Le ziglibithy

Courant populaire de Côte d'Ivoire en Afrique de l'ouest, Le ziglibithy est un rythme traditionnel du peuple « Bété ». Le ziglibithy est un rythme traditionnel « bété » mais son origine exacte est l'objet de contestations.

La thèse la plus souvent émise est que le ziglibithy vient de Tahiraguhé, le village d’Ernesto Djédjé (le modernisateur du rythme) où il a été développé et maintenu. D’autres le disent issu du pays Gagou, apparu à Daloa dans les années 1930. D’autres encore parlent de Krakra, un village proche du lieu d’origine d’Amédée Pierre (musicien et découvreur d’Ernesto Djédjé) où l’on trouve de nombreux danseurs de ziglibithy.

Rythme à base de percussions, mais aussi danse, le ziglibithy traditionnel a été popularisé au niveau national par deux maîtres tambours, Gnala Gnokui Pierre et Bété Blé Louis, et trois grands danseurs Kpokpa Gozi Albert, Tawa Zouzoua et son fils Bouabré Paul Zouzoua.

Grand nom du ziglibithy moderne, Ernesto Djédjé se réclarnait lui de Jean Gnamaka Guéhi, chef du ziglibithy de Tahiraguhé : il lui avait même promis de porter un jour ce rythme à la télévision.

Le ziglibithy est en fait un mélange de trois rythmes : le « sopi », le « digba » et le « zaglobi ».
Amédée Pierre dit le « roi du dopé » sera un des premiers à moderniser la musique ivoirienne dans les années 1960 en injectant des rythmes traditionnels dont le ziglibithy à la rumba congolaise. Il influencera Anoman Brou Félix et le Yappi Jazz de Mamadou Doumbia. Mais si le musicien crée en 1965 une formation orchestrale moderne (guitare, cuivres, orgue électrique), il tient peu compte de l’importance de l’arrangement et son langage musical reste encore profondément traditionnel.

Ernesto Djédjé sera le premier dans les années 1970 à réussir cette véritable fusion. Il remet aussi la danse au goût du jour en lançant le « gnoantré », une danse à la James Brown (comme le surnommaient certains de ses fans : pieds en forme de croix de St Jean, sautillements sur place, poitrine en avant et tête jetée en arrière. Il y apporte une touche particulière en imposant un jeu de tête très personnel qu’il appelle le « blocage ». Sauvegardant la rythmique traditionnelle, il l’enrichit par lignes de cuivres omniprésentes et une très grande modernité des arrangements.

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