Les Mandé du sud

On a longtemps regroupé sous le nom de Mandé-Fu l'ensemble des peuples Mandé extérieure aux Manding (ou Mandé-Tan, d'après le mot signifiant dix). Certains de ces peuples habitent les savanes du Burkina Faso (Bobo, Samo, Bisa).

Ce regroupement artificiel est actuellement abandonné et nous qualifierons simplement de Mandé du Sud, l’ensemble des peuples de langue mandé qui occupent le nord de la zone forestière, au sud des Manding, de la Sierra Leone à la Côte-d’Ivoire. Ils présentent une certaine unité dans les rapports avec le milieu, la culture et la langue. Cette famille est elle-même divisée linguistiquement en un groupe occidental et un groupe oriental.

Le groupe occidental, dont les principaux membres sont les Konor, Kpellé (Guerzé), Looma (Toma) et Mendé, établis en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, possède une culture assez différente, axée sur la grande société d’initiation du poro, et ses langues, très proches les unes des autres, sont plus éloignées du manding que celles du groupe oriental.

Le groupe oriental commence avec les Manon du mont Nimba, partagés entre la Guinée et le Liberia, et qui ont reçu le poro de leurs voisins de l’ouest. En Côte-d’Ivoire, il se répartisse en deux fractions, que l’on peut désigner comme Dan et Kweni(Gouro) d’après le nom de leur principal membre. Enfin, plus plus à l’est d’autres Mandé du sud, fort abérrants, existent à l’état de groupes résiduels : ce sont les Gban ou Gagou et les Ben ou Ngen.

Le Sous-groupe Dan

Ce sous-groupe comprend deux peuples étroitement apparentés : les Dan ou Yakouba et les Wen ou Toura.

Les Dan ou Danpomenou ou Yakouba (Nou est la marque du pluriel)

« Ceux qui parlent le dan », sont parfois désignés à tort sous le sobriquet malinké de yakouba. Avant le XVI ème siècle ils se trouvaient dans le Maou, pays de Touba, où leur langue subsiste en îlots, mais d’où ils ont été refoulés par par les Malinké Dyomandé; Ils ont alors occupés en masse les montagnes granitiques de Man puis, aux XVIII ème et XIX ème siècles, ils se sont étendus plus au sud, sur la pénéplaine forestière vers Danané et Toulépleu et en traversant le Nuon, dans le territoire actuellement Liberien. Au cours du XIX ème siècle les Diomandé Sakuraka, seigneurs du Maou, ont établi une tête de pont à Doué, sur le Bafing, et ils se sont fortement métissés. Ces conquérants se sont ralliés à Samori et n’ont été arrêtés que par l’arrivée des Français. Ceux-ci ont arrêté l’Almani près de Man, dans la village Dan de Gélémou, le 29 Septembre 1898.

En dehors des îlots Dan et Maou, dont la culture est fortement influencée par celle des Malinké, on peut distinguer chez les Dan deux zones marquées par des différences sensibles dans la langue et la civilisation. Ceux du nord, dans le massif de Man, sont des Dan proprement dits ou Damènou. Ceux du Sud sont des gens de la forêt ou Boutyouleumènou.

Les villages Dan très petits, sont accrochés à des sites défensifs, et se succèdent à courte distance dans les montagnes du nord. Quel que soit leur site, ces villages sont reconnaissables à leurs belles cases rondes confortables, dont le toit élevé est bien adapté à un climat pluvieux.

Comme presque tous les peuples Mandé, les Dan sont organisés en lignages patrilinéaires, mais ceux-ci ne sont pas répartis nettement en clans et la notion même de clan paraît disparaître dans le sud. On a donc affaire à un fourmillement de lignages autonomes (lè), dont quelques-uns se groupent pour constituer un village (ple).

Ces villages assez petits constituent l’unité politique de base et leur gestion est démocratique, fondée sur le principe de l’égalité des lignages. Plusieurs villages forment une alliance ou (se), mot que les colonisateurs ont traduit par tribu. C’est seulement dans le Nord, sous l’influence Malinké, que ces (se) se sont transformés en petites chefferies. Mais la société Dan reste une société foncièrement égalitaire, démocratique, sans état. Elle ne possèdait pratiquement pas d’escalves, les prisonniers étant intégrés ou vendus aux Malinké.

