Alliances inter-ethniques : Qui sont les alliés du peuple Kroumen?

Les alliances interethniques connues aussi sous l’appellation d’alliances à plaisanteries sont des pactes de non-agression signés entre les ancêtres de différents peuples d’un pays et qui permettent de plaisanter fraternellement.

Entre alliés l’on peut se permettre certaines choses comme empêcher un enterrement, bloquer un cortège, injurié l’autre, tuer une bête d’autrui et… le principe étant de se montrer supérieur à l’autre dans une relation maitre-esclave. Mais, vu que l’esclave est tenu d’obtempérer aux désidératas et aux caprices de son maitre, il est remarqué que par ruse, chaque ethnie s’autoproclame “Maitre”.

Ce phénomène social typiquement africain est très présent en Côte d’Ivoire en raison de la pluralité de ses groupes ethniques. Concernant les kroumen, peuple occupant le sud-ouest du territoire ivoirien, loin des translations qu’a connu le phénomène social des alliances inter-ethniques, l’histoire et les légendes servant de repères lui attribue trois (3) vrais alliés à savoir : les Allandjan, les Dida et les Abouré. Toutefois, les alliances interethniques ayant été victime de nombreuses translations, au-delà de ces trois alliances jugées sur l’histoire l’on compte également les Bakwé, les Attié, les Niaboua, les kouzié,. Voyons à présent comment se sont tissées les alliances avec les Alladjan, les Dida et les abouré dont la nature diffère les unes des autres.

Alliances avec les Alladjan

Avant que les Kroumen ne s’installent au sud-ouest du pays, territoire qu’ils occupent aujourd’hui, celui-ci était habité par les Allandjan. Après avoir immigré du Libéria, arrivés sur les cotes ivoiriennes ils trouvèrent les alladjan à Boubré (Canton Bapo) à qui ils demandèrent la permission de pouvoir cohabiter près d’eux. Ces derniers qui s’apprêtaient à quitter même les lieux ne trouvèrent aucun inconvénient à cela mais avaient des prisonniers tenus en captivité qu’il fallait libérer avant leur départ. Pour la libération des prisonniers, il fallait offrir des bœufs selon qu’un homme valait un bœuf. Ainsi, Sept bœufs ont été offerts par les Kroumen aux Alladjan afin de libérer leurs sept prisonniers. C’est ainsi que les Allandjan ont cédé leur terre et leur divinité aux Kroumen pour ensuite immigré vers la zone de Jacqueville. Depuis lors, les Allandjan connus sous l’appellation kroumen «Monikouè ou bassa » sont considérés comme les « tuteurs « , les  » pères  » des Kroumen.

Alliance avec les Dida

Avec le peuple Dida que les kroumen nomment « blèkouè » c’est-à-dire ceux qui portent les bagages aux dos, il s’agit d’un pacte de sang. Par le passé, il eut une guerre meurtrière qui opposa les Kroumen aux Dida qui occupaient certains territoires du sud-ouest. C’est à la suite de celle-ci qu’un pacte de non-agression mutuelle a été signé entre les deux peuples. Par la suite, les Dida ont quitté le territoire pour se rendre vers les localités de Lakota, Divo etc..où ils sont restés jusqu’à maintenant. Pour cela, un Kroumen n’a pas le droit de versé le sang d’un Dida, et vice versa. A l’origine, des suites de cet accord, les deux peuples n’étaient pas tenus de se marier entre eux. Mais aujourd’hui cette mesure parait galvaudée.

Alliance avec les Abouré

L’alliance Kroumens-Abourés résulte du secours de protection accordés par les Kroumen aux Abouré. En effet, ces derniers en vue de remporter la guerre qui les opposait aux N’Gbato pour la conquête des terres ont eu recours aux conseils de stratégies militaires et aux mysticismes kroumen. C’est pourquoi, les kroumen sont considérés depuis lors comme  » les protecteurs »des Abouré.

Source: http://clubdesamisdetabou.blogspot.com