Le peuplement nladianbo (Alladian)

A partir de la dispersion d'Abreby, les Akwakwa ou Abrem futurs Nladianbo se rendent à Abra/Abrè et sur l'île kouvé où ils rencontrent les Pèpèhiri-Mekyibo avec lesquels ils cohabitent un moment. Depuis l'étape d'Agrouvri, ils étaient sous la direction conjointe de quatre leaders dont le plus âgé s'appelait Bogui.

Deux autres escales sont citées, Nguim et Enigbrenim. Pendant l’installation autour du lac d’Abreby, le chef était Dra. Les migrants parlaient tous la langue Awouro.

Le terme Awule/Awura/Awuro est un terme en langue Guan peuple autochtone du Ghana qui signifie, maître, chef. Les Nladianbo dans leur langue, désigne le mot langue par Abrè1. Cela est significatif car cela indique que dans leur entendement, la langue par excellence était la leur, l’Abrè qui se confond en réalité avec le nom de leur groupe d’origine.

Quittant Abra/Abrè et l’île kouvé, certains Abrè/Akwakwa créent Bodo Ladian (Grand-Jacques) sur le bord de la mer. Les ancêtres fondateurs de ce village sont Dambo Yevou, Dabou Tèvè et Boya Bodo. Il sera ensuite créé Avagou, Lobo Tiama (actuel Sassako-Benigny) et l’actuel Abreby qui fut le fait de Lezou Beguèlè. Avadivry fut aussi créé directement à partir de l’île kouvé. Emokwa (Jacqueville) a été créé par Tèvè Mambé parti de Bobo Ladian, cela de concert avec des membres du lignage Kakou. Ces derniers d’après J. A. Ablé, seraient une fraction de la famille royale Samandjè des Abouré Ehè de Moossou.

Djacé et Ahua sont des villages créés par des populations d’Emokwa. Un certain nombre de villages a été fondé non pas à partir de Bobo Ladian ou d’Emokwa, mais à partir de l’île kouvé. C’est le cas d’Adjué fondé par Gbosro Wa. S’installera aussi à Adjué Atakpa Djèkè. Djèkè. Ekyicasè (Adjacouti) a été créé par Kagui Mboua et Ségui. Le même Kagui Mboua ira ensuite créer Ada. Takou Dago venu de l’île kouvé fonda Mbokrou et Djako un originaire de Mbokrou transita par Ada pour aller créer Bahuama. Toujours à partir de l’île kouvé, Agué Krovi crée Adesse en compagnie de Damoa Tikoa.

Les villages créés à partir de l’île kouvé après la fondation de Bobo Ladian et Avadivry, avaient des habitants constitués d’une forte proportion de Pèpèhiri-Mekyibo. La tradition orale parle d’un massacre perpétré contre les populations de l’île kouvé qu’elle attribue aux Tchaman, mais les agresseurs pourraient bien être des Pèpèhiri-Mekyibo vivants dans les alentours. Des lignages étrangers en l’occurrence Aïzi, Odjoukrou, Avikam, se sont intégrés par alliances matrimoniales au peuple nladianbo depuis longtemps. De même, des femmes enyembe-ogbrou (Abidji),dida, abè, akyé ont laissé des descendants au sein des grands lignages nladianbo.

Le nom nladianbo qui à l’origine servait à désigner les seuls habitants de Bobo Ladian, s’est étendu à tous ceux qui parlent le dérivé de l’Awouro qu’est la langue nladian.
Nous avons relevé au passage des mots nladian proches de mots twi la langue des Akan de l’est(Ashanti,Akuapim,Fanti ect ..) et ayant la même signification.

Le sabre se dit èfra en nladian et afra en twi .
La jambe se dit ena en nladian et enaen en twi.
Le feu se dit ndja en nladian et edja en twi. Enfin, le verbe dire se dit lè en nladian et également lè en fante.

Les Nladianbo comprennent deux ensembles qui sont les Avave qui comptent 5 matriclans et les Akouri qui comptent 2 matriclans.
Les 7 matriclans Nladianbo comme nous le verrons en abordant les liens culturels entre peuples akan, ont des correspondances avec les 7 matriclans des locuteurs du Twi.

Des Nladianbo nous l’avons déjà signalé ont été à l’origine de la naissance du peuple appelé Avikam.

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