Le peuple Abron de Bondoukou

Les Abron installés dans la région de Bondoukou sont originaires d'Akwamu (région située au sud-est du Ghana, près du fleuve volta); un conflit de succession au trône décida la branche cadette des parties en présences à émigrer à l'ouest, elle alla d'abord se réfugier à Kumassi.

Mais l’alliance avec les Ashanti ne fit pas long feu, chassés par ces derniers, les Abron s’installèrent dans la région de Dôma (Wam) au Ghana; Toujours poursuivis par les Ashanti, ils vinrent finalement demander asile politique aux Nafana de Gontougou (Bondoukou).

Leur chef Tan-Date fit serment d’amitié, de non belligérance avec le chef Akomi des Nafana; C’est à ce moment qu’ils reçurent le surnom de Gyaman (ceux qui ont abandonné le pays) par leurs parents restés au Ghana. Installés à Zanzan, leur premier village en terre ivoirienne, les guerriers Abron entreprirent une série de guerres de conquête; Ils soumirent les Nafana, les Koulango de Nassian et ceux de Bouna. Les Abron installèrent de cette façon un royaume puissant, bien organisé et prospère; Dans ce pays la succession au trône principal se fait dans le clan maternel (d’oncle à neveu ou de frère à frère utérin), tandis que celle au trône de province se fait dans le clan paternel (de frère à frère ou de père à fils). La guerre de conquête contre les Anno échoua, le roi Koffi Fofié, fait prisonnier, fut mis à mort avec toute sa suite. Son tabouret et ses tambours se trouvent à Famienkro comme trophées de guerre.

Dans le royaume abron, chaque roi installe le chef-lieu du pays dans un village de son choix; Ainsi, Zanzan, Yakassé, Erebo, Amanvi, Tabagne, Assuéfri etc… furent à tour de rôle capitales. C’est un royaume bicéphale, après le règne d’un Zanzan, c’est un Yakassé qui lui succède.

Mécontents de voir un puissant royaume se développer en-déçà de la rivière Tain, les Ashanti une première expédition punitive contre les Abron; Le roi abron Abo-Mri fut tué à Kong au combat à la tête de son armée.
Lors de la seconde expédition, l’armée d’Adingra Kuman fut détruite sur la rivière Tain près de Bondoukou; ces revers contre les Ashanti placèrent le royaume abron en état de vassalité jusqu’en 1874, date de l’arrivée des Anglais; Les Abron furent également soumis à Samory en 1895.

Le royaume de Abron-Gyaman existe toujours, malgré son infortune de Bondoukou reste le plus puissant et l’un des mieux organisés de toute la Côte d’Ivoire.

Le royaume Brong et l’impossible succession au trône

Le peuple Abron(g), Boron, Brong ou Bon, dans les départements de Bondoukou et de Tanda (Région du Zanzan, nord-est du pays), est, depuis 1992, secoué par une crise (sans fin ?) de succession au trône royal. Cette crise opposerait, principalement, deux lignées. D’un côté, un roi intronisé, mais sans trône. De l’autre, un souverain auto-proclamé et disposant des attributs de sa charge, règne, mais sans réel pouvoir, faute d’avoir été intronisé…
Une régence à l’épreuve de la bipolarisation.

Cette situation, qui fait un peu désordre, parce que non-conforme à la coutume, crée un bicéphalisme de fait, plus ou moins toléré…Comme tous royaumes, à une certaine période de son évolution, traverse ce que l’on pourrait qualifier de crise de croissance, mais une crise qui commence à s’éterniser un peu.

D’autant plus que, tirant à hue et à dia la scène écartelée de la vie quotidienne au sein du royaume, cette crise suscite, à la fois, intérêt scientifique (sociologique, anthropologique ou politique), et interpelle les corps constitués de la région Notabilité, Administration et Populations, jusqu’ici, encore dans l’expectative.

