La commune D’Anyama

Anyama est située à environ 10 km d’Abidjan. Elle est incluse depuis 2001 dans le district d’Abidjan et accueille une sous-préfecture. La ville compte environ 160 000 habitants.

Elle est limitée au nord par les villes d’Agboville et de Bingerville, les communes d’Abobo et de Yopougon, et à l’ouest par Songon. Reliée à l’agglomération abidjanaise par la voie routière expresse via Abobo et Yopougon, Anyama est aussi accessible par la voie ferrée sur la ligne Abidjan-Ouagadougou.

En l’espace de 20 ans la population a plus que triplé. Avec une croissance moyenne de 8%, Anyama présente l’un des taux de croissance les plus élevés à l’échelle nationale. La densité de l’espace urbanisé est de 114/ha.

Anyama est située dans une zone forestière. Elle bénéficie de nombreuses infrastructures économiques, comme les marchés de ses villages et ses quartiers. la nouvelle gare routière et ses magasins, les commerces du grand marché etc. aujourd’hui à cela les entreprises privées telles qu’Unicafe, Sicafe et la Scierie. Les équipements socioculturels actuels se composent d’un centre culturel et d’un foyer de la femme. Dans certains villages d’Anyama, on trouve également des foyers de jeunes.

Le mot Anyama est un dérivé du mot « Gnan », un groupe d’autochtones (sous-groupe Attié) qui furent les premiers à occuper l’actuel Anyama.

Anyama a été érigée en 1985 en commune. Elle fut dirigée par le maire M. Koffi Michel de 1985 à 1995. A sa suite se sont succédés plusieurs maires dont l’actuel est Monsieur Amadou Sylla élu en 2013. Anyama comporte plusieurs quartiers dont les principaux sont : Michelbougou, Anyama gare, Palmeraie, Zossonkoi, Résidentiel, Schneider, Belle-ville , quartier Sylla, quartiers Ran et Ran Extension, quartiers CGE et CGE extension, Christiankoi (I et II).

9 villages font partie de cette commune : Ahouabo, Anyama-Adjamé, Yapokoi, Ebimpé, Akéikoi, Azaguié blida, Quatre Croix, Thomasset, Abbébroukoi.

Histoire

La ville actuelle d’Anyama est née avec l’implantation du chemin de fer en 1905 où, autour de la gare d’Anyama, s’était installée une petite communauté dioula dominée par les malinké d Odienné ( Samassi, Diaby, Sylla, Cissé, Touré Doumbia, savané, Koné, etc….) et aussi une petite proportion des de maliens, guinéens et burkinabè.

La communauté s’agrandit peu à peu avec l’avancée du rail vers le Nord. Et très rapidement, les planteurs autochtones Attié, établis a 6km du rail dans le village d’Anyama-Zansakoi, rejoignent la voie ferrée et créent en 1923, un village contigu au quartier dioula( Odiennékabougou ou Odiennékaïbra).En 1958, Anyama compte 3000 habitants et surtout connue comme le principal centre colatier du pays. Les Odiennéka affluent dans la petite ville, pour la collecte de cola et le stockage dans des magazins de cola ou  » Woro Böo » afin de les commercialiser dans le Nord. En 1966, La population est estimée a 11242 et en 1975 a 26406 âmes avec 50% de Odiennéka du total contre 18,1% d Attié autochtones. Des lors prèsque toutes les études qualifieront ANYAMA de « Cité Odiennéka ».
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En raison de l’importance des Odiennéka dans la ville, ANYAMA est très tôt un centre commercial actif, avec 53, 4% des actifs dans le commerce et et le transport. En 1975, 70% des transporteurs sont Odiennéka et le commerce de la cola constitue la base de la prospérité de la cité avec 20% des actifs dans activité. Ainsi les Odiennéka créent << une bourse de la cola>> fondée sur les structures familiales.

