Banvayo, une localité spécifique de par son habitat traditionnel basé sur le genre

L’habitat traditionnel à Banvayo, dans le département de Téhini, (Bounkani, Nord-Est) est un habitat spécifique car exclusivement lié au genre, a constaté l’AIP sur place.

La localité de Banvayo note une particularité frappante au niveau du symbole qui caractérise la construction de leur habitat. Cette contrée, par ailleurs capitale du peuple Lorman, un sous-groupe des Lorhon, peuples anciens de la région du Bounkani, est située à 32 km au Nord de Téhini.

Dans ce village, en effet, les cases rectangulaires sont celles habitées par les hommes et les rondes pour les femmes. Toutes ces habitations sont en terres battues et recouvertes de pailles. Cependant, une deuxième particularité est à relever, il s’agit des portes.

Dans les cases féminines, l’entrée est recouverte de deux nattes de bambou et non une porte de bois comme c’est le cas dans les cases masculines, à savoir les cases rectangulaires. Les nattes tissées et reliées par des cordons de lianes, sont enroulées, l’une vers le haut et l’autre vers le bas pour permettre le passage.

Selon les anciens, ces distinctions de portes et de formes géométriques dans l’habitat, sont l’expression de la démarcation des sexes masculin et féminin au sein de la société Lorman. Les formes arrondies du corps de la femme sont alors représentées dans son univers, à travers un type d’habitat dont la forme projette ou rappelle ses rondeurs, d’où la case ronde.

Au passage, l’on rappelle que les cases rondes ne peuvent être fermées hermétiquement, au fin de permettre au chef de famille d’y mener un contrôle inopiné.

Dans les foyers polygamiques, le nombre de cases rondes traduit fidèlement le nombre d’épouses. Chacune d’entre elles y dort avec ses filles. Quant aux enfants de sexe masculin, ils rejoignent leur père dans la rectangulaire. Et chaque époux est habilité à construire la case de sa femme.

Selon le chef de village, Ouattara Dékolo, c’est un héritage précieux laissé par les aïeux. « Nous le conservons toujours. Cette manière de faire nous évite les confusions et instaure la discipline et la paix dans le village », a-t-il indiqué.

De passage à Banvayo, l’on trouvera donc plus de cases rondes que de rectangulaires, signe d’une prédominance de la gent féminine qui, dans ce village, reste sublimée en raison de son charme physique perçu artistiquement dans les constructions.

Cependant, l’on est en droit de savoir si ce pan culturel ne va pas subir les effets de la modernité. Un véritable défi pour le peuple Lorman qui, jusque-là, est réputé dans la région du Bounkani comme étant le peuple le plus conservateur des traditions.

Source: AIP