Mais, bien plus, elle inquiète ces derniers qui ne cachent leur désir inextinguible de contribuer à assurer la pérennité du trône, et entendent favoriser, au mieux, une meilleure régulation du processus successoral. Si les raisons et les explications qu’elle provoque ne sont pas d’emblée aisées à comprendre, l’on note néanmoins que cette crise remonte, déjà, à la disparition du 16è roi, l’emblématique Nanan Koffi Yéboua, le 10 août 1992, à Hérébo.Abron440

La disparition de ce dernier coïncida avec la longue maladie du premier président de la République ivoirien, Félix Houphouët-Boigny. Ses obsèques, reportées sine die jusqu’à l’avènement d’Henri Konan Bédié au pouvoir qui, le 09 avril 1994, lui rendra un hommage post-mortem. Comme le veut la tradition, la reine-mère de Tangamourou, la vénérable Kossia Badou, et Nanan Yao Adjoumani, le chef du canton Angobia, entourés des chefs des cantons Akidom, Fomassa, Pinango, ainsi que des dignitaires de l’Ahinifié parmi lesquels le porte-canne du roi Alassane Déki, et Nanan Koffi Kossonou, le chef du village de Hérébo, révèlent et annoncent le successeur du roi défunt, en l’occurrence Son Altesse Royale le prince Nanan Aggyieman-Kouassi Adingra de la cité princière d’Amanvi.ROI ET SES FILS

Un document est alors élaboré et signé par le collège des hauts dignitaires du royaume ayant voix au chapitre, et ampliations sont adressées au ministère de l’Intérieur, à l’époque, dirigé par le ministre d’Etat Emile Contant Bombet, ainsi qu’à l’ambassadeur Essy Amara, ministre d’Etat, fils de la région, alors en charge des Affaires étrangères.

Les préfets des départements de Bondoukou, Tanda et Bouna en sont aussi officiellement informés. En 1998, Nanan Aggyieman-Kouassi Adingra d’Amanvi, en qualité de futur roi, est présenté publiquement à un émissaire du Gouvernement, le ministre de la Santé, le Pr Maurice Kakou Guikahué, en mission (à Tabagne) dans la région.

Contre toute attente, la semaine suivante, à Tangamourou, Nanan Kouassi Appia de Soukouadou se fait investir comme héritier du trône des Abron, sous le regard médusé du préfet de Tanda d’alors, Bahi Zogbo Alexandre qui, indique-t-on, fit porter un démenti. « Nous leur avons clairement fait savoir que les affaires de royauté relèvent exclusivement de la coutume et des traditions, et ne sauraient concerner l’Administration. Nous n’avons (donc) rien cautionné », précisa-t-il à ce propos.

Ainsi, depuis 17 ans, le royaume Abron, à travers les descendants d’Aggyieman Pagnini et ceux d’Adingra Pagnini, continue donc d’offrir l’image d’une régence à l’épreuve de la bipolarisation, marquée par un mano à mano pour la succession. Mais, d’où provient cette malencontreuse crise ?

Deux clans d’héritiers régulent la succession au trône

L’histoire rappelle que c’est à partir du règne du neuvième roi Tan Daté (1905-1922), débuté au Ghana voisin, puis achevé en Côte d’Ivoire, dans les collines du Zanzan, du nom du premier village Bron, que le mouvement ou le processus de succession va connaître son destin actuel, certes en ce moment en grand péril, mais qui tente, vaille que vaille, de résister aux aspérités du temps…

En vue de conquérir d’autres territoires, le roi Kouassi Adingra Pagnini fonde, avec les siens, le village de Yakassé, et induit, de jure et fait, l’existence de deux clans héritiers présomptifs qui devront réguler la succession au trône : le Zanzan et le Yakassé ; c’est-à-dire, lorsqu’un souverain appartenant à l’un des deux clans vient à décéder ou à quitter le trône, celui-ci est automatiquement remplacer par un prince héritier de l’autre clan, et vice-versa.

Au dernier souverain Zanzan, Koffi Yeboua (décédé le 10 août 1992 à Hérébo), devrait donc, normalement, succéder un membre du clan Yakassé. Or, à Yakassé, trois grandes lignées (ou branches ou descendance) sont habilitées à administrer le royaume: ce sont les familles d’Adingra Pagnini de la province d’Adandia, d’Aggyieman Pagnini d’Amanvi et d’Adingra Kouman de la province de Tangamourou.

