Marie Koré

De son nom de jeune fille ZOGBO Céza Galo Marie, elle est née vers 1912 ou 1910 selon les sources et est originaire du village de Gossa en Côte d'Ivoire. Elle avait épousé KORE Sery René, un Ex-fonctionnaire des PTT.

Elue présidente du comité Féminin du PDCI-RDA à Treichville, à partir de 1947, Marie Koré a participé, à la tête des femmes, aux manifestations devant le palais du Gouverneur Péchoux, comme à celles qui eurent lieu les 23, 24 et 25 décembre 1949. C’est aussi elle qui fut à la tête des femmes qui marchèrent sur la prison de Grand-Bassam où des militants et non des moindres du PDCI avaient été incarcérés, sans jugement. Il s’agit notamment parmi les plus connus de : Bernard Dadié, Mathieu Ekra, Jacob Wiliam, Jean Baptiste Mokey, Albert Paraiso, René Séry Koré, Lama Kamara et Phillipe Veira.

Leurs mouvements de protestation avaient porté ses fruits puisque trois mois plus tard, les prisonniers politiques du PDCI passaient en jugement et furent condamnés à des peines atténuées. C’est en souvenir de cet acte héroïque des femmes, surtout de celui du 25 Décembre 1949, que le pont sur la lagune Ouladine fut baptisé : le pont de la victoire.

Elle était crainte par l’administration coloniale.

En 1953, alors qu’elle souffrait d’un simple panaris, elle se rendit l’hôpital annexe de Treichville pour se faire soigner. On lui aurait incisée le doigt malade en lui faisant une piqûre à titre d’anesthésie locale. Elle serait morte dans les heures qui ont suivi cette intervention médicale. Cette mort suspecte est restée dans les mémoires de ceux qui l’ont aimé sans jamais être élucidée. Pour certains, c’est plutôt de l’éther qui lui avait été administré en lieu et place de la drogue anesthésiante.

Rappelons qu’à l’époque, l’hôpital annexe de Treichville était tenu, en grande partie, par des médecins Européens.

C’est à juste titre que la BCEAO a choisi de l’honorer. Hommage à cette dame.