Les traits culturels communs des Akan

En principe une ethnie qui possède et connaît l'essentiel des institutions mentionnées ci-dessus est en droit de se considérer comme Akan d'origine ou de civilisation :

1. La langue
Les Akan parlent twi; linguistiquement, les groupes qui se comprennent plus ou moins sont :

– Les Agni-Baoulé: Abron, Abidji, Abouré, Ayaou, Anno, Agni, Baoulé, Essouma, Ewotiré, Juaben, Yaourè
– Les Akyé-Abè: Abè, Akyé, ébrié, éga, Mbato, Krobou
– Les Avikam: Alladian, Avikam

2. La parenté
Le système de parenté qui a la faveur de l’ensemble des Akan, est la double-parenté ou double-filiation, contrairement à l’opinion généralement émise. Dans ce système, l’enfant garde des liens solides aussi bien de son matrilignage que de son patrilignage.

Pour se marier, la demande en mariage du jeune homme incombe au clan du père; C’est également ce clan qui reçoit la demande en mariage de la jeune femme. La compensation matrimoniale est donnée ou reçue par le clan paternel; Au moment du divorce, les dettes de toutes sortes contractées par l’épouse sont remboursées par le clan maternel de l’ex-épouse.

L’enfant né dans le mariage demeure membre du clan de sa mère; les Akan partent du principe que la paternité reste toujours difficile à prouver alors que la maternité ne se discute jamais, elle demeure visible pendant neuf mois ou plus; Mais c’est le mari qui a la garde des enfants, c’est également lui qui assure leur éducation.

3. Le nom
La dation du nom est un privilège du lignage paternel; Tout Akan, en principe, possède au moins trois noms : Un nom d’ordre de naissance, un nom de jour de naissance et un nom patronyme.

4. Les successions
Les successions de toutes sortes se font dans le clan de la mère, de frère à frère utérin et d’oncle à neveu utérin. Dans quelques rares cas, le fils peut hériter de quelque bien du père : domicile paternel; c’est là, en cas de décès du père, qu’il achève l’éducation de ses jeunes frères .

5. La religion
Les Akan sont animistes mais n’adorent que des divinités naturelles (divinités des cours d’eau : Tanoé, Bia, des divinités de montagnes, de forêts) et des êtres surnaturels (géants et nains); Ils connaissent le culte des ancêtres.

6. La fête des ignames
L’igname est la seule plante vivrière qui possède ce privilège; La fête des ignames est une manifestation culturelle connue de la majorité des Akan. Cette cérémonie globale n’arrive qu’une seule fois l’an, sa date n’est la même partout. L’origine de cette cérémonie n’est pas connue de façon satisfaisante ; cette cérémonie vise trois objectifs :

– Elle est d’abord une action de grâce rendue par les vivants aux esprits bénéfiques auxquels la terre doit la paix et la fécondité .
– Elle est ensuite la commémoration des morts qui ne cessent de veiller sue les hommes et de leur procurer tout ce qui leur est nécessaire pour vivre heureux .
– Elle est enfin pour le peuple Akan une occasion de purification et de réjouissance dans la paix et l’abondance retrouvées .

7. La royauté, l’état, la Nation
La monarchie est la forme de gouvernement qui la faveur des Akan, mais de préférence une monarchie oligarchique; Elle peut être importante et se situer au niveau de plusieurs provinces ou se limiter à un seul village. La fonction du roi est divine; la royauté est symbolisée par trois objets matériels : Le tabouret, le cimeterre (sabre), et le dja (collection de poids à peser l’or ou trésor du royaume).

Le Tabouret
Le tabouret symbolise l’autorité, le pouvoir temporel et spirituel du roi; les Akan disent : « là où il n’ya pas de tabouret, il n’ya pas de roi, le village où réside le tabouret devient le chef-lieu du royaume; Le roi est mortel, le tabouret est permanent ».

Le cimeterre (sabre)
Il symbolise le pouvoir militaire du roi, chef suprême des armes; c’est avec le sabre (ôhôtô) que les peuples soumis et leurs chefs prêtent serment de fidélité et d’allégeance; Le sabre reste également le symbole de messager du roi.

Le dja (trésor du royaume)
Le dja symbolise le monde, les états de conscience des rois défunts et le pouvoir économique du souverain régnant; C’est dans le dja que les Akan ont consigné la somme de leurs connaissances par images et par écrits(pods à peser l’or).

Le pays akan possède plusieurs royaumes plus ou moins importants; on peut citer les royaume Abouré de Moosou et de Bonoua, le royaume Agni de Bettié, le royaume Anno, le royaume des Juaben, le royaume des Morofwé, le royaume de Bini et celui de Bona . Les plus importants restent les royaumes Abron de Bondoukou, celui des Baoulé à Sakassou et celui des Indénié à Abengourou.

Le roi peut être un homme ou une femme; dans le premier cas, les coutumes autorisent parfois de placer à côté du souverain, chef suprême, un roi-femme (mère, tante, cousine ou soeur du monarque régnant); Ce personnage administre effectivement une principauté du royaume. Un royaume peut être fondé par un homme (Bondoukou) ou par une femme (Sakassou).

Sources et Documentations : I.L.A – Institut de linguistique appliquée