L’Aton’vlè ou la jeune fille puberté

La puberté de la jeune fille en pays Baoulé est conféré et célébrée au cours d'une cérémonie spéciale. Aton'vlè est le nom donné à la fois à la jeune fille qui subit le rite consécratoire, mais également à la cérémonie elle même.

Chez les Baoulé-Abbey de M’Bahiakro, cette cérémonie revêt une importance capitale aux plans traditionnel, culturel et social.

Dès qu’une mère note les premières menstrues chez sa fille, elle en avise son époux. Les géniteurs en informe dès lors les parents du côté maternel et paternel pour décider de la date de l’Aton’vlè, et réunir tout le nécessaire pour la cérémonie. De chaque côté, on apporte des vivres, de la viande, des vêtements, des ustensiles, de la boisson, et toute la logistique nécessaire à la réussite de la cérémonie.

Pour la cérémonie proprement dite, des femmes d’un certains âge ont la charge d’annoncer officiellement à la jeune fille, son nouveau statut. Cette déclaration procède d’une certaines méthodologie et d’un culte qui en dépit de quelques variantes, a été préservé de génération en génération.

Dans les temps plus anciens, les matrones déposaient sur la tête de la jeune pubère, un morceau de savon noir traditionnel appelé Kon’dou samlan. Mais aujourd’hui, c’est un cache-sexe féminin, le kodjo, qu’on dépose sur les jambes de l’Aton’vlè. Cet acte annonce officiellement que la jeune fille est désormais une femme.

Après ce rituel, les matrones lavent la nouvelle femme. Cette étape terminée, l’Aton’Vlè se pare de ses plus beaux atours : pagnes de valeur, colliers, perles, pendentifs.
Le tout fièrement porté sur un corps enduit de beurre de karité ou de Tchènidjè n’goin, huile de graine de palme.

Sa première nuit de femme, l’Aton’vlè la passe en compagnie de ses amies. Cette cérémonie bien qu’étant rare de nos jours, reste toute fois un repère culturel en terroir Baoulé-Abbey.

Jack Louamy