ivoirienne. Dans les années 1960, personne n’avait pensé que des femmes pouvaient faire de la musique. En 1971, Madiara la sœur ainée, arrêta la musique, parce que déçue, pour se consacrer à la religion musulmane wahabite.

Quelques mois plus tard, N’Goran Mariam se mariait à son tour à un Imam. Madiara et N’Goran Mariam habitaient au quartier Bracodi bar d’Adjamé, où elles parlaient avec passion d’Allah et de son prophète Muhammad. Les sœurs Comoé étaient très charmantes.

De vraies reines Akan, qui avaient côtoyé toutes les personnalités de la Côte d’Ivoire : Coffi Gadeau, Konan Kanga, Djibo Sounkalo, Yacé Philippe, Mamadou Coulibaly. De 1962 à 1971, les musiques des sœurs Comoé constituaient le menu du réveil national de Radio Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, quand je parle des sœurs Comoé, Madiara et N’Goran Mariam, deux merveilleuses Femmes Akan, de la chanson traditionnelle, je crois encore les revoir sur scène. Elles étaient charmantes, sorties tout droit du Royaume Akan.

Source: L’intelligent d’Abidjan – Ben Ismaël

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