Leur religion repose à la fois sur le culte des esprits de terroir, qui se développe en panthéon, et sur celui des ancêtres, dont le rôle est fondamental. Ce sont ces esprits et ces ancêtres qu’incarnent les nombreux masques que leur style très remarquable oppose à la fois à ceux des Manon et Guerzé, dominés par le poro, et à ceux des Wènion (Guéré et Wobé). Leurs voisins de l’Ouest leur ont cependant transmis plusieurs masques, notamment des échassiers.

En l’absence d’une grande société comme le poro, la contrainte sociale est relativement faible. La formation des citoyens repose avant tout sur l’initiation, organisée autour de la circoncision qui est pratiquée chaque année.

Occupant un pays en partie montagneux, où le climat, très humide, est marqué par une longue saison de pluies, les Dan sont avant tout des agriculteurs dont les produits de base sont le riz et le manioc. Celui-ci paraît s’être substitué depuis le XVI ème siècle à l’igname, qui garde un rôle rituel. Il s’agit ici d’une agriculture itinérante sur brûlis nécessitant tous les deux ans de nouveaux défrichements. D’autres produits secondaires y figuraient, comme la banane plantain, dont le rôle est important, le coton, et , depuis le XVI ème siècle, le maïs et l’arachide. La kola, généralement exporté vers le nord, contribuait à mettre le pays en rapport avec le monde extérieur.

Les Dan contrairement à d’autres peuples forestiers, possèdaient jadis, en nombre, des bovins de la petite race dite « des lagunes », bien adaptés au milieu. La pêche en rivière et la chasse jouaient un rôle notable dans leur économie, surtout dans le sud où le gibier était abondant. Cette économie a été bouleversée à l’époque coloniale par la diffusion de cultures d’exportation, et particulièrement du café.

L’étude de la civilisation matérielle des Dan révèle à la fois d’anciennes traditions venues des savanes, renforcées sans cesse par de nouvelles influences, et une remarquable adaptation au milieu forestier. Leurs grandes et belles cases rondes évoquent celles des Malinké du Sud, de même que les techniques de leurs tisserands et de leurs forgerons. Ceux-ci travaillaient cependant surtout du fer importé des pays du nord. Bien que le commerce à longue distance des Dioula, acheteurs de kola, ait été cantonné jusqu’au XIX ème siècle sur les franges nord du pays Dan, de grands marchés hebdomadaires, dont le contrôle était lié à un certain pouvoir politique, couvraient la région d’un réseau serré d’échanges.

Malgré son caractère accidenté, le pays Dan n’a donc jamais été un monde refermé sur lui-même comme la grande forêt sur laquelle il mord vers le Sud.

Les Wen ou Toura

Les plus proches voisins des Dan sont leurs voisins de l’est, les Wen, plus exactement Wen-Mebo (bo=pluriel), plus connus sous le nom Malinké de Toura. Installés de part et d’autre du Bafing, dans des sites perchés sur les cîmes d’un massif montagneux déboisé, ils ont également été rejetés du Maou à partir du XVI ème siècle. Ils ont depuis lors reçu une forte influence culturelle de leurs parents de l’Ouest, les Manon du mont Nimba. Leur organisation sociale et leur culture matérielle sont presque identiques à celles des Dan du Nord et les langues des deux peuples sont mutuellement compréhensibles. En revanche leur système socio-religieux est beaucoup plus complexe; il est marqué par une grande fête annuelle de l’igname(yadele) qui fait penser aux cultures de l’Est, et une importante société d’initiation-le gbon- comparable au porodes peuples de l’Ouest. Le grand rituel de celle-ci n’avait lieu que tous les 50 ans et durait une année entière.

Le Sous-groupe Kweni ou Gouro

En traversant le Sassandra, nous abordons le domaine du sous-groupe Kweni ou Gouro qui comprend les Kweni et deux ethnies minuscules : les Mwanu (ou Mona) et les Ngwanu (ou Ouan).

