Contribution / Hommage à Amadou Gon Coulibaly.

Hommages à toi mon mentor !

Le lointain fera reconnaître sa valeur

Dois-je encore me fier à l’adage qui dit : « Les pleurs d’un oiseau n’appellent pas les autres » ? Avec mon constat personnel, je révise ce dicton venu du lointain, enveloppé dans une réalité vécue par mes ancêtres et surement moi. Il n’est pas mensonge, il est la réalité d’une autre réalité. Parce que la réalité certaine n’est pas celle de l’heure. En vérité quand un oiseau est atteint par un projectile, tout son entourage se fond dans la nature. Mais pour mon maître AGC, ce n’est pas le cas.

Ses proches le pleurent depuis lors. Ses frères de partis politiques rivaux pleurent avec les miens. Ils démontrent que la politique n’est qu’un jeu que la fraternité surclasse. Ils le prouvent à travers des déclarations, reconnaissent le mérite de ses œuvres.

Moi son petit frère, son disciple, son serviteur, je ne peux que me plier à la volonté divine. Je dois me rendre à l’évidence que ce qu’il m’a laissé en récompense, c’est ce qu’il a fait et qui est reconnu et affirmé par tous. Du continent africain, à l’asiatique en passant par l’européen, les hommages vont bon train. Depuis sa disparition, moi son premier élève, abreuvé des savoirs de son école, suis longtemps resté silencieux. Mais, aujourd’hui je me rends à l’évidence que le silence parle. Et il se nomme reconnaissance du mérite de celui qui est/était grand.

J’ai pleuré, je me suis même affaissé sur la table de mon bureau à l’annonce de la mort de mon mentor, le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly. Mes pleurs ont vite été essuyés par des mots de réconfort, des mots « caresse-la douleur », taillés sur mesure par tous ceux qui lui ont rendu hommage ce jour-là.

Je fais miennes les prouesses de son gouvernorat, dans lequel, rigueur, minutie et futurisme étaient les maîtres mots. Pour moi, ce grand homme doit figurer au panthéon de la Côte d’Ivoire. Tant par la qualité de son travail que par son parcours illustré par des résultats que personne ne nie.

Je me disais que le timon du navire « Ivoire » de son retour de la France allait réinventer une nouvelle vitesse de croisière à notre pays. Pour moi sa révision médicale allait lui permettre du repos, lui le féru du travail, lui qui s’est donné pour leitmotiv, l’excellence dans le travail acharné. Que non ! Son retour auprès des siens, a donné fenêtre sur son voyage vers ses ancêtres. Autant en emporte la dernière étape de la vie. Oui Amadou Gon Coulibaly est bel et bien parti dans   l’ au-delà, mais son travail abattu reste indélébile.

Mon grand regret est qu’il ne va pas goûter au calice de la plus haute marche du podium suprême. A un moment, je me suis dit que la prophétie allait s’accomplir. Celle d’un 7 août 2018, jour de la fête de l’Indépendance de la Côte d’Ivoire, où son Excellence Alassane Ouattara a prononcé un discours mémorable d’espoir pour la jeunesse politique. « Au moment où la Côte d’Ivoire célèbre ses 58 ans d’indépendance, je veux affirmer ma foi en la jeunesse et ma conviction dans le renouvellement des générations. Comme je l’ai déjà souligné, nous devons travailler pour transférer le pouvoir à une nouvelle génération, de manière démocratique », dit l’un des extraits de son intervention.

Oui j’ai cru que les urnes allaient porter Amadou Gon au pouvoir. J’ai cru que le valeureux Premier ministre allait enfin vêtir le manteau de Président des Ivoiriens. La gloire allait enfin récompenser son travail. Je me rappelle encore ces paroles pleines d’espoir du Président de la République à cette même date et en cette même occasion. « Notre pays est riche d’hommes et de femmes, jeunes, compétents, qui ont reçu une formation de qualité, qui ont appris à nos côtés comme nous avons appris aux côtés de nos aînés… Faisons confiance à nos jeunes, tout comme nos aînés nous ont accordé leur confiance ».

J’ai cru… Et je dirai plutôt, faucille de la mort, enterre mon cœur. Que puis-je y faire. Si ce n’est qu’adresser mes condoléances au Président de la République et à son épouse. Mes pensées vont grandement à l’épouse et à la famille inconsolables du défunt Premier ministre. Séchez vos larmes ! Séchons nos larmes !  Pour moi, c’est un modèle dont nous ne connaissons pas en ce moment la vraie valeur. Elle le sera quand après sa mise en terre, les heures, jours et années qui suivront, nous envahiront d’un froid inhabituel. Le froid d’un vide laissé par la mort.

 Dr Gustave ABOUA (Directeur Général du Développement Durable)

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