Le peuplement de la région d’Aboisso

Selon la tradition, les habitants de la région d'Aboisso, appelés autrefois agnis-brafê, vivaient en Gold-Coast, actuel Ghana. Au cours d'une guerre contre les Danguira, les agnis brafê ont été vaincus. Ne voulant pas être esclaves des Danguira, ils ont décidé de quitter leur pays.

Sous la conduite d’AKA Essoin, les Agni-brafê sont arrivés en Côte d’Ivoire par la région de Diby après avoir vaincu les Agoua. Ils se sont provisoirement installés dans la région de Siman. Vers le milieu du 18eme siècle, les Agnis-brafê se sont définitivement installés au pied d’un arbre appelé krengya d’où le nom actuel de leur site KRINJABO.

Les successeurs d’AKA Essoin ont agrandi le royaume qui a par la suite pris le nom SANWI. La prospérité de la zone de par ses activités commerciales (café, cacao, bois … ) a entraîné un afflux d’allogènes et d’étrangers des pays comme le Burkina-faso, le Mali, le Bénin, le Ghana, le Togo, le Nigeria, le Sénégal, la Mauritanie, la France …

Les allogènes étaient pour la plupart employés par les exploitants agricoles. Mais aujourd’hui plusieurs d’entre eux disposent de grandes exploitations agricoles.

Chef lieu de cercle puis sous-préfecture en 1961, Aboisso est devenu depuis le décret N°69-241 du 09 juin 1969 chef lieu de département avec 3 sous-préfectures (Aboisso, Adiaké et Ayamé). Cependant, avec l’érection d’Adiaké en département, Aboisso est devenu depuis 1999 un département à quatre sous préfectures : Mafféré, Bianouan, Ayamé et Aboisso.

La démographie
Selon le recensement général de la population et de l’habitat de 98, Aboisso compte une population de 222 053 habitats pour une superficie de 3 491 km², soit une densité de 63,61 habitants au km². Ce département couvre les sous-préfectures de Aboisso, Ayamé, Bianouan et Mafféré.

Les populations sont plus concentrées à Bianouan et Ayamé, zones de fortes productions agricoles.

La population active (15 à 45 ans) est de 103 738 habitants dont 48 864 femmes. Ces bras valides représentent 46,71% de la population totale.

Organisation sociale
Nous entendons par organisation sociale, les différents types d’organisations familiales basés essentiellement sur les liens de parenté.

Au niveau du peuple Sanwi, nous notons que les villages sont composés de grandes familles dont le nombre varie selon le cas (maximum sept). Il existe aussi des groupes de génération et de danse.

La famille
Cellule de base de la société, la famille est une réalité dans laquelle tout le monde est impliqué. On y est impliqué en tant que procréateur, progéniture et aussi en tant que partenaire.

Le peuple Sanwi a un sens très poussé de la famille étendue, car pour lui la lignée est perpétuelle et par conséquent ne se perd jamais.

La notion de parenté
La parenté, ensemble de liens provenant soit de la consanguinité, soit d’un système de relations sociales est le principal élément d’identification et de référence de la société.

Cette notion est très importante chez les Sanwi puisque la filiation s’étend au delà de la famille directe de chaque individu suivant les règles du système matrilinéaire en vigueur. Cela donne l’impression que tout le monde est parenté dans la région.

La famille nucléaire ou restreinte
C’est la famille biologique, conjugale constituée par le père la mère et les enfants. Dans cette société, la famille nucléaire n’est pas toujours distincte, on a plutôt à faire à des bandes c’est à dire une association de familles nucléaires communément appelées « grandes familles ». Ici, la taille des familles varie selon les éléments qui la composent (nombre de femmes, enfants, petits enfants, cousins, neveux, oncles, tantes).

Elle est en moyenne de six (6) membres.

La famille élargie ou étendue
C’est un ensemble social plus vaste qui comprend les ascendants, les descendants ainsi que les collatéraux d’un même lignage.

Le lignage est constitué ici par l’ensemble des individus issus d’un ancêtre commun, AKA ESSOIN venu du Ghana avec son peuple s’installer en Côte d’Ivoire. Ce groupe formé prend la dénomination de SANWI qui signifie marque ou trace laissée par les premiers arrivants sur la piste pour permettre aux autres de les suivre.

Tout le Sanwi se reconnaît donc en cet ancêtre commun et forme une grande famille.

Le clan
La notion de clan existe aussi dans cette société. Ainsi un individu peut appartenir soit au clan de son père (patriclan) ou de sa mère (matriclan). Les membres du clan s’identifient aux grandes familles dont ils portent les noms. Ces différentes familles qui se retrouvent à travers plusieurs villages, entretiennent entre elles des liens étroits manifestés lors de certaines cérémonies traditionnelles (fête d’ignames, rituels sacrés, règlement de litiges, succession, héritage …).

Les SANWI peuvent être classifiés à partir du patois et l’accent qui diffère selon les cantons.

Le canton
Le canton est un ensemble de villages regroupés, appelé auparavant « sahaenin » par la population. Il a prit la dénomination de canton avec l’arrivée des colons. Le département d’Aboisso compte cinq (5) cantons qui constituent dans sa globalité le royaume sanwi.
– Krinjabo
– Atoungblé
– Adjouan
– Afféma
– Djandji

Le chef de canton a sous ses ordres tous les chefs des villages qui en dépendent. Le royaume du Sanwi est donc très étendu avec 82 localités.

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