Les Kweni

Les Kweni ou Lo pour les Malinké, plus connus sous le nom de baoulé de Gouro, sont un peuple important; ils sont échelonnés du Sassandra au Bandama et, surtout vers l’aval, le long de la rive droite de ce fleuve. Leur domaine est une pénéplaine monotone, hérissé de quelques inselbergs, mais le fait essentiel est qu’il est à cheval sur la zone des savanes, vers Zuénoula, et sur la grande forêt vers Vavoua, Bouaflé et Sinfra. Comme pour les Dan, dont la langue est très proche, les ancêtres, porteurs de cette culture, étaient jadis établis plus au nord, notamment vers Koro, au sud d’Odienné. Dès le XVII ème siècle ils se trouvaient déjà rejetés vers les marges forestières (Vavoua, Zuénoula), les Malinké tenant en force l’axe Séguéla-Mankono.

Les kweni ont établi depuis des siècles des relations commerciales fondées sur le commerce du kola, ce qui explique que de nombreuses lignées d’origine Dioula se soient fondues parmi les Kweni du Nord dont ils ont influencé la culture.

Mais les Kweni s’étaient largement étalés à l’est de Bandama, jusqu’à la région de Bouaké. C’est de là qu’ils furent refoulés au début du XVIII ème siècle par la mise en place de la société Baoulé, avec qui eurent lieu des métissages et des échanges culturels importants. Une tribu Kweni, les Yaouré, est restée en arrière complètement encerclée par les Baoulé qui lui donnent le nom de Kanga-Bonu, « les esclaves de la forêt ». Les autres ont reflué à l’Ouest du Bandama, très au sud vers Oumé, où ils ont refoulé les Gban (Gagou), et aussi de Sinfra à Bouaflé où ils se sont trouvés au contact des Bété dont ils ont absorbé de nombreux lignages; tel est le domaine où les ont trouvés les conquérants français, qui se sont heurtés chez eux, jusqu’en 1912, à une résistance particulièrement acharnée.

Les Kweni s’opposent fortement aux Dan par les rites religieux, le style de la sculpture et certains aspects de l’économie, mais les structures sociales de base, comme la langue, sont extrêmement proches.

Comme chez les Dan, des nuances assez importantes distinguent la culture des groupes du Sud, établis en pleine forêt, de ceux du Nord, marqués par leur milieu de savane et une influence Malinké sensible.

La densité est très variable; forte en savane, elle est faible en forêt. Les villages étaient très petits dans le Sud, comptant généralement moins de 200 habitants en moyenne mais, à l’époque coloniale, leur taille a plus que doublée. Ceux du Nord ont toujous été plus importants (de 500 à 1.000 habitants). Leur architecture est moins uniforme que chez les Dan; à côté des grandes cases rondes, on trouve une forme ovale dans le Sud, où existaient jadis des cases en couronne (avec cour centrale) analogues à celles des Gban.La rareté de l’eau en surface, surtout en forêt, explique souvent la localisation des villages.

Les Kweni sont organisés comme les Dan en lignages patrilinéaires (goniwuo) unis par les mariages patrilocaux et polygamiques. Ces lignages sont regroupés en clans (sonè). Une ou plusieurs lignages constituent un village (fla), qui est l’unité politique de base. Plusieurs villages constituent une alliance, ou ben, mot que les Français ont traduit par tribu. Il s’agit d’une société démocratique, égalitaire et sans état. On n’y trouvait pas de véritables chefs, car les migone étaient seulement des notables influents dont le titre n’était pas hérité. Leur pouvoir était purement individuel et ne s’étendait au-délà de leurs villages que s’ils contrôlaient l’ordre sur des marchés importants. Il n’y avait pas de chef de ben : à tous les niveaux, l’autorité appartenait à des conseils.

Les villages ici sont divisés en deux moitiés opposées dont le rôle militaire et rituel était important, surtout dans le Nord. Traditionnellement, les Kweni ne possédaient presque pas d’esclaves; les prisonniers, s’ils n’étaient pas intégrés à la famille de leur maître, étaient vendus aux Dioula acheteurs de kola.

