Le POPO Carnaval de Bonoua

Manifestation culturelle célébrée chaque année à Bonoua (50 Km à l'Est d'Abidjan), le « POPO CARNAVAL » tire ses origines dans les modifications que les jeunes abouré de Bonoua apportèrent à la fête annuelle des ignames.

Ainsi, en 1946, ils innovèrent en organisant le « POPO » (qui signifie « masque » en langue abouré). Beaucoup plus tard, devenus des adultes, ils baptisèrent cette fois-ci la fête du nom de « POPO CARNAVAL », en y introduisant l’aspect moderne (carnaval) sous la forme d’un défilé de chars.

Depuis 1972, l’organisation de cette fête s’inscrit dans les mœurs des abouré qui, chaque année, pendant la période de pâques (avril), se retrouvent pour se réjouir dans une même liesse populaire.

Le « POPO CARNAVAL » qui commence un samedi, s’ouvre par une semaine commerciale accompagnée d’animations (match de football, représentations théâtrales, fanfare, danses folkloriques, etc.), suivie d’un défilé d’hommes masqués, ponctué de danses et de scènes burlesques.

La matinée du dimanche est consacrée au culte ancestral et aux réunions familiales. L’après-midi commerce par un défilé au cours duquel ont lieu des manifestations coutumières du pays abouré (présentation de filles pubères, accompagnement d’une épouse chez son mari, cérémonie de naissance, etc..). Il se poursuit enfin par des défilés de majorettes, de chars magnifiquement décorés et de danses folkloriques sur la grande place dite place du « POPO ». Le carnaval prend fin par un grand bal masqué.

Êbè et Awoulaba: Les symboles de la beauté masculine et féminine en terroir Abouré

Au cœur du Popo carnaval, figurent deux évènements majeurs qui, au fil des éditions battent les meilleurs records de participation et d’entrée. Il s’agit du spectacle de l’élection du plus bel homme (Êbè) et de la plus belle femme (Awoulaba) au sens africain du terme.
La célébration du beau en terroir Abouré au cours de ces soirées, draine toujours du monde. L’ Awoulaba est devenue l’icône du Popo carnaval au plan culturel. Chaque édition du Popo a eu sa reine de la beauté africaine.

Dépositaire, le temps de son mandat, des caractéristiques de la belle femme africaine. Femme potelée, au cou strié ou annelé, à la dentition régulière et blanche, l’Awoulaba, en dépit des nombreuses maternités doit avoir conservé une poitrine ferme et une assise fessière généreuse mais point démesurée.

Autant d’éléments que les membres du jury du concours se font forts chaque année, d’en déceler le maximum chez les nombreuses candidates. Réplique masculine de l’Awoulaba, l’Ebè répond au portrait de l’homme bien proportionné et équilibré. Bel athlète à la poitrine velue, aux muscles fermes, au visage ouvert par un front dégagé.

Tout en lui devrait traduire la proportionalité.Comme pour réaliser le couple idéal, l’Awoulaba et l’Ebè sont solennellement présentés aux festivaliers le jour du grand défilé de clôture. Au delà de la célébration de la beauté au féminin et au masculin, s’offrent aux visiteurs de nombreuses autres curiosités non moins attrayantes.

La panoplie va des sites naturels aux activités socio artistiques en faisant un clin d’œil aux pratiques culturelles qui foisonnent dans cet univers. Une civilisation de la société Abouré Ehivè qui repose sur le socle à trois piliers que sont : l’institution royale, la famille clanique et les classes d’âge. Le rôle du souverain, l’organisation de la cour royale, le fonctionnement du tribunal coutumier. Voici autant de curiosités et d’écoles du savoir traditionnel à découvrir.