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La Sous-préfecture de Djébonoua

La Sous-préfecture de Djébonoua, née de l’éclatement en 1985 de l’ancienne circonscription de Bouaké, a été érigée en Commune par décret n° 95-941 du 13 décembre 1995 portant création de nouvelles communes.

Après les élections municipales de 1996, l’équipe dirigeante de la toute nouvelle commune de Djébonoua a été installé avec à sa tête, Monsieur KONAN N’dri Albert. La deuxième équipe municipale du 25 mars 2001 composée de 26 membres avec 23% de femmes a été dirigée par Madame KONAN-BROU Amoin Annabelle maire de la commune, secondée par 3 adjoints : Les élections couplées municipales/conseil régional du 24Avril 2013 se sont soldées par le renouvellement de cette équipe. Celle-ci composée de 29 membres est dirigée par Monsieur TAIGUAIN Koffi Edmond maire de la commune, secondée par 3 adjoints : Mr KONAN N’guessan, 1erAdjoint Mr KOUAME Christophe Kouassi, 2ème Adjoint Mme ADJE Tanoua Marie, 3ème Adjoint La Municipalité s’est fixée comme préoccupation majeure de faire de cette modeste commune, une citée moderne et modèle. La situation actuelle de cette commune, ses potentialités, ses us et coutumes, son patrimoine dont elle est fière, sont autant d’atouts pour atteindre cette ambition légitime.

Situation géographique
Djébonoua est située à 19 km de la ville de Bouaké et à environ 80 km de la Capitale politique Yamoussoukro sur la Nationale A3 reliant les deux villes et distante de 310 km d’Abidjan, capitale économique. La circonscription de Djébonoua fait partie du département de Bouaké, de la Région de Gbêkê. Djébonoua est chef-lieu de Sous- préfecture et de Commune. La Commune de Djébonoua est limitée au Nord par la Commune de Bouaké, au Sud par le Département de Tiébissou, à l’Est par le Département de Didiévi et la Sous-préfecture de Tié-N’diékro et à l’Ouest par le Département de Sakassou. De par sa situation, la Commune de Djébonoua constitue la porte d’entrée de la Région de Gbêkê.

Milieu physique

Relief
Le relief de la commune de DJEBONOUA est composé essentiellement de plaines et de bas-fonds. Les bas-fonds les plus importants sont : Kondoukro (20 ha), Lengbré (35 ha) et Kanouan (30 ha). A ceux-là s’ajoutent d’autres bas-fonds estimés à environ 50 ha. Les sols sont agressés par l’érosion qui creuse les surfaces dépourvues de végétations. A certains endroits, les dénivellationsvontjusqu’à2 m.

Climat
Le climat de la commune de Djébonoua correspond à un régime Equatorial de Transition atténué (climat Baouléen). La pluviométrie moyenne est environ de 1.101 mm, avec une température annuelle moyenne qui avoisine 25°C.

Ce climat est caractérisé par quatre (4) saisons :
– une grande saison de pluies de mi-février à mi-juillet;
– une petite saison sèche de mi-juillet à mi-août;
– une petite saison de pluies de mi-août à mi-novembre;
– une grande saison sèche de mi-novembre à mi-février, comportant toutefois quelques précipitations isolées.

Il faut noter que, compte tenu de la grande variabilité de l’avancée du front intertropical et la destruction du couvert végétal due à l’intensité des activités agricoles, on note une diminution des précipitations de façon générale (la hauteur moyenne d’eau varie entre 1000 mm et 1200 mm), l’irrégularité des quantités de pluies et enfin le prolongement de la période de sécheresse.

Végétation
La commune est située dans une région de savane arborée. Avec l’action humaine (plantations, feux de brousse, exploitation industrielle du bois, bois de chauffe, charbon etc.), on constate une disparition de l’essentiel des arbres. Cependant, il existe encore des espaces arborés (Lengbré, Kanouan et Adjékro) le long de la rivière Kan. On peut citer en outre les forêts dites sacrées préservées à l’état primaire.

Faune
Malgré la disparition de certaines espèces, on trouve des aulacodes, des rats, des biches, des perdrix, des lapins, etc. Hydrographie

Le régime hydrique dans la commune de Djébonoua est de type équatorial de transition, il est atténué. La saison des moyennes et hautes eaux s’étale de mai à novembre, et connaît un dédoublement de la crue annuelle généralement peu marquée, avec une pointe en septembre – octobre.