En fait, à chaque fois que la succession relève du clan Yakassé, souligne-t-on, le roi est désigné dans l’une de ces trois lignées qui, à tour de rôle, accèdent au trône, l’une après l’autre. Le dernier règne de la dynastie d’Amanvi(Aggyieman Pagnini) remonte à 1897, celui d’Adandia à 1905 et Tangamourou (Adingra Kouman) à 1952, note-t-on.

Le dernier roi Brong, issu du clan Yakassé, Nanan Kouadio Adjoumani (1922-1952), est un descendant d’Adingra Kouman de Tangamourou qui, à sa mort, est remplacé par Koffi Yeboua du clan Zanzan (décédé le 10 août 1992, à Hérébo). Le trône revenant une fois encore au clan Yakassé devrait être logiquement occupé, soit par un descendant d’Aggyieman Pagnini, soit par un héritier issu de la branche Adingra Pagnini.

Les descendants de la branche Adingra Kouman, la troisième branche princière du clan Yakassé, étant, quant à eux, forclos pour la succession, en raison du fait qu’ils auraient été les tout-derniers héritiers putatifs au sein du clan Yakassé, avec le Roi Nanan Kouadio Adjoumani(1922-1952), à administrer le royaume.

La confusion résulterait de ce que Nanan Aggyieman-Kouassi Adingra, descendant d’Aggyieman Pagnini d’Amanvi, et Nanan Kouassi Appia de la lignée d’Adingra Pagnini d’Adandia, se disputent, depuis des lustres, le trône, chacun, de son côté, soutenu par ses proches et alliés, en revendiquant le trône. Un imbroglio qui, selon des témoignages, tirerait sa source dans des conflits ancestraux, pour le moins complexe, qui n’ont pu être réglés…

L’imbroglio Yakassé

Des historiens du royaume relatent qu’au règne du roi Adingra Pagnini, qui installa sa capitale à Adandia, les familles royales d’Assuéfry et de Soukouadou se rallièrent à sa famille, alors que les deux autres familles royales, celles d’Adingra Kouman et d’Aggyieman Pagnini, firent allégeance à Tangamourou, un hameau Koulango dans la région de Bondoukou.

A la mort de la reine-mère, Aggyieman Pagnini se retira, à son tour, de Tangamourou pour fonder Sokorobango auquel sont rattachés Amanvi et Siasso. A la disparition du 10è souverain Brong, Kouassi Yéboua (1823-1850), issu du clan Zanzan, vint le tour d’Appia Frouman de Sokouadou, descendant d’Adingra Pagnini d’Adandia, de lui succéder, pour le compte du clan Yakassé.

Mais, celui-ci va être frappé d’une sanction sévère pour, rapporte-t-on, infraction à des règles régissant le royaume. Il se raconte, en effet, qu’Appia Frouman, pour venger l’un de ses fils, aurait offensé un chef d’Angobia, une province du clan Zanzan. Le conseil des sages du royaume infligea une sanction à Sokouadou en l’excluant dans la succession au trône, et en suspendant, par la même occasion, Adandia jusqu’à la prochaine succession.

Les mêmes sources indiquent que, à la mort, en 1899, du roi Kouadio Yéboua du clan Zanzan, la sanction qui frappait Adandia fut levée, et permit à la succession d’échoir à Kouakou Amandjara, descendant d’Adingra Pagnini d’Adandia dont le règne ne dura que six mois. A sa disparition, le trône revint à Tan Daté (1905-1922) du clan Zanzan, fondateur de Diassempa.

Mais, force est de reconnaître, font observer des anciens, que la disparition de Son Altesse Royale Tan Daté, en 1922, constitua un épisode crucial dans la vie du royaume Bron qui vit s’ébranler, à la fois, son unité et sa cohésion. La succession au trône par Nanan Kouadio Adjoumani du clan Yakassé, issu de la lignée d’Adingra Kouman de Tangamourou, sonne le début de la vie fort tumultueuse au sein du royaume. A la disparition de celui-ci, l’on assiste à une vague d’ « illégalité », caractérisée par son fils, le prince Adingra, de 1952 à 1963. Ce qui aurait profondément entamé la crédibilité du processus de succession jusque-là en vigueur dans ledit royaume.

