Les origines du peuple Dida et leurs liens avec les Godié dans les temps

Dans les temps très anciens, les Godié (Godjié) partis du peuple Neyo, vivaient dans cette zone forestière en une seule famille, pratiquant aussi la culture vivrière de la pêche. Mais devenus un peuple important, d'autres préfèrent la chasse à la pêche à l'image des Krou et Bété.

Ainsi, ceux qui préîerent la chasse se séparent du bloc Godjié et se dirigent vers les grandes forêts pour y vivre de la chasse traditionnelle. Ils tombent alors dans la vallée d’éléphants. Les sages qui conduisent le groupe disent en leur patois «Adidanoeu, Lokoda», ce qui veut dire « ouvrons ici, il y a éléphant ». Les sentiments sont partagés et ils bâtissent sur les lieux. leur résidence dénommée « Lokoda » qui devient « Lakota ». L’expression « adidanoeu » devient « Dida » par le système colonial français.

Les Dida ne viennent pas d’ailleurs, ils dérivent du peuple Godjié. Des années écoulées, ils forment dans cette forêt vierge, une grande communauté humaine qui se consacre formeHement à la chasse traditionnelle, à l’image du peuple bété. C’est le vaillant peuple Dida qui, à un moment donné, va s’éclater pour former plusieurs villages dans cette forêt noire. Toujours, au profit de la chasse traditionnelle, un groupe part de Lakota (Lokoda) pour la forêt où ils tombent dans la vallée de panthères.

Là aussi, les sages disent « Akoda » ce qui veut dire : « Restons ici ». Les sentiments sont partagés et ils bâtissent sur les lieux leur village dénommé « Djibé » ce qui veut dire « lieu de panthère» et les habitants Djiboao qui devient « Divo» par le système colonial français. Mais les vaillants chasseurs dida ne s’arrêtent pas là. Sous la conduite du vieux Abi, les Dida, laissant une partie importante à Djibé, passent le fleuve Bandama et bâtissent dans cette forêt, leur village qui porte désormais le nom du vieux Abi « Abi-Djibé » qui devient « Abidji » par le système colonial français.

Aujourd’hui, l’ancien village Djibé est le quartier panthère dans la commune de Divo. Selon l’histoire verbale des anciens, les Dida, au profit de la chasse traditionnelle, effectuent de longs déplacements et font une rencontre spontanée avec les abbey dans les grandes forêts vierges et cohabitent ensemble sur ces lieux, sans obstacles particuliers. Chemin faisant, un jeune abbey tombe amoureux des filles Dida et engrosse l’une d’entre elles. Violation des droits africains. Les Dida farouchement touchés par cette humiliation se concertent très rapidement et pénalisent les abbey avec une amende d’éléphant vivant. Mais, vaillants chasseurs de leur coté, les abbey, courageux peuple de l’Agneby, ont maitrisé l’animal. L’affaire est close et l’aventure continue.

Aussi, à un moment donné, en chemin, un jeune Dida tombe lui aussi amoureux d’une fille abbcy et l’engrosse. Ah ! violation des lois traditionnelles. Les abbey se frottent les mains. Ils réclament, comme amende, la panthère vivante aux Dida originaires de Djibié. Ceux-ci se concertent à nouveau pour trouver une solution au problème délicat. Après concertation, connaissant l’animal, les Dida proposent, à la place de ce carnivore, deux belles filles aux abbey, ce qu’ils refusent d’entendre. Surtout les jeunes. Mais sachant ce que vaut l’animal, les sages Abbey demandent aux jeunes de se calmer. Le calme revenu, ils disent la panthère est un animal féroce, qu’allons nous faire avec ? Voyez ces deux belles filles Dida, elles vont nous faire de beaux enfants, acceptons-les ». Les filles Dida étant acceptées, l’affaire est close et la vie continue. Après ces deux incidents de cohabitation, les deux peuples , Dida-Abbey, de commun accord, signent un pacte de non agression (p.N.A), appelé dans la tradition: «Toukpê» qui existe aujourd’hui entre lcs Dida et les Abbey et que les Bété appellent chez eux : « Mèno » qui existe également entre les Dida de Lakota, Canton Nèko et les Bété de Gagnoa, Canton Paccolo. Car les mêmes fautes d’adultère s’y sont produites entre les deux peuples dans les vieux temps. Mais que veut dire: Sikensi ? D’où tient-il ses origines?

Sikensi
Fondé par les Dida (chasseurs) dans les temps très anciens, au cœur de cette grande forêt inhabitée, Sikensi est aujourd’hui la capitale des Abidji ; une partie des Dida, Godié (Godjié), Néyo, Bété, Krou, SIAN fondateur de la Côte d’Ivoire aetuelle depuis le Il è siècle. Après la signature du pacte de non agression (PNA) qui se traduit en tradition: « Toukpè» pendant des périodes d’hostilité, les visites d’amitié, de courtoisie et de solidarité se font régulièrement entre les deux peuples: Dida-Abbey.

