Art contemporain: Panorama de vies urbaines croqué par Armand Boua.

Yopougon, Adjamé, Liberté, est l’ intitulé de l’exposition du peintre Armand Boua qui a ouvert ses portes le samedi 1 juin à la galerie Cécile Fakhoury. Fidèle à sa thématique de scènes de vie urbaines, le peintre essaie de fixer ces instantanés sur toile ou carton selon sa convenance. A travers sa technique qui consiste à gratter, brosser, frotter et écorcher la matière, des scènes de vie apparaissent comme pour signifier que dans cette masse d’ images diffuses et confuses, l’artiste arrive à sublimer ses personnages.

A la fois témoin et observateur extérieur de ces fragments de vie A. Boua essaie de créer une proximité avec le public de par les matériaux utilisés.

Mettant l’accent sur la sociabilité, tous les personnages mis en exergue malgré les difficultés apparentes font preuve de solidarité agissante pour affronter les défis quotidiens.  » Les môgôs de treich « ,  » les môgôs d’ Adjamé »,  » les abobolais « ,  » les roukaskas «  sont entre autres tableaux qui en sont une parfaite illustration. N’empêche que l’artiste rend hommage à des singularités à travers  » la go de treich « ,  » le fiston solo « ,  » la go d’ adjamé «  qui sortent du lot.

Avec une démarche picturale assez particulière qui consiste à saisir les images à l’instar d’un photographe et à les figer sur la toile afin de leur donner une seconde vie à travers un travail de réhabilitation en plusieurs étapes, l’artiste voudrait que l’on s’ attarde un tant soit peu sur la vie de cette catégorie de personnes qui se battent au quotidien pour s’ affranchir d’un milieu impitoyable. Ces personnes qu’ on rencontre à chaque coin de rue mais qui n’ont pas l’attention qu’elles méritent font partie de l’univers de l’artiste qui les côtoient tous les jours.

Yopougon, Adjamé, Liberté résonne comme un hymne à la lutte émancipatrice pour sortir des dédales de cette vie qui ne nous fait pas de cadeau. Armand Boua assume sa part d’ engagement à travers cette exposition qui fait de lui la voix, voire la voie des sans-voix.

Considéré comme l’un des artistes ivoiriens les plus doués et les plus côtés de sa génération de par sa technique assez originale doublée d’une production abondante, Armand Boua signe ainsi sa première exposition en terre ivoirienne par le biais de la galerie Cécile Fakhoury. Exposé régulièrement chez Saatchi et Jack Bell à Londres et vendu aux enchères à Sotheby’s, Christie’s, Bonhams ( Londres ) et chez Piasa à Paris, l’artiste a participé récemment à Cape Town Art fair en Afrique du Sud. C’est la deuxième expo personnelle de l’artiste chez Cécile Fakhoury après la première  » Brobrosseurs «  à Dakar en 2018. C’est un travail assez rigoureux et méticuleux qui allie esthétique et technicité que l’artiste nous donne de voir. L’expo court jusqu’ au 31 août prochain.

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