Le mariage coutumier Néyo

Entité fort sociale et communautaire, le mariage africain est une alliance qui unit non seulement un homme et une femme mais également leurs deux familles et tribus respectives. Cette alliance traditionnelle se fait toujours d'une manière progressive par étapes bien identifiées. Elle se célèbre selon les rites et coutumes du génie culturel de chaque peuple du continent.

Parmi les nombreuses versions expliquant l’origine de l’ethnonyme « Néyo », la plus crédible semble être celle qui fait de ce terme la contraction de Néné-yo, « les enfants de Néné », ancêtres des premiers occupants de l’embouchure du Sassandra, les Gnagbia, aujourd’hui disparus. Les Néyo font partie de la grande famille Krou. Ils sont tous animistes, parfois également monothéistes. La famille élargie est très symbolique et importante pour les Néyo tous comme dans toutes les autres régions de la Côte d’Ivoire.

L’ethnie Néyo est formée de dix « tribus », ou gbini. La tribu commandée autrefois par un kè (de l’anglais « king »), correspond tantôt à une fédération de patriclans (ou de patrilignages majeurs), tantôt au simple patriclan (ou patrilignage). Le système lignager y est patrilinéaire. Les mariages y sont virilocaux (c’est-à-dire que la femme quitte ses parents pour habiter dans le village des parents de son mari). Le mariage se déroule en deux phases différentes de par le lieu de célébration.

La première rencontre
La célébration a lieu en ville pour des parents citadins. Le prétendant fait part de ses intentions à un proche du père de sa dulcinée (ex : ami intime, cousin,…). Ce dernier accompagné du jeune homme s’entretient avec le père. Puis, en aparté, le père s’assure de l’accord de sa fille quant à la proposition de mariage. Il convoque la grande famille paternelle vivant également en ville afin de fixer la première partie de la dot. La réunion se tenant, la priorité est accordée aux requêtes du père et de la mère de la jeune fille. La dot est généralement composée de pagne kita pour la mère, de boissons pour le père et les oncles paternels ainsi que d’espèces sonnantes et trébuchantes (le montant est décidé lors de la réunion).La date de la rencontre avec la famille du prétendant est également fixée ce jour.

La rencontre de confirmation
Cette étape consiste à honorer les parents paternels restés au village. Lors d’un premier voyage, le père de la jeune fille annonce la bonne nouvelle. Il s’enquiert ensuite du contenu de la seconde partie de la dot. Une rencontre est prévue à cet effet. Les participants au voyage sont : le père et la mère de la jeune fille ; les parents du prétendant ainsi que le fiancé et la fiancée. Toutes les deux familles se réunissent en l’absence de la fiancée. La belle famille est accueillie selon les coutumes. Les nouvelles données, le chef de la famille fait appel à la jeune fille. Encore une fois, elle devra dire « oui » à la demande en mariage. Elle repart ensuite dans l’endroit qui lui et réservé pour la cérémonie. Après cela, la dot est versée. Les parents procèdent à des rites tels que les libations, les danses. Ils prodiguent des conseils au marié. La mariée est enfin rappelée. De façon symbolique, le chef de la famille dépose la main de la nouvelle mariée dans celle de son mari et lui intime de ne plus regarder en arrière.

De nos jours, cette étape se fait de plus en plus rare en raison de la cherté de la vie et de l’exode rural. Face à un tel contexte, il est toléré que la fiancée se rende avec son fiancé au village. Ils se chargeront eux-mêmes de porter la nouvelle et pourront remettre des présents aux parents.

Source : Annick.B (nocesivoire.com)

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