Mais quelques inquiétudes sc font sentir du coté Dida. D’autres disent : »faisons très attention aux visites fréquentes et aux débordements. Evitons surtout de tomber dans les mêmes erreurs. Nous n’avons aucune raison de nous culpabiliser ». Alors en réponse à l’inquiétude des jeunes, les sages Dida ramènent les esprits à l’évidence en disant: « plus de conflit, c’est pour rigoler qu’ils viennent « . En terme Dida «Gbô olé, siakassi, dja wahi ». D’où le nom: Sikensi actuel par le système colonial français, qui n’a pas de sens dans la tradition. Toutes les Coutumes, traditions, habitudes africaines des peuples anciens, ont pratiquement des sens positifs greffés sur leur nature. Et c’est ce qui renforçait, au quotidien, leur existence humaine dans les forêts naturelles avant l’arrivée des blancs pour la colonisation.

Pepehiri
Partant de Sikensi pour la chasse traditionnelle, les Dida, vaillants chasseurs, y laissent une famille et foncent dans la forêt vierge où ils tombent dans une zone très humide qui ne retient pas leur assentiment, en tant que chasseurs. Ils désertent très vite les lieux et y laissent quelques personnes fatiguées. Mais dans le groupe partant, d’aucuns n’affichent pas leur assentiment et manifestent leur mécontentement contre les rescapés. Ils disent: « qu’on ne les voit plus jamais ». En terme Dida :« Atoa pêgne-pêgne, ini ». D’où le nom «Pêpêhiri» actuel qui n’a pas de sens dans la tradition « Ahizi ». Les Ahizi ne viennent pas d’ailleurs. Ils sont du groupe Dida et Godjié. Voilà Pourquoi, ils ont des noms: Kragbé, Loba, Beugré et j’en passe. Mais, que veut dire l’appellation: Ahizi ? D’où tient-il ses origines?

Ahizi
Vivant dans cette partie de la forêt isolée, où les Dida les ont laissés, les ivoiriens en minorité, pratiquant la culture de la pêche, se plaignent de leur sort. Et très souvent, ils ne cessent d’en parler. Alors les aînés disent en patois: « Abizima « . Ce qui veut dire : « on sera nombreux ». Et voici des moments venus où cette minorité d’ivoiriens accueille des pêcheurs venus des autres pays voisins comme El Mina (Ghana), Togo-Britannique (Togo), Dahomey (Benin) actuels. Et, au fur à mesure ils accueillent des immigrés: (hommes et femmes), parce qu’on leur donnait des filles au mariage entretemps. Aujourd’hui ils forment un important groupe dans cette zone du pays. Et le mot: « Ahizima» est devenu une réalité (Ahizima-Ahizi) en terme (Bété Dida). Les Ahizi sont du peuple SIAN, venu d’Ethiopie. C’est le système du parti unique qui déchire les frères biologiques par l’expression: « il faut diviser pour régner ». Les Dida dérivent du peuple Godjié.

Gogobro
Les Dida, vaillant peuple chasseur, sous la conduite du vieux Gogo, bougent de Pépéhiri (pêgne-pêgne ini) et repassent le fleuve Bandama, fonçant vers les grandes forêts vierges, côté Oumé, où ils se perdent dans une zone très reculée. Les guides du groupe disent en patois :  » Amono » qui veut dire ; « nous sommes perdus ». De commun accord, ils bâtissent là une nouvelle résidence qui porte le nom du vieux Gogo (Gogobré) qui veut dire; «chez Gogo» qui devient Gogobro par le système colonial et «Amono» devient (Mamini), les gens perdus que les Bété appelaient dans les temps: « Maminignoan». Ils ont pour capitale; Hiréwata. Aujourd’hui, ils se disent Akan. Non! Ils ne sont pas Akan. Les Dida ne sont pas Akan. Ils dérivent des peuples; Godjié, Neyo, Bété et Krou. Cependant, le village Dida; (Adidanoeu-Lokoda) va connaître d’autres départs. Laissant une famille importante sur les lieux, un groupe non moins aussi important part de Lokoda (Lakota) vers les grandes forêts côté Gagnoa où ils bâtissent un gros village dénommé; « Klékpadou» ce qui veut dire, « village dans la forêt ». Devenu une grande agglomération, le Klépkpadou va connaître aussi un éclatement suite aux querelles de familles. Un groupe côté Gagnoa et un groupe côté Lakota.

Auteur: Sery Lotchi Raoul
Source: www.ivoirediaspo.net