Funérailles en terroir Bété

Chez le Bété, on pleure les morts de façon particulière. En effet lorsqu'une personne perd un être cher, sa réaction est instantanée. Elle cogne la tête contre un arbre ou contre le mur.

Les jeunes filles, accompagnées de leur mère, vont en brousse chercher des feuilles rugueuses appelées « gnagnon » en langue locale. Elles se frottent le visage et tout le corps avec ces feuilles de sorte qu’elles laissent des plaies sur la peau.

Au cours des funérailles, certains proches du défunt font des acrobaties ou même s’écorchent le corps avec des tessons de bouteille. D’autres, le visage grave, font d’incessantes allées et venues, pleurent à chaudes larmes, chantent, en prononçant des paroles sur la vie du défunt et surtout, sur le vide qu’il va laisser.
Les personnes âgées de leur côté, tirent des coups de feu en l’air. Tout cela pour montrer l’importance que l’on attache aux funérailles en pays Bété.

Dans la tradition, c’est un devoir d’honorer la mémoire d’un défunt. En général, ce sont les proches de la personne décédée qui se donnent en spectacle du fait de la douloureuse séparation et pour montrer que l’on est touché dans son fort intérieur.

Pour démonter leur affection pour le défunt, certains proches se rasent le crâne pendant la période du deuil et mettent des tenues spéciales. Il faut se vêtir de noir pour marquer sa compassion.

Notons enfin que chez le Bété, c’est le neveu du disparu qui accompagne le corps au cimétière.

Jack Louamy