C’est alors qu’accède au trône, en 1963, Nanan Koffi Yéboua du clan Zanzan, pour un règne qui va durer jusqu’en 1992. Sous ce long règne, survient l’une des raisons principales des complications actuelles qui plombent jusque-là la succession. En effet, selon de nombreux témoignages, le défunt roi, Nanan Koffi Yéboua, aurait, de son vivant, suite à un incident, juré et obtenu de ses proches, en 1987, que le trône n’irait pas à Amanvi, à sa mort.

L’on révèle que, après avoir sollicité et obtenu du premier président ivoirien, l’érection de Tabagne en chef-lieu de circonscription administrative, le souverain exprima également le vœu de voir Hérébo en être de même. Le chef de l’Etat d’alors y opposa un refus poli. Au motif que, Hérébo, distant seulement de quelque de trois kilomètres de Tabagne, ne pouvait être érigé en sous-préfecture.

Ayant pris ombrage de cette réponse, qu’il considéra, du reste, comme une suprême humiliation, le roi aurait menacé de se suicider. Acte qui, dans la tradition Abron, constitue une faute grave, et implique responsabilité vis-à-vis du conseil des sages qui prononça à son encontre une mesure de destitution au profit du prochain héritier. En vertu de la coutume, celui-ci devrait émaner du clan Yakassé, précisément de la lignée d’Aggyieman Pagnini d’Amanvi.

Un trône livré aux états d’âme de ses héritiers

Nanan Koffi Yéboua, qui considéra cela comme un complot contre son règne, se serait fait promettre par ses enfants et proches que sa succession ne serait jamais assurée par la branche d’Aggyieman Pagnini d’Amanvi (du clan Zanzan) à laquelle devrait normalement incomber le trône. Entre-temps, la tradition recommande qu’en cas de disparition d’un souverain dans le clan Yakassé, le chef canton Akidom et le prince héritier de Tabagne assurent la garde du trône et des attributs qui y sont conférés(le tabouret, le sabre et l’or), pour le remettre, le moment venu, à l’ayant-droit.

Le trône et ses attributs devraient ainsi être confiés au prince héritier Aggyieman-Kouassi Adingra, pour permettre son intronisation. Ce qui n’a jamais être fait, car les fils et neveux de Koffi Yéboua les auraient confisqués. Officiellement, ils expliquent leur attitude par le fait que l’héritier, le prince Aggyieman-Kouassi Adingra aurait, en 1987, empêché leur père et oncle Nanan Koffi Yéboua de Hérébo de régner, conformément à l’ordre de succession au trône.

En outre, après la désignation, en novembre 1994, d’Aggyieman-Kouassi Adingra, en qualité de successeur du roi, d’autres velléités se seraient manifestées, surtout au sein du clan Yakassé, notamment du côté de la province d’Adandia, dans la lignée d’Adingra Pagnini, où un certain Kouassi Kpassaroukou, descendant d’une des familles princières héritières, se serait signalé, avant de décéder peu de temps après.

Des démarches ont, pourtant, été entreprises auprès des enfants du défunt roi par des dignitaires du royaume, pour récupérer le trône et les attributs de son successeur. Mais elles se sont révélées infructueuses. « Je suis parti déjà trois fois rencontrer les enfants de Koffi Yeboua pour réclamer le trône, en compagnie des chefs de cantons Foumassa et le prince héritier de Tabagne. Mais ils n’ont pas accepté», s’explique Nanan Kouamé Kossonou Ampimh, chef du canton Akidom.

Propos appuyés par Yao Déki, porte-canne du défunt roi. « J’ai dit aux enfants de rendre le trône, depuis la mort de leur père que j’ai servi pendant très longtemps, mais ils ne m’écoutent pas. Ce n’est pas à eux de régler le problème de trône. Tout le monde sait que le trône est pour Amanvi», renchérit-il, se demandant si ces velléités ne cachent des désirs de transgression des règles préétablies depuis plusieurs siècles.

«A moins que l’on ne veuille transgresser les lois établies depuis plusieurs siècles, dans le clan Yakassé, c’est le chef du canton Angobia et la reine-mère de Tangamourou qui désignent le nouveau roi.», rappelle-t-il encore. Pour sa part, la matriarche Abenan Kouman, reine-mère du canton Pinango, fait savoir que «celui-ci est présenté au peuple pendant les funérailles du souverain défunt. Une fois, les funérailles faites, on ne revient plus là-dessus pour une seconde fois».

