La sous-préfecture d’Iboguhé

Créée par décret N°1997-18 du 15 janvier 1997, la Sous-Préfecture d’Iboguhé, née de la scission de la Sous-Préfecture d’Issia, n’a été ouverte qu’en 2007 avec la nomination de son premier Sous-Préfet, le 15 août de la même année. Elle comprend dix-sept (17) villages et une centaine de campements. Son chef-lieu IBOGUHE signifie littéralement: « Village de IBO» ; IBO étant le nom de l’ancêtre des Niabouas de cette contrée.

A. SITUATION GEOGRAPHIQUE

Faisant partie des sept (07) Sous-Préfectures du Département d’ISSIA, la Circonscription administrative d’Iboguhé est limitée:

– au nord par les Sous-Préfectures de Guessabo (Département de Zoukougbeu) et Gboguhé (Département de Daloa) ;

– Au sud par les Sous-Préfectures de Buyo (Département dudit) et de Namané (Département d’Issia) ;

– à l’ouest par le fleuve Sassandra ;

– et à l’est par la Sous-Préfecture d’Issia (Département dudit).

Son chef-lieu est situé à trente (29) km d’Issia.

B. VEGETATION ET CLIMAT

La Sous-Préfecture d’Iboguhé jouit d’une végétation forestière propice aux cultures industrielles et vivrières. Le couvert végétal, jadis constitué de forêts denses, a fait place aux cultures industrielles telles que la cacaoculture, la caféiculture et l’hévéaculture. L’exploitation intensive des bois d’œuvre et d’ébénisterie a progressivement contribué à la dégradation du revêtement végétal d’origine.

Le climat est de type Attiéen avec deux (02) saisons de pluies et deux(02) saisons sèches. Toutefois, il faut noter que eu égard aux activités humaines sus-indiquées, le climat connait un changement et tend à s’apparenter à celui dit »Baouléen », propre aux régions du centre avec une irrégularité des précipitations.

C. RELIEF, SOL ET HYDROGRAPHIE

Le relief est constitué de plaines, collines et plateaux et de nombreux bas-fonds. Le sol graveleux et profond est très propice à l’agriculture, ce qui explique son occupation par de vastes exploitations agricoles de toutes espèces de cultures.
La Sous-Préfecture d’Iboguhé qui compte plusieurs cours d’eau est mouillée par le fleuve Sassandra qui constitue la limite naturelle, à certains endroits, avec le Département de Buyo.

CHAPITRE II: PEUPLEMENT, POPULATION ET HABITAT

A. PEUPLEMENT ET POPULATION

La population est composée d’autochtones que sont les Niabouas, d’allochtones et d’allogènes. En effet, de par son positionnement en zoneforestière, propice à la culture du café et du cacao, la Sous-préfecture d’Iboguhé a été pendant plusieurs décennies, l’objet d’attraction des peuples allochtones qui se sont implantés par vagues successives pour des raisons économiques. Ce sont notamment les Baoulés, les Senoufos, les Malinkés, les Lobis et les Wans. A ces Ivoiriens, s’est ajoutée une importante colonie d’étrangers venus des pays de la CEDEAO dont les plus nombreux sont les Burkinabés. Toutes ces populations vivent en parfaite harmonie malgré les nombreux conflits fonciers entre communautés autochtones, allochtones et allogènes.

Selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2015, la population de la Sous-Préfecture d’Iboguhé est estimée à 41.768 habitants qui vivent sur un territoire d’une superficie de 670 km2. Les populations sont reparties dans les villages et campements s’y rattachant comme suit :

Villages Populations en 2015:

Iboguhé : 5.647
Saliéguhé : 3.483
Aboka (Iroboguhé, Liahinou et Bozahinou) : 12.126
Kéliéguhé : 1.042
Tapéguhé : 1.458
Béliéguhé : 1.139
Zédéguhé : 2.936
Bocareguhé :1.357
Gueyéguhé : 290
Seliéguhé : 5.198
Nianabéhi : 1.041
Dadeguhé : 3.082
Kéraoréguhé : 1.127
Békié : 1.099.

B. HABITAT

L’habitat en pays Niaboua se modernise peu à peu. Les cases en banco sont en train de disparaitre au profit des cases en dur et même des villas. Cependant, les constructions sont très peu et constituent de ce fait, l’une des difficultés majeures auxquelles sont confrontés les fonctionnaires et agents de l’Etat en service à Iboguhé en termes de logement et de locaux pour les services administratifs et techniques.

CHAPITRE III: ORGANISATION TRADITIONNELLE ET CULTES

A. ORGANISATION TRADITIONNELLE

L’Administration coloniale avait subdivisé tout le territoire ivoirien en Cantons et en Tribus. Ainsi, la circonscription administrative d’Iboguhé comprend un seul canton (le canton Niaboua) et quatre (04) tribus définies comme suit : Bêkoua ; Kiprahinou ; Dogbabo ; Tétrabo.

B. CULTES

Les obédiences religieuses pratiquées dans la circonscription administrative d’Iboguhé sont le christianisme, l’islam et l’animisme. Elles coexistent pacifiquement dans les différents villages et campements de ladite circonscription à l’exception des «confréries panthères» dont les membres s’obstinent à poursuivre leurs activités bien qu’ils aient été interdits de toute activité dans le Département d’Issia suite aux nombreuses exactions commises et malgré l’opposition des populations.

