Histoire du peuple Aladjra de Botro qui refuse d’être Baoulé
Le département de Botro est peuplé majoritairement d'un groupe ethnique appelé « Aladjran », venu du Ghana, 45 ans avant la Reine Abla Pokou, en passant par le Royaume de Kong, et qui refuse d'être des Baoulé même si ce vocable leur est attribué par abus de langage.
Selon le Consultant en charge de la tradition pour le compte de la vsite du président de la République, Konan Kouakou, le nom « Botro » serait une déformation orthographique du terme « bô è sro » que l’on pourrait traduire en français par « la forêt qui fait peur » ou « la forêt dense ». Ce nom est une initiative du patriarche Assé Allou qui a érigé le village sur le premier site de « Awahénou » en 1690.
En effet, fuyant le Ghana pour immigrer en Côte d’Ivoire à la suite de nombreuses querelles de cohabitation avec les voisins Ashanti, les « Aladjra » ou « danjara » décident de s’installer sur un autre site. Vu la crue du cours d’eau qu’ils doivent traverser, ils décident de passer par le Royaume de Kong, chez les Ouattara (Nord de la Côte d’Ivoire).
Après un accueil chaleureux par les Sénoufo, ils mettent le cap sur le centre du pays. Dans leur progression, le grand nombre transite par Dabakala et arrive sur un site jugé propice à l’habitation. Le patriarche du moment, Assé Allou, décide alors de bâtir son village à côté de la « forêt qui fait peur. D’où l’appellation de « bô è sro » que l’administration coloniale d’alors a transcrit par Botro.
Plus tard, ils quitteront le site d’Awahénou pour se sédentariser sur l’actuel site de Botro-village, non sans avoir livré une guerre aux Gouro qui occupaient en son temps les lieux. Dans leur progression, ils avaient perdu les traces de quelques uns d’entre eux. C’est plus tard qu’ils apprendront qu’ils étaient du côté de Katiola, qu’ils s’y sentaient bien et qu’ils ne voulaient plus rejoindre le grand groupe.
Lors d’une cérémonie de retrouvailles, ils furent heureux d’apprendre qu’aucun n’avait été l’objet d’une quelconque extermination par des ennemis. Ce qui justifie leur sobriquet de « Satiklan » ou « la bonne nouvelle de ce que nous sommes tous sains et saufs ». Et c’est ce nom que porte le canton dirigé en ce moment par Nanan Toto Kra III, un ancien cadre de la Banque africaine de développement.
AIP
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