La Commune de Djébonoua est drainée par des ruisseaux, tous tarissables en saison sèche à l’exception de la rivière le Kan (affluent du N’ZI) et son affluent le Kamélé qui servent de frontière naturelle à l’Ouest avec le Walèbo. Le Kan est la rivière la plus importante et elle alimente les bas-fonds de Lengbré, de Kanouan et Attohou. On peut également citer un cours d’eau non moins important, le Kplala. La valeur des débits d’étiage est essentiellement liée aux régimes pluviométriques et aux possibilités de rétention des bassins versants. En l’absence de précipitations, les débits d’étiage sont en effet alimentés exclusivement par la vidange des nappes alluviales et souterraines. Les premières sont d’autant plus développées que le bassin versant est plus grand et les pentes faibles. Les secondes sont plus intimement liées au substratum. Les nappes souterraines ont une certaine extension dans les régions au substratum granitique, mais sont par contre très peu développées, voire inexistantes lorsque le substratum est schisteux.

Pédologie du milieu
La Commune de Djébonoua est caractérisée par une forte érosion du sol. Cette dégradation, laisse apparaître des carrières de sables et de graviers. La commune est, par endroits, drainée par des ruisseaux tarissables en saison sèche. La zone de Djébonoua, en raison de sa pédologie et de son climat, est propice à la production de cultures vivrières telles que l’igname, la tomate, le manioc, le maïs, le riz, le gombo, le piment, la pistache, l’aubergine, l’arachide, etc. En plus de ces cultures s’ajoutent des spéculations comme l’anacarde et le palmier à huile.

Caractéristiques humaines Historique
Autrefois, le village s’appelait KOUAKRO. C’était pour le différencier d’un autre village portant le même nom que les sages ont trouvé mieux de lui donner le nom de N’DJEBONOUAN qui se décompose comme suit : « N’DJEBO », c’est le nom donné à la forêt aux fourmis magnans. « NOUAN » veut dire au bord de… En clair, N’DJEBONOUAN signifie le village situé au bord de la forêt aux fourmis magnans. Par déformation, le nom N’DJEBONOUAN est devenu DJEBONOUA.

Le fondateur du village qui fut le premier chef s’appelait YAKO KOUA dont le village initial portait le nom. Après sa mort, ce fut Nanan KOUADIO YOBOUE, son cousin, qui lui succéda jusqu’en 1935. De 1936 à 1973 le village fut dirigé par Nanan KONAN N’GUESSAN dit GBAMLE. De 1974 à 1992, Nanan KOUAKOU KOFFI dit KODAN occupa le trône. Par la suite, nous avons connu le titre de CANTON et le premier fut Nanan KOUADIO KONAN. Après lui se sont succédé au trône Nanan ALLOU KONAN, Nan KOUAGNY-BLE AFFOUE, et Nanan KOUADIO KONAN II qui est l’actuel chef de canton.

Caractéristiques ethno-sociologiques

Au plan démographique, la commune de DJEBONOUA est peuplée à l’origine de populations Baoulé, faisant partie du grand groupe Akan. Le territoire communal comporte 47 villages plus le centre urbain, répartis en trois (03) tribus : le N’DJE, le MOUGNAN et le GBADAHOU. Ces tribus constituent une seule famille ethnosociologique du Canton SAH, sous-groupe du groupe ethnique Baoulé. La répartition des villages de la commune, en fonction des tribus, est la suivante : – la tribu N’djé compte 17 villages, – la tribu Mougnan 23 villages, – la tribu Gbadahou, 13 villages. Chaque village est sous l’autorité d’un chef, de même que chacune des trois (03) tribus du canton Sah est placée sous l’autorité d’un Chef, issu d’une succession matrilinéaire. Le Chef de Canton était traditionnellement désigné au sein de la tribu Mougnan toutefois, pendant la période coloniale, cette disposition a subi une modification de sorte que, c’est au sein de la tribu N’djé que se fait la désignation du chef de canton. Notons que la chefferie traditionnelle est reconnue par l’administration avec laquelle elle a des rapports de bonne intelligence. L’actuel Chef de canton est Nanan KOUADIO KONAN 2. Mais aujourd’hui, il est vain de vouloir continuer de raisonner en termes de tribus compte tenu de la similitude dans les comportements sociologiques, culturels et économiques d’une part et d’autre part du brassage qui s’est opéré depuis très longtemps entre ces trois (03) tribus. A ce jour, les populations se considèrent comme issue d’une seule et même famille ethnosociologique. Les chefs de villages et de tribus sont des auxiliaires de l’administration centrale représentée localement par le Sous-préfet.

