Les danses traditionnelles du pays Abbey et Krobou

Le patrimoine culturel Abbey et Krobou regorge de plusieurs danses traditionnelles avec chacune sa spécificité. Quelques-unes ont été exécutées, lors de la première édition du Festival de danse traditionnelle Abbey et Krobou dénommé "Négbè 2006", initié par le conseil général d'Agboville en vue de pérenniser la culture Abbey et Krobou.

Le « Obougbö » ou danse proverbiale est une danse réservée aux nobles. Elle s’exécute pendant les grands évènements tels que la fête des ignames ou fête de la purification et lors des obsèques d’un riche homme. Au cours de cette danse, l’héritier du riche homme demande qui des Ehérighé (esclave) veut bien accompagner le défunt dans l’au-delà. Cinq tam-tams (deux étigbanons, deux atèkplès, un obounon) constituent l’instrumental de la danse Obougbö qui est surtout répandue dans la province Morié-Orou, dans la sous-préfecture de Grand-Morié.

L’« Akroumou », inspirée des mouvements du cou des perroquets lorsqu’ils chantent, est une danse spécifique à la région de l’Agnéby. Elle se pratique par les hommes et les femmes de tous âges, lors des cérémonies de réjouissance ou lors des veillées funéraires. Pour exécuter l’Akromou, il faut disposer de trois tam-tams et d’un autre instrument de percussion appelé « l’Ariako ». On peut ajouter à ces instruments traditionnels, soit le sifflet, soit la trompette, soit l’accordéon ou encore l’harmonica.

Le « N’Dole » est une danse faite pour magnifier la femme et la beauté africaine, surtout celle de l’Agnéby. Elle met en exergue la rondeur de la femme. En général, N’dolè est dansé par les femmes qui sont félicitées par les hommes à travers quelques petits dons. Les instrument utilisés par le N’dolè sont trois tam-tams (le Pindrin, le Dokoué, le Oboudjè), les languettes de bambou de chine et la castagnettes. Cette danse se pratique lors des veillés funéraires et aussi lors des cérémonies de réjouissance.

L’« Aromon Nê ou le Djanê » est une danse faite de battements de mains (aromon en langue Abbey), ce qui a donné le nom d’arômon nê. Elle se pratique souvent dans la rue (« Dja » d’où le nom de Djanê) par des jeunes filles pour égayer les nuits dans les villages et campements. Aromon nê dont les chants sont soutenus par des battements de mains des chanteuses est aussi pratiqué lors des mariages.

Le « Been’don », danse populaire pratiquée par les hommes et les femmes, s’exécute, pour la plupart du temps, à l’occasion des cérémonies de réjouissance et des funérailles. Les instruments utilisés pour sa pratique sont six tam-tams composés de deux étigbanons, deux atèkplès, un obounon et un pindrin.

Certaines danses du département d’Agboville ont été importées d’autres régions de la Côte d’Ivoire, note-t-on.

L’« Agbêdêdjê », danse de réjouissance populaire exécutée par les jeunes filles et garçons, est arrivée dans le département par des travailleurs agricoles émigrés de Tiébissou qui l’ont enseignée au village de leurs employeurs (Gouabo). L’Agbêdêdjê utilise comme instruments trois tam-tams (un Oboudjè, un Pindrin, un Dokoué), une castagnette et « l’Ariako ». Présentement, ce sont seulement Gouabo et Ananguié, deux villages de la sous-préfecture de Rubino, qui pratiquent la danse Agbêdêdjê.

Le « Mindi » est une danse d’origine Adjoukrou. Le village qui l’a pratiquée en premier en pays Abbey est Ottopé. Une jeune fille du village de Grand-Yapo qui s’est mariée à Ottopé l’a enseignée à ses parents. Le Mindi qui utilise, pour son exécution, trois tam-tams (deux obougnons et un oboudjè), une castagnette et des languettes de bambou de chine, est une danse de réjouissance exécutée par des femmes.

Le « Aboya Sôghô » est une danse importée du pays Godié et adaptée à la culture Abbey. Elle doit son nom à un fils d’Erymakouguié qui a permis son introduction en pays Abbey. C’est une danse de réjouissance pratiquée par des jeunes, des adultes, et des enfants des deux sexes. Les instruments utilisés pour la pratique de cette danse sont six tam-tams (deux obougnons, trois oboudjès, un pindrin), la castagnette et l’ariako. Dans le département, ce sont Erymakouguié1 et Erymakouguié2, deux villages de la province Tiofo, dans la sous-préfecture d’Agboville, qui la pratiquent.

Source: AIP