Art visuel / Exposition » Les témoins du temps » Quand des artistes s’ érigent en défenseurs de la nature.
Des vestiges se révèlent toujours de beaux restes, que dis-je, des œuvres éternelles ! Ce sont ces œuvres que les artistes Jean-Marie Collet ( photographe-vidéaste ), Yapaud ( sculpteur-peintre ) et Mamadou Ballo ( sculpteur-peintre ) ont décidé de fixer dans l’ éternité à travers cette expo dont le vernissage a eu lieu le jeudi 31 mars à l’ Hôtel Ivoire Sofitel.
De ce qui apparaît comme des ruines, ces trois artistes ont pu mettre en lumière des œuvres pleines de vie qui questionnent notre rapport avec l’ environnement. Dans leurs démarches respectives, ils se sont toujours posés en défenseurs de la nature. Mamadou Ballo pour interroger notre mémoire, a rendu un hommage aux » marcheuses de Bassam » à travers des formes sculptées. Ces sculptures réalisées à base d’ objets de récupération ( bouteilles plastiques, papier journal, carton, fer ) reconstituent un pan de l’ histoire coloniale de la Côte d’ Ivoire. A travers ces œuvres, c’est tout un pan de notre histoire qui est restitué. La pertinence de la démarche artistique de l’artiste consiste à nous faire comprendre que ces objets déclarés » sans vie » peuvent avoir une seconde vie mieux, ils se projettent dans l’ éternité en tant qu’ oeuvre d’art. Pour Ballo, la femme qui est la matrice de toutes ses créations est le socle de l’ univers. La magnifier équivaut à magnifier l’ univers voire à lui rendre un culte. La préservation de l’environnement est d’ une nécessité capitale.
Dans cette veine, l’artiste Ballo rejoint Yapaud qui s’est toujours considéré comme un environnementaliste. Toute sa démarche met la protection de l’environnement au premier plan. A travers ses sculptures en forme de totem, il redonne vie à des objets ( mandrin, barre de fer ). Pour lui, la récupération et le recyclage sont des solutions idoines aux problèmes de déchets qui permettront de sauvegarder l’ espèce humaine mais également d’ assainir et de protéger notre environnement. » Dans cette aventure plastique, je vais à la recherche d’ objets et d’ éléments jetés, abandonnés, laissés pour compte dans la solitude et l’ isolement où ils sont exposés à leur propre mort. Je leur propose alors une nouvelle vie en les assemblant, en les modelant, en les façonnant, en les entrelaçant « , fait savoir Yapaud qui insiste sur le caractère engagé de sa démarche.
Les panneaux, les façades urbaines, les nattes traditionnelles, expression papier … sont des concepts présents dans l’ univers de l’artiste. Selon lui, l’artiste en sa qualité de créateur doit réinventer son environnement dans lequel il fera bon vivre pour lui et les générations futures. C’est à ce niveau que la responsabilité de l’artiste prend toute son importance au dire de Yapaud.
Le photographe Jean-Marie Collet n’a pas souhaité rester indifférent à cet engagement artistique. Pour rendre compte du travail des artistes et en être un témoin privilégié, muni de son objectif, il a traqué leurs moindres gestes. Grand-Bassam, la première capitale de la Côte d Ivoire avec son quartier France, cette bande de terre entre l’ océan et la lagune fait office de studio-photo. C’est là que le photographe fait poser les artistes dans des décors qu’il façonne à sa guise. Il tente également de ressusciter la vieille ville à travers des clichés plus colorés. Toutes ces vieilles bâtisses à l’ abandon; les boutiques, les épiceries, les résidences etc… retrouvent une seconde vie sous l’objectif du photographe. Comme un phœnix, Bassam renaît de ses cendres à travers des clichés d’une rare authenticité.
Au-delà du travail artistique, c’est l’engagement citoyen de ces artistes à protéger l’environnement en lui offrant une seconde vie qu’il faut saluer et promouvoir. Cette exposition, qui est une initiative de l’ association Jeunes Artistes d’ Avenir ( JAA ) présidée par Madame Rose de Brière court jusqu’ au 30 avril. Pour notre planète qui se meurt au quotidien, il faut se féliciter des actions des artistes qui refusent d’ être des spectateurs mais qui se positionnent comme des acteurs d’un monde plus écologique. Quand l’art et l’environnement s’ unissent, c’est la planète terre qui se porte mieux.
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