La religion chez les Kweni a deux aspects : le culte des ancêtres, dans le cadre de chaque lignage, et celui des esprits de la nature qui prend l’aspect de grandes sociétés dites secrètes, dont les masques remarquables, parmi les plus beaux d’Afrique Noire, ont influencés la sculpture des Baoulé. Ces sociétés sont inégalement réparties : si le gyè se trouve chez tous les Kweni, le yunè n’existe que dans le Nord.

Comme chez les Dan, l’agriculture itinérante repose avant tout sur le riz, mais en seconde place l’igname a nettement supplanté le manioc. Le coton est cultivé dans le Nord et la banane dans le Sud. C’est aussi dans le Sud que l’on trouve la kola dont l’exportation a joué un rôle historique majeur. Tous les marchés traditionnels se trouvaient en effet concentrés dans le Nord, où les Dioula venaient faire leurs achats. Depuis l’époque coloniale, le café et, dans le Sud, le cacao, jouent un rôle croissant, cequi ébranle l’ancien système d’autosubsistance.

La chasse collective au filet, qui influence toute la structure sociale, était importante surtout en forêt. La pêche ne jouait qu’un rôle secondaire. L’artisanat était considérable; les tisserands fabriquaient de remarquables tissus aux motifs symboliques, mais les forgerons travaillaient exclusivement du fer acheté aux Malinké.

Comme chez les Dan, les Kweni possèdent donc une cultureque ses traditions rattachent au Nord, dont l’influence n’a jamais cessé, mais qui s’est depuis des siècles adaptée à un milieu forestier.

Les Mwanu (ou Mona) et les Ngwanu (ou Ouan)

Les Mwanu et les Ngwan sont deux très petits peuples, que l’on trouve établis en savane entre Mankolo et Zuénoula sur la frontière nord des Kweni; Ceux-ci les ont chassés au XVIII ème siècle de leur ancien habitat, proche pour les Mwanu, mais beaucoup plus méridional pour les Ouan. Leurs langues sont distinctes du kweni, bien qu’assez proches, surtout celle des Mwanu; leur organisation sociale et leur économie sont presque identiques à celles des Kweni du Nord, mais leurs cultes, et surtout leurs systèmes d’initiation, proches des Malinkés païens, sont très différents.

Les Sous-groupes Gban et Ben

Notre revue des Mandé du Sud s’achève par l’étude de deux petits peuples, que l’on peut considérer comme des éléments résiduels et marginaux, mais qui paraissent avoir peu de chose en commun, puisqu’ils sont séparés dans l’espace, ont des économies très différentes et ne revendiquent aucune tradition commune; et pourtant, de nombreux indices, que l’étude linguistique paraît confirmée, donnent le sentiment qu’ils sont étroitement apparentés.

Les Gban ou Gagou

Les Gban sont généralement connu sous le nom de Gagou (du baoulé : Kago) que leur donnent les Kweni. Ils sont retirés dans un étroit terroir forestier à l’Ouest d’Oumé. En raison de leur petite taille, on a longtemps voulu voir chez ceux un élément pygmée; quoi qu’il en soit, il est surprenant de trouver un peuple Mandé implanté aussi loin au coeur de la forêt, avec une culture typiquement forestière, sans la tradition nordiste qui est partout présent chez les Kweni. Entre la culture des Gban et celle des Kweni du Sud, les ressemblances sont cependant notables, mais précisément dans la mesure où celle-ci s’est adaptée à la forêt et démarquée de celle du Nord.

En dehors des traditions locales très vagues, les Gban ne se souviennent pas d’une grande migration collective; on peut simplement dire qu’ils ont été refoulés au XVIII ème siècle par les Kweni du Sud qui fuyaient les Baoulé.

Contrarement aux Kweni du Sud, les Gban occupent leur pays avec une assez forte densité et leurs villages sont beaucoup plus grands, comptant jadis en moyenne plus de 500 habitants. Ces villages étaient remarquables par leurs cases en couronne, à impluvium, qui ont été interdites par l’autorité militaire peu après la conquête française et ont depuis lors presque disparu.

