Mariage en pays en pays Baoulé
En pays baoulé, le mariage se fait en trois étapes, depuis l'acceptation des avances de l'homme par la femme jusqu'à la cérémonie officielle servant à sceller l'union entre les deux amoureux et leurs familles respectives. Ces étapes sont décrites ici dans l'ordre chronologique. L'auteur du texte donne ensuite la composition de la dot chez les Baoulé Ahittou, majoritairement installés à Tiébissou, et en partie à Toumodi et Dimbokro.
Première étape : Djavouè tralè
C’est l’étape de Djavouè tralè (l’amitié): elle commence dès l’acceptation des avances du prétendant par la dulcinée (sou kpli’n lè). Les deux amoureux se voient en cachette (be fia be la). L’homme va dormir nuitamment chez la fille et revient chez lui avant le lever du jour, juste avant ou après le troisième chant du coq (4h ou 5h).
En réalité, c’est l’homme qui va derrière la femme et non le contraire, sauf s’il n’y a pas de place chez elle. D’où l’expression bla klô kolè ou encore be kô bla klô, car il fait trop noir pour qu’une femme traverse seule tout un village. Ils se cacheront jusqu’à ce qu’une grossesse survienne ou que l’homme décide d’officialiser leurs relations. On passe alors à la deuxième étape.
Deuxième étape: Soman ou assoman
L’étape de soman ou assoman (les fiançailles) commence avec le kôkô bobolè, la présentation de trois ou quatre bouteilles de bonnes liqueurs à la famille de la fiancée. Le fiancé est accompagné de ses parents et d’un témoin pris dans le village de la fiancée. C’est l’officialisation de leurs fiançailles. Ils deviennent des soman et ne se cachent plus devant les villageois. Cette phase leur permet de « s’étudier » et, s’ils sont convaincus d’être faits l’un pour l’autre, ils peuvent décider de s’unir pour la vie. Ils passent alors à la troisième et dernière étape.
Deuxième étape : Adja
L’étape d’Adja correspond au mariage coutumier. Elle se concrétise avec le bla si n’san toulè (la dot), une cérémonie festive qui se déroule dans le village de la fiancée. Le fiancé, accompagné de ses parents, offre la dot composée généralement de:
– huit (08) bouteilles de bonnes liqueurs (ou 12 liqueurs s’il n’a pas fait le kôkô, une manière de rattraper les 4 bouteilles du kôkô).
– un (01) sac de sel, car le sel était une denrée rare. Nos parents marchaient de Tiébissou à Tiassalé pour en acheter.
– deux (02) bons draps pour le père et la mère de la fiancée, même si ceux-ci ne vivent plus, car la fiancée a trop fait pipi dans leurs draps. Il faut les renouveler.
– des complets de bons pagnes (au moins 04) pour la fiancée afin de rassurer ses parents que leur fille ne sera pas nue, au moins pour un bon moment.
– une somme d’argent dont le montant dépend du fiancé (au moins 30 000F) pour la couture des pagnes de la fiancée.
Chez nous les Ahittou, c’est ce que nous demandons comme dot. Cependant, certaines tribus baoulé, en plus de ce que j’ai cité, demandent d’autres choses comme de la viande (par exemple, une cuisse de bœuf chez les N’zikpli), des ignames, etc.
Enfin, une tante de la mariée sera chargée d’accompagner l’atônvlè (la mariée) dans la cours, le village ou le pays de son mari, une manière pour ses parents de s’imprégner des conditions dans lesquelles leur princesse va vivre et aussi de la guider dans ses premiers pas de femme mariée.
Par Jean Martial Koffi
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