Caractéristiques démographiques
La circonscription sous-préfectorale compte 28563 habitants (selon le dernier recensement), avec une prédominance de la population féminine liée à la forte migration masculine vers les zones urbaines et les zones forestières de l’Ouest et Sud-Ouest dont est victime la région Centre de la Côte d’Ivoire mais. Cette population est doublée durant la période de pâques au mois de mars et avril qui est le moment des retrouvailles de toute la population partie vers d’autres horizons et cela représente un attrait touristique à découvrir. Le territoire communal présente également les mêmes caractéristiques. Le rapport de masculinité est toujours en faveur des femmes, soit 70%. Le nombre de ménages identifié est de 11155. Les différentes populations qui y vivent sont les Baoulé, peuple autochtone, auxquelles s’ajoutent des peuples originaires d’autres régions de la Côte d’Ivoire (sénoufo, malinké) et de pays de la sous-région ouest africaine (Béninois, Togolais, Burkinabés, Peuhls, Sénégalais, Maliens, etc.)

Occupation de l’espace
L’analyse de la carte démographique de la Commune présente une forte densité de localités en matière d’occupation du sol. En effet, la commune compte 47 villages avec une distance moyenne entre elles de 2 km et une densité de population moyenne de 57 habitants /km². Si l’on considère, en effet, une droite qui relie de l’Est à l’Ouest, les villages d’Adiékro et de Kouaprikro, on dénombre 29 villages au Nord de cette ligne contre 18 au Sud. Dans la partie Nord de la commune, on note une forte implantation des villages sur l’axe Tiébissou –Bouaké, soit 19 villages sur 29. Cette forte concentration est également constatée dans la partie Sud, notamment la ligne Kouaprikro – Adiékro, et au Sud par la ligne Assouakro – Gomo. Cependant, attirés par la nouvelle route nationale (A3) et de nouvelles orientations administratives, on observe d’importants mouvements de regroupements et de transfert de villages sur les nouveaux sites. Le prolongement de l’autoroute de Yamoussoukro la capitale à Bouaké la deuxième ville du pays, doit traverser la ville de Djebonoua et lui offre des atouts considérables pour les opérateurs économiques.

Problématique des ressources humaines
La Commune de DJEBONOUA est caractérisée par un phénomène migratoire très poussé avec pour conséquence la forte féminisation de la population. Ce phénomène concerne initialement la frange de la population la plus active, c’est-à-dire les jeunes.

Les raisons qui expliquent ces départs massifs sont essentiellement :
– l’attrait des deux principales cultures pérennes de rente du pays, à savoir le café et le cacao, pratiquées dans le Sud-ouest du pays, garantissant des revenus certains à ceux qui s’y adonnent;
– la pluviométrie n’est pas maitrisée et cela découragent les volontés les plus hardies;
– l’exode vers les grandes villes supposées pourvoyeuses d’emplois, d’argent et de confort sur la frange la plus jeune de la population.
– la crise sociopolitique qui a occasionné de nombreux déplacements de populations.
– une diminution très sensible de la population;
– un vieillissement inquiétant de cette population donc un affaiblissement, dans la même proportion, de la force de travail propre à la localité;
– la diminution de la taille des exploitations, dont les produits suffisent à peine à nourrir la population sédentaire. Ce qui se traduit par un déficit alimentaire qu’on ne peut compenser qu’en faisant venir des vivres des zones forestières ou en les achetant dans les villes environnantes;
– l’appauvrissement croissant des populations sédentaires, accentué par le renchérissement des produits vivriers à cause de la rareté de ceux-ci.

Il faut signaler que, malgré cet exode massif, les populations sont en contact avec leurs familles restées sur place. Tous reviennent au village d’origine pendant la période des fêtes de Pâques (mars-avril, c’est le phénomène de « Pâquinou ») pour des séjours n’excédant pas un mois.

Les enseignements à tirer de ces constats sont les suivants :
– le déplacement des populations en dehors de la région repose sur des préoccupations essentiellement économiques;
– l’activité économique de près de 90% des ressortissants allant en dehors de la commune demeure l’agriculture;
– des relations familiales très étroites sont maintenues avec les parents restés au village.

Les dépenses de la famille au village (funérailles, projets de construction, soins divers, etc.) sont supportés par les membres ayant émigré dans les zones de forêts ou en ville.

Toutefois, le phénomène migratoire en direction des zones forestières du pays ne doit pas être considéré comme irréversible dans la mesure où il trouve son fondement dans des raisons purement économiques.

Au plan démographique, la Commune de DJEBONOUA avec une population estimée à vingt-huit (28 000) habitants, est peuplée à l’origine de BAOULE, faisant partie du grand groupe AKAN. Le territoire Communal comporte 47 villages plus le centre urbain, reparti en trois Tribus : N’DJE- MOUGNAN- GBADAHOU. Ces tribus constituent une seule famille ethnosociologique du Canton SAH.

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