Les Gban se répartissent en concessions ou soo regroupées en quartiers ou gligba et en villages ou ba; ils constituent une société bilinéaire divisée en lignages patrilinéaires, les sowidi, qui régissent la chasse au filet et la politique : ils s’inséraient jadis au niveau du village et à présent à celui du quartier. Mais la société est également répartie en lignages matrilinéaires, les kpè, dont dépendent les alliances et les héritages. Chaque village appartient à l’une des quatres tribus qui est en fait une zone d’arbitrage et ne possède aucun chef, du fait du caractère démocratique de la société Gban.

Dans leur religion, mal connue, le culte des esprits de la nature paraît avoir été plus important que celui des ancêtres. Les Gban ont connu une économie d’éleveurs, avec de nombreux boeufs de la petite race des lagunes et surtout d’arboriculteurs. Le taro était la nourriture de base, la banane était appréciée et très valorisée, le riz par contre était ignoré.

La kola, récoltée à l’occasion, ne jouait aucun rôle important et n’était pas exporté; tout reposait sur la chasse, surtout la chasse collective au filet, dont l’organisation était en rapport avec l’ensemble de la structure sociale. La cueillette jouait aussi un grand rôle; tout cela rappelle la civilisation des Bété et des Dida, de la langue Krou.

L’artisanat était assez médiocre et les forgerons peu nombreux, les Gban passaient pour d’excellents tisserands et ils cultivaient jadis le coton; les marchés étaient inconnus.

Il s’agit donc d’une civilisation typiquement forestère et très répliée sur elle-même; seule l’importance du tissage surprend dans ce tableau.

Les Ben ou Ngen

Les Ben, plus connus sous le nom de Ngen que leur donnent les Baoulé del’Ano, vivent bien loin des Gban, sur la rive ouest du Comoé.
Ceux du fleuve marquent une forte tendance à abandonner leur langue au profit de l’Agni-Baoulé de l’Ano, parlé par la classe dirigeante qui les dominent depuis le XVIII ème siècle; la langue reste vivant dans l’Ouest, près de Mbahiakro.

Les Ben paraissent avoir occupé jadis un vaste territoire jusqu’à Bondoukou, où ils forment encore un groupe autochtone, submergé par les Sénoufo, Nafana, les Koulango et les Dioula, et qui ne parle plus sa langue. Leurs traditions orales les font venir de l’est, près d’Accra, qui est effectivement le pays des Gan, peuple de la famille Ewé; cela est évidemment impossible pour un peuple de langue Mandé mais on peut admettre qu’à un moment, lors des migrations Akan, des lignages d’origine orientale se sont fondus parmi les Ben, vers le Comoé, et leur ont transmis leurs traditions.

Les Ben ont subi une très forte influence des Akan, et ils sont parmi les très rares Mandé à être organisés en lignages matrilinéaires, dispersés dans l’espace puisque le mariage est patrilocal. Ces groupes familiaux sont groupés en gros villages autonomes, mais soumis depuis des siècles aux maîtres politiques de l’Ano.

L’habitat traditionnel est une case à impluvium, en couronne plus ou moins régulière, qui est tout à fait différente de la grande case à cour des Akan, mais rappelle, en plus grand, la maison traditionnelle des Gban.

Cette petite société tenue depuis des siècles dans une étroite dépendance, est avant tout intéressant par sa vie économique. Nichés dans une forêt épaisse, les Ben sont en effet les producteurs des célèbres kola blanches de l’Ano, ce qui les met depuis longtemps en contact étroit avec les Dioula, dont ils comprennent tous la langue. Ils cultivent par ailleurs l’igname et la banane, mais n’ont pas de boeufs et pêchent peu. La chasse et la cueillette étaient par contre assez importantes; l’artisanat était très médiocre; les Ben Achetaient des tissus et des objets de fer en échange de leur kola.

Cette société à la fois dépendante et hautement spécialisée est évidemment marginale par rapport au monde Mandé auquel sa langue la rattache.

Sources et Documentations : I.L.A – Institut de linguistique appliquée

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