Le Tchologo

Evénement de grande portée culturelle et rite initiatique, cette septenale du pays Niarafolo (Ferké) est une invitation des grands maîtres des bois sacrés et des populations Dougaha, Solikaha, Fonnikaha, Tiolokaha variante du Poro (institution initiatique majeure des bois sacrés appelés Sinzange). Le Tchologo a une origine encore ignorée.

Selon M. Sanogo Daouda, maître – Assistant à l’université d’Abidjan, le Tchologo échappe, au milieu des années 1929, aux assauts de l’administration coloniale, après avoir connu des périodes d’interruption au 18e et 19e siècle, à cause, respectivement des guerres de l’empire de Kong et de Samory.

Dans la mythologie Sénoufo, le Tchologo tire son origine d’un malentendu entre deux frères. Le cadet étant plus fortuné, refuse de se soumettre à l’autorité de son aîné, moins chanceux. L’esprit ou le génie fondateur du Tchologo, appelé  »Yolo » qui est une variété d’antilope (ndlr : ce qui justifie le masque orné de miroirs que portent les jeunes initiés), serait venu livrer au frère aîné, un secret qui ramènerait le frère récalcitrant à la raison.

Le Yolo est le détenteur du savoir et de la connaissance. Il est la source de pouvoir qui vient en aide à l’infortuné frère en lui livrant une partie de ce savoir grâce auquel il réussit à restaurer son image dans la société.
Seuls, les enfants nés de père et de mère forgerons et âgés de plus de 12 ans peuvent se soumettre aux rites initiatiques du Tchologo. Cette initiation s’étend sur sept ans divisés en trois phases. C’est en fait la dernière étape de la formation que l’on nomme Tchologo. C’est à ce stade que les Tchélés (jeunes initiés au Tchologo) vont passer trois mois dans le bois sacré. La cérémonie se répète tous les sept ans.

Dans la philosophie Senoufo, Dieu, appelé  »Koulotyèlè » a crée l’homme, inachevé. Le Tchologo vise ainsi à faire passer l’homme du stade d’animalité au stade d’homme parfait, accompli afin de parachever ainsi la création.

Ce fait culturel, vieux de plus de cent ans, risque de disparaître à cause de certaines contraintes liées à l’évolution même de la société moderne.