CHAPITRE IV : DOMAINE ECONOMIQUE

Certes l’agriculture représente l’activité économique dominante, cependant les secteurs comme l’élevage, le commerce et la pêche ne sont pas à négliger.
A. AGRICULTURE

La population agricole de la Sous-Préfecture d’Iboguhé est fortement dominée par les Allochtones qui pratiquent prioritairement les cultures de rente, et de façon accessoire, les cultures vivrières en grande partie destinées à la consommation domestique.

1. Cultures de rente

a. Binôme café-cacao

Cultures d’introduction ancienne, le café et le cacao occupent environ 90% de la population paysanne. Mais le verger assez vieillissant ne fait pas l’objet de rajeunissement systématique comme le recommande les encadreurs.

b. Hévéaculture et palmier à huile

Ces deux cultures, introduites plus récemment, connaissent une expansion rapide au point de remplacer à brève échéance, le café et le cacao. Elles sont pratiquées par les jeunes agriculteurs tant autochtones, allochtones qu’allogènes.

2. Cultures vivrières

Aux cultures sus-indiquées, s’adjoignent les produits vivriers tels que le riz, le maïs, le manioc, la banane, l’igname, la patate douce, la tomate, le gombo, l’aubergine, etc. ; boostant, pour ainsi dire, l’activité agricole à telle enseigne que la circonscription d’Iboguhé se targue d’être le grenier du Département d’Issia.

B. ELEVAGE

L’élevage de bovins, ovins, caprins et la volaille est pratiqué de façon traditionnelle et encadré par la Direction Départementale des Ressources Animales et Halieutiques d’Issia.
1. Bovins

L’élevage de bovins se fait aussi bien dans les villages que dans les campements. La filière est entièrement contrôlée par les étrangers qui disposent de parcs de nuit contenant en moyenne une soixantaine de têtes.
2. Ovins, caprins

L’élevage d’ovins (moutons) et de caprins (chèvres) est pratiqué dans tous les villages mais beaucoup plus dans les campements des allogènes.

C. VOLAILLE

La volaille concerne essentiellement l’élevage de poulets. Il est pratiqué de façon traditionnelle. L’élevage moderne se fait de façon saisonnière, notamment en prélude aux fêtes de fin d’année.

D. PECHE

Elle est pratiquée de façon professionnelle par les pêcheurs maliens communément appelés « bozos » dont les produits sont essentiellement destinés à la commercialisation mais également de façon artisanale par les autochtones (les femmes) pendant la période d’étiolement des rivières. Les pêcheurs professionnels exercent leurs activités sur le fleuve Sassandra à l’aide de pirogues et de filets. Ils sont installés dans trente et un (31) campements construits le long du fleuve. Ce sont ces pêcheurs qui approvisionnent les marchés d’Iboguhé et même d’Issia. L’encadrement et la supervision des activités de pêche sont assurés par les agents du Bureau Pêche logé au sein de la Direction Départementale des Ressources Animales et Halieutiques d’Issia. Ces agents manquent quelques fois de moyens suffisants pour accomplir leurs missions.

E. COMMERCE

Le commerce occupe une place de choix dans l’économie locale. Il est particulièrement actif du fait de la tenue de marchés hebdomadaires au Chef-lieu de la Sous-préfecture et dans de gros villages et campements. Ces marchés sont animés par de nombreux commerçants ambulants qui vendent des produits manufacturés de grande consommation et des effets vestimentaires puis achètent des produits vivriers commercialisés par les paysannes des campements et ce, tous les jours de la semaine et à différents endroits de la circonscription. A cela, il faut ajouter les campagnes agricoles de commercialisation du café et du cacao. Pendant cette période, de nombreux pisteurs envahissent les villages et campements pour acheter ces produits agricoles pour le compte des acheteurs et des coopératives d’achat en vue d’approvisionner leurs magasins installés au Chef-lieu ou à Issia. Dans la Sous-préfecture d’Iboguhé, l’on dénombre 06 coopératives d’achat et 06 acheteurs individuels.

F. SOUS-SOL

La Sous-Préfecture d’Iboguhé semble disposer d’un sous-sol riche en minerais notamment l’or et le colombo-tantalite et ce, au regard des nombreuses demandes d’autorisation d’exploitation semi-industrielle de ces minerais formulées par diverses entreprises mais aussi des activités de recherche minière qui ont lieu dans la zone.

G. TRANSPORT ET VOIES DE COMMUNICATION

Le transport dans la Sous-Préfecture d’Iboguhé n’est pas organisé. Les différents villages sont desservis par des minicars communément appelés « BADJAN » ou « DINA » ou par tous véhicules traversant la circonscription par la voie bitumée. Mais depuis le mois d’août 2017, les populations d’Iboguhé connaissent un soulagement avec l’installation de la compagnie de transport TDF (Transport Diabaté &Frères) ralliant désormais la circonscription à la capitale économique (Abidjan).

En matière de télécommunication, la circonscription administrative compte au total cinq (05) antennes relais dont deux (02) à Iboguhé (Orange et MTN), un (01) à Aboka et deux (02) à Séliéguhé. Toutefois, le réseau de téléphonie mobile ne couvre pas tout le ressort territorial de la Sous-Préfecture d’Iboguhé.

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