L’histoire des Abbey

D'après la légende, les Abbey, originaires du GHANA, seraient les descendants des Agoua que les Agnis Brafe, N'Denié et Moronou auraient trouvés sur le chemin pendant leur exode Côte d'Ivoire.

Le premier ancêtre des Abbey serait KERY-KERY. Après le règne KERY-KERY, son fils ATTOBRA lui succéda. Celui-ci fut à son tour remplacé par son fils KOUASSAN dont les successeurs furent KERY-KERY ABOBIA et AKOSSOU.

C’est pendant le règne de ce dernier roi que les Abbey, menacés par leurs voisins, les KONOGOS et les ASHANTIS, vont décider de quitter le Ghana pour des terres paisibles. L’exode des Abbey fut conduite, probablement vers le XVIIIè siècle, par PATCHIBO, fils d’AKOSSOU et de NANA YAH ABOBIA. Les Abbey franchissent la Tanoé, puis le Comoé et s’arrêtèrent entre ADZOPE et AGBOVILLE, où PATCHIBO créa le village DOUDA, appelé aujourd’hui Grand-Morié.

Poursuivant son chemin, PATCHIBO alla installer son peuple à une quinzaine de kilomètres de l’Agnéby, pour créer le village AHAHIN connu aujourd’hui sous le nom de Loviguié.

A partir de DOUDA et ALLAHIN, les Abbey repoussèrent les Attiés, leurs voisins de l’Est. C’est ce qui explique l’existence de certains villages Abbey dans la Sous – Préfecture de BINGERVILLE.

Ils évoluèrent également vers l’Ouest, du côté du fleuve BANDAMA. C’est que se justifie la présence de plus de huit(8) villages Abbey dans la Sous – Préfecture de TIASSALE.

La légende raconte également que d’autres Abbey, partis du village de DOUDA, se seraient installés au-delà de TIASSALE pour former les Didas.

D’après certains renseignements, le roi AKOSSOU, père de PATCHIBO et mari de Nana YAH ABOBIA fut puissamment aidé par son beau-père MIEZAN, chef de village de KONOU, dans sa lutte contre les KONOGOS et les ASHANTIS.

En contrepartie de cette aide, MIEZAN demandera que la succession du trône Abbey soit désormais dévolue de père en fils et non plus d’oncle à neveu, comme le prescrivait la coutume afin que soit perpétuée la mémoire de sa fille. C’est depuis ce temps qu’en pays Abbey, le fils hérite de père.

Ainsi, le roi ASSOHOU succéda à son père PATCHIBO, mais après sa mort, l’ordre de succession fut compromis.

En effet, la reine AKOUA, l’épouse du roi ASSOHOU, perdant ses enfants peu après leur naissance, il fut décidé pour conjurer ce mauvais sort, de vendre le petit N’TAKPE pour un sou, conformément à la coutume. Certes, N’TAKPE fut il rendu aussitôt à sa mère mais après avoir changé de nom, pour s’appeler désormais, OBODJI SOBOA, qui veut dire en Abbey « joli garçon prévoyant ».

Lorsque les Abbey s’insurgèrent contre l’autorité française, le roi ASSOHOU, après avoir vraiment tenté de faire entendre raison à ses sujets, se réfugia dans le camp des Européens et leur offrit son fils OBODJI SOBOA, alors âgé de 35 ans environ, comme guide des soldats. Celui-ci joua son rôle à la satisfaction des français, si bien qu’après la victoire, ils le nommèrent chef supérieur des Abbey.

A la mort du roi ASSOHOU, MONSO, fils aîné, qui selon l’ordre normal de la succession, devrait prendre la place, se désista en faveur de son jeune frère, OBODJI SOBOA, dont l’influence en tant que chef supérieur était déjà certaine.

OBODJI SOBOA accepte le trône et eut un brillant début de règne, avant de sombrer.

En effet, fait chevalier de la Légion d’honneur le 16 janvier 1927, puis Officier le 31 décembre 1932, il fut plus tard déchu de ses fonctions en 1944, du fait d’une longue maladie.

Toutefois, son souvenir reste encore vivace, à cause de ses premières chaussures, des sandalettes en pneu d’auto, connues sous le nom « d’Abodjé ».

Durant l’indisponibilité d’OBODJI SOBOA, son intérim était assuré par M’BASSIDJE FRANCOIS, le premier notable dans l’ordre de préséance. C’est ce dernier qui succéda à OBODJI SOBOA

Ainsi, pour la première fois dans l’histoire des Abbey, la succession au trône fut dévolue à une personne étrangère à la famille princière.

Après avoir joué son rôle de chef supérieur des Abbey à la satisfaction de tous, M’BASSIDJE FRANCOIS est mort le 19 mai 1971.

La succession aurait dû revenir à Monsieur GBAGBA Alexandre qui, durant l’absence de M’BASSIDJE, avait assuré son intérim, si avec notre accession à l’indépendance, il n’avait pas été décidé de mettre désormais fin au remplacement des chefs coutumiers décédés, en dehors des chefs de village.

Il importe de noter que le Département d’Agboville est peuplé de deux ethnies autochtones, les Abbey et les Krobous. Cette population autochtone cohabite pacifiquement avec une population d’allogènes et d’étrangers de toutes nationalités.

Le Département d’Agboville compte 71 villages avec une trentaine(30) de campements répartis entre 5 cantons, dont quatre (4) : Morié, Abeve, Tchoffos, Khos, du groupe ethnique Abbey et un (1) canton Krobou, du groupe ethnique Krobou.

Selon les données de l’Institut National des Statistiques (I.N.S), la population du département d’Agboville est estimée en 1998 à 244.865 habitants soit 1,6% de la population Nationale.

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