L’enfant chez les Sénoufo
Pour comprendre tout le prix que la société sénoufo attache à l'enfant et donc à la fécondité, il faut se placer dans une perspective religieuse. Les enfants sont en effet ceux qui doivent assumer la continuité des sacrifices que chaque famille est tenue d'offrir à ses membres défunts.
La femme stérile ou qui donnerait naissance à un enfant mort-né, expose sa famille à être privée de ces sacrifices; elle est alors l’objet du mépris public et général.
Un ou deux mois avant la naissance de son enfant, la femme sénoufo va consulter le devin et offre des sacrifices aux ancêtres et aux fétiches, pour qu’ils protègent l’enfant qu’elle va mettre au monde.
La naissance ne donne lieu à aucune coutume ou fête spéciale. Les enfants débiles, défectueux pu monstrueux, considérés comme des enfants « sorciers », sont supprimés. Chaque enfant reçoit à sa naissance un surnom, emprunté aux croyances traditionnelles, ou évoquant les circonstances qui ont précédé ou suivi sa naissance.
Un enfant sénoufo n’est jamais orphelin; si son père où sa mère meurt, il est pris en charge par sa famille maternelle qui le nourrit et le traite comme son propre enfant.
La formation morale et l’éducation de l’enfant se fait d’elle-même au contact des adultes : vivant en permanence dans la famille oü presque tout acte social est un rite religieux, dès sa première jeunesse il connaîtra les relations du Sénoufo avec les mânes de ses ancêtres et ses devoirs envers les fétiches de la famille.
Ce n’est que vers douze, treize ans que les garçons adhèrent à une société religieuse. Cette époque est celle de l’initiation pour les fillettes qui sont conduites par groupe dans des lieux de retraite. Chaque enfant est consacré aux fétiches qu’il doit honorer un jour déterminé de la semaine, comme étant son « jour sacré ».
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