Le peuple Attié

Le peuple Attié (ou Atyé, ou Akyé, ou Akié) est un peuple de Côte d'Ivoire, qui fait partie du groupe Akan et vit au sud-est du pays, au nord de la ville d'Abidjan, dans la Région des Lagunes. Selon la tradition, les Attié sont venus du Ghana actuel pour s'installer en Côte d'Ivoire.

On retrouve le peuple Attié dans plusieurs départements préfectoraux, dont celui d’Alépé. Il fait partie d’une des branches des Ashanti. Il est reconnu comme un peuple très jovial et festif qui a l’art des concerts avec des groupes musicaux reconnus au niveau national et africain.

Les Attié parlent une langue du même nom : l’Attié (ou Akyé). L’Attié est une langue kwa parlée au sud-est de la Côte d’ivoire. Les langues kwa sont parlées aussi au Ghana, au Togo et au Bénin, et le nom kwa dérive du mot « peuple » qui, pour toutes ces langues, possède la racine commune « kwa ». L’Attié est, au sein des langues kwa, une langue minoritaire classée comme un isolat. C’est aussi une langue qui défie la plupart des analyses classiques par son système phonologique et grammatical peu commun.

Les Attié sont organisés en trois classes d’âges ou générations appelées « Fokué » en langue Attié.Cette classification en trois classes d’âge leur est spécifique puisque, par exemple, les Mbatto, peuple voisin méridional, ont une organisation en six classes, que d’autres peuvent l’avoir en quatre, en huit, etc.

Ainsi, chez les Attié, dans ce système, toutes lespersonnes de sexe masculin font partie d’une des trois générations suivantes :
– la génération Gnando,
– la génération Djigbo,
– la génération M’Brechoué.

Les enfants en bas âge préparent très tôt leur entrée dans une classe en tant qu’observateurs des aînés et comme futurs membres à part entière d’une classe.

Les critères d’appartenance à une génération sont simples. En effet :
– tous les enfants qui naitront des M’Bréchoués appartiendront à la génération Djigbo,
– les enfants des Djigbo formeront la génération Gnando,
– les enfants des Gnando constitueront la génération M’Bréchoué,
– et ainsi de suite…

Le Fokué est une danse sacrée d’inspiration martiale dont le rôle est d’initier les jeunes gens, dès leur entrée dans la première génération aux techniques de guerre héritées des temps anciens où les peuples luttaient pour leur survie et leur identité, mais aussi et surtout aujourd’hui à préparer l’insertion de ces jeunes dans leur société.

Le Fokué est l’école pratique des Attiés, l’école d’apprentissages des choses de la vie. Toutes les manifestations de la vie politique, sociale et culturelle prennent leurs sources dans le cadre du Fokué qui s’exécute dans la structure de la génération.

L’exécution du Fokué se fait en deux étapes :
– l’étape de Odo, la première, commence dès la proclamation de la génération.
C’est l’étape de regroupement et surtout de maturité des plus jeunes groupes de la génération autour de la bonne pratique et de l’apprentissage du rythme sur le tambour de base nommé « Odo. »

Dans un premier temps, les apprentis utilisent les tambours que leur prêtent les initiateurs mais, avant la fin de cette période, ils devront eux-mêmes construire leur propre tambour. A l’issue de cette étape, la génération fait une petite sortie officielleavec les tambours neufs.

– L’étape de San-Min constitue la période de maturité de la génération qui, désormais, est aguerrie et prête à tout.
Elle danse donc à toutes les séances prévues par la législation jusqu’à sa grande sortie officielle.
Après cette sortie, certains membres de la génération seront considérés comme aptes à prendre diverses responsabilités dans la gestion des affaires du village.

Tout rituel de sortie des générationsest soumis à 9 grandes étapes cérémonielles qui permettent à une génération de prendre le pouvoir :
– l’enrôlement des guerriers-danseurs,
– la cérémonie de la marque de boue,
– la présentation du sabre,
– la prise du bois sacré,
– la coupe de rameaux,
– la sortie d’armes à feu,
– l’invitation,
– le Fokué,
– la fête de génération.

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