Un autre prince de Tangamourou, qui revendiqua le trône, mourut peu de temps après. L’on raconte que le corbillard qui transférait sa dépouille mortelle à Ivosep, à Abidjan, n’est jamais arrivé à destination, à cause d’un grave accident de la circulation ayant entraîné la disparition de ses deux fils qui y auraient péri. D’aucuns avancent même que cette course au trône aurait déjà fait plus d’une dizaine de morts.

Aujourd’hui, c’est Nanan Kouassi Appia, l’actuel prétendant au trône, et principal adversaire de l’héritier Kouassi Adingra, qui dispose du trône et des attributs du roi. Ses adversaires soutiennent qu’il aurait corrompu les fils et neveux de feu Nana Koffi Yéboua auxquels il aurait offert une somme de 1,2 million F CFA, afin d’accéder au trône, et de les aider à organiser les obsèques du défunt souverain.

Des soupçons d’interférences politiques

La crise, jusque-là perçue comme un simple conflit de succession entre héritiers, révèle ses ramifications politiques. Récemment encore, en décembre 2007, lors d’un déplacement à Bondoukou, le ministre de la Culture et de la Francophonie, Augustin Kouadio Komoé, fils du Zanzan, et cadre du Front populaire ivoirien (parti présidentiel), s’est rendu à un dîner officiel à la résidence du préfet de région, préfet du département de Bondoukou, en compagnie de Nanan Kouassi Appia, en qualité de roi des Abrons.

La réaction des autres dignitaires du royaume Abron, présents, fut immédiate et brutale. Réprouvant cet état de fait contre lequel ils ont dit s’insurger, les partisans de Kouassi Adingra, les dignitaires de Foumassa, Angobia, Akidom ainsi que le très influent chef de la province du Pinango, Nanan Adou Bibi II, l’assimilent à de l’imposture. Ces derniers auraient même refuser de s’asseoir à la même table que le nommé Kouassi Appia lors de cette cérémonie.

Cette crise est aussi perçue, au-delà du prisme culturel et juridico-coutumier apparent, comme une guéguerre d’influence politique, où s’enchevêtrent des desseins inavoués. Chaque formation politique, présent dans la zone, voudrait en assurer le contrôle. De nombreux témoignages, dans ce sens, prêtent à chaque acteur ou prétendant au trône d’aliéner le royaume à la solde d’un parti politique, eu égard à l’influence du souverain en pays Brong.PORTE SCEPTRES

Ainsi, Nanan Kouassi Appia est-il perçu comme proche du régime FPI, et agissant pour le compte de cette formation, et Nanan Kouassi Adingra d’Amanvi, originaire de la même localité que l’ex-ministre de la Production et des Ressources halieutiques, Kobenan Kouassi-Adjoumani, étant, quant à lui, suspecté de vouloir la cause du parti de l’ancien président henri Konan Bédié, le PDCI-RDA.

Autant de soupçons qui compliquent davantage les rapports entre protagonistes, et rendent encore plus difficile toute tentative de règlement de la crise. Toutefois, une lueur d’espoir semble poindre à l’horizon, ces temps derniers, avec la volonté d’y trouver solution. Des dignitaires traditionnels de la notabilité, ainsi que les autorités administratives et politiques s’y impliquent fort efficacement. Dès lors que, depuis peu, un troisième prétendant au trône se signale encore du côté du village d’Adannua, cette fois-ci, dans le clan Zanzan, estimant que Yakassé n’y a plus droit, puisque sa période de gouvernance a expiré.

Des chefs de province Abron ainsi que la reine-mère par intérim se sont retrouvés, en février 2009, à l’initiative du préfet de région, et en présence d’autorités traditionnelles en provenance d’autres localités du pays, pour trouver une issue définitive à la crise.

Nonobstant, les trois parties, demeurant figés sur leur position, se sont séparées en queue de poisson. Pendant ce temps, le peuple Brong, patiemment, attend, observe et s’interroge sur l’identité de son futur souverain, mais surtout, se demande si son sort n’est pas scellé par cette « impossible» succession.

Source: adjoadibiafie.asso-web.com

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