Etre roi à Moossou …

Tout le monde peut demander à être roi à Moossou. Mais la législation traditionnelle en la matière est très stricte: ce poste majestueux et honorifique est soumis à des conditions. Le roi ou Mligbi est toujours choisi par la première famille du clan Samandjè -Mlè. Les esclaves, les adoptés et leurs descendances sont exclus.

Le futur Roi doit être d’une parfaite intégrité physique, d’une bonne moralité et d’une probité exemplaire. Une fois, le candidat est choisi, les notables du clan royal se rendent auprès de son père pour requérir son consentement. Cette étape franchie, les chefs de famille du clan sont ensuite sollicités pour entériner le choix.

A en croire le Président de la Mutuelle de développement, en cas d’objection des chefs de famille, la famille royale est obligée de proposer un autre candidat.

« Le roi ou M’Mligbi n’acquiert réellement et pleinement ce titre que lorsqu’il est revêtu de l’autorité de ses ancêtres suite à une cérémonie spéciale d’intronisation », souligne-t-il.

Chef de famille et de clan, le Roi est gardien et serviteur des chaises royales, il assure la liaison entre les ancêtres et les vivants. Aussi, préside-t-il, le conseil des chefs de famille et le tribunal traditionnel.

Au nombre des privilèges, le Roi de Moossou préside à la Cour d’appel et à la Cour d’assise du pays Abouré. Le jugement rendu par la Cour de Moossou est sans appel en pays Abouré. On ne peut que pourvoir en cassation à la Cour de Krindjabo.

En cas de dysfonctionnement et de problèmes graves, le peuple et les générations peuvent obtenir la destitution du Roi et son remplacement par un autre roi mais toujours issue de la même famille.

La mort et les funérailles du roi sont entourées de beaucoup de mystères et de rituels. Son inhumation se fait à minuit, nanan Assoumou Kanga est l’actuel Roi de Moossou.