Tous les commerçant se connaissant, ils créent des liens de parenté et familiaux. Les Samassi d ANYAMA appellent d autres Diaby de divo, les Cissé de Sôkôrô appellent les Sanogo de Mafèlè, … Les DOUMBIA de Bodougou appellent les Fanny de Kaniasso, les Diarra de Kouban appellent les Sidibé, Sangaré de minignan, ainsi de suite…

Les fêtes culturelles à Anyama

Comme toutes les ethnies du groupe Akan, les autochtones des villages d’Anyama célèbrent également la fête des ignames qu’ils appellent (le Yablê). Elle est célébrée au mois d’Août à Ebimpé l’un des villages d’Anyama. C’est une célébration qui rassemble tous les fils et filles d’Anyama. En fait, la fête des ignames marque une année nouvelle. Tout doit être purifié, lavé. Les prêtresses chargées des rites et cultes aux ancêtres font des rituels, dansent et prononcent des paroles afin d’éloigner la ville du mauvais sort. Elles confient aussi les vivants aux esprits des ancêtres. Ils les garderont et procureront santé, paix, longévité, bonheur et abondance.

Tout commence quelques jours avant le jour J. On sort les Tam Tams pour annoncer à travers des messages le début de la fête. Chaque maisonnée doit refaire sa toilette, nettoyer la maison, l’embellir et se rendre prêt pour le jour de la fête.

Au cours de cette journée sont sortis, les objets sacrés de rituels. Vous avez les tabourets et chaises royales qui servaient dans les temps anciens à la célébration. Vous avez également l’exposition de plusieurs objets d’art qui ont appartenu aux ancêtres et qui font partie de la richesse des nouvelles générations. Beaucoup de ces objets sont en or, en argent ou en bois de haute qualité.

On procède après les bains purificateurs faits par les prêtresses au sacrifice de bêtes grasses pour les offrir aux ancêtres. A travers des prières, on les remercie pour l’année écoulée et on leur demande protection pour la nouvelle année.

Le sang des animaux sacrifiés sert à badigeonner les sièges et tabourets sacrés utilisés depuis des siècles par les ancêtres et fortement gardés. Une igname est également préparée et exposée devant ces sièges et statuettes, comme une offrande aux ancêtres. C’est seulement après ces rituels qui marquent le début de la nouvelle igname que l’ambiance à proprement parler peut commencer. Au menu, chants, ballets, défilés, allocution des autorités invitées… Je vous invite au mois d’Août prochain à célébrer avec TripAfrique la fête des ignames (le Yablê) à Anyama (Ebimpé). La nouvelle igname récoltée peut être mangée après cette fête. Elle est également autorisée à la vente dans les commerces uniquement après cette fête.

La fête de génération du peuple « Gnan »

Le 15 Août 2015 s’est déroulée, la fête de génération du peuple Gnan d’Anyama.la génération « Mounan » faisait sa sortie sur la place publique d’Anyama-Ahouabo. C’est une fête qui célèbre les classes d’âges des jeunes hommes et jeunes filles. La génération désigne des personnes nées dans un intervalle de 15 ans au moins. Au cours de la cérémonie, la génération dirigeante passe le flambeau à celle qui dirigera les affaires du village. A travers ce flambeau, la classe qui la reçoit passe à l’âge de la maturité. On procède entre autres à la cérémonie de maturation des jeunes filles et des jeunes hommes du village. Ces derniers ont désormais le droit à la parole dans les assemblées et peuvent prendre des décisions dans les affaires du village.

Les Komians (prêtres et prêtresses) sont aussi de la fête. Ils jouent un rôle très important avant et pendant la fête. Ce sont eux qui sont chargés de la purification des lieux, des prières pour cette fête afin de dire merci aux ancêtres. Ils demandent également aux ancêtres d’assister la nouvelle génération dans les décisions des affaires du village.

Au cours de la fête de génération, les guerriers sont ceux qui attirent le plus de foule. Ils sont maquillés avec de la poudre blanche et du charbon, ce qui fait vraiment peur. Ils ont le regard perçant, le sabre à la main, des feuilles de palmier tissé en guise de couronne. Ils marchent en exécutant des pas de danses guerrières. En général, ils attachent un pagne rouge (symbole de sang) autour de la taille. L’un parmi les guerriers est désigné pour représenter le groupe. Il est choisi par ses camarades d’âge pour sa sagesse, son leadership, son influence sur les autres.

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