Histoire du village d’Adjamé Bingerville (Akwè-Djèmin)

Sous la conduite d'OTCHOGBI, homme de petite taille remarquable par son courage, les Tchamans (Ebriés) partent de Sandié qui serait situé dans l'actuelle Ghana.

Les guerres incessantes entre les populations sont à l’origine de cette migration. Les Tchamans arrivent d’abord à Bago à l’Ouest de l’Agnebi. Là-bas, les guerres recommencent. Ils s’entretuent à coup de flèches et de harpons.

Un groupe conduit par ADOUGPO décide de se replier vers l’Est. Ils arrivent à Mélié N’Gon, du coté de l’actuel Atiékoi. Mais se heurte aux attiés. AFITA DOGBI guide ce groupe vers le Sud. Il lutte alors contre ABOLE YAPI, un redoutable ennemi attié qui dispose d’excellents guerriers et qui essaie de soumettre tous les villages à son autorité.

Le groupe s’enfuie vers le Sud à son approche. C’est grâce au village d’Akandjé qu’ABOLE YAPI ne put les trouver : Akandjé efface toute trace de leur passage, finalement ABOLE YAPI est tué par les guerriers de Santé par la ruse, à l’emplacement de l’actuel petit port de Bingerville.

Pendant toute cette fuite devant ABOLE YAPI, se succèdent les chefs DICKEDJI et ASSAGOU. Au moment de la mort d’ABOLE YAPI, le chef est ADOGBI DJRAHOUA et notre groupe qui devient les Kwès (nom qui nous a été attribué par les Habitants de Santé) s’installe à N’Goto au Nord-Est de Bingerville, actuelle Agence Nationale de Développement Rural(ANADER). Les habitants de N’Goto poursuivent les guerriers d’ABOLE YAPI qui s’enfuyaient après la mort de leur chef.

Les Tchaman leur crient : « Don ya min hoin hê », ce qui veut dire en français « Arrêtes-toi, je vais te tuer ». Cette phrase de menace contractée est à l’origine du nom de la forêt qui se trouve à l’emplacement de cet ancien village « YAWIN ». Les Kwès restent un certain temps à N’Gotto sous la direction d’AKA et ADJRAWA, se contentant de reconnaitre leur village un peu plus loin lorsque les ravinements devenaient importants.

Mais le chef DJOBI ASSANDRE qui succède à ADRAWA est submergé par les palabres qui éclatent entre les familles ; il décide de scinder le village : Adjin, Bregbo, Agban et M’Badon se créent ainsi. Ceux qui restent forment Akwè-Djèmin (lieu de réunion des Kwès). Sous les ordres de AYAMA DANHO AKOSSI, ils se rapprochent de la lagune et s’installe près de l’actuel cimetière de Bingerville.

Ce chef jouissait d’une grande réputation. C’est avec lui que Binger entre en contact. Son successeur YAPI KPAKA est écouté depuis Anono jusqu’à Brégbo. Il règle tous les problèmes importants. Mais son prestige ne va pas suivre à la guerre qui oppose Anono à Abata. Pour n’avoir pas pu régler ce conflit à temps, il est déporté au Gabon par l’administration coloniale et meurt là-bas.

Son successeur ASSEMIAN ALLOU désire alors déplacer le village car l’administration réclame sans cesse des poulets ou autres produits. C’est ainsi que vers 1900, Akwè-Djèmin qui devient Adjamé-Bingerville avec la création de la ville de Bingerville, s’éloigne vers l’Est pour occuper son emplacement actuel. Un conflit oppose le chef MANGRE MONDOUDAN au notable David ASSEMIAN.

Ce dernier est envoyé en prison pendant trois ans à Korhogo par le commandant Simon qui dirigeait la subdivision de Bingerville. TOPRA SIKA puis MENAN AKOU AGBO dirigent le village. Ce dernier est remplacé par ASSANDRE DABAH Jonas. En 1952, la direction du village est confiée à TCHIMON AKRE PASCAL. Celui-ci remplacé en 1975 par ANOH AKOSSI André qui en 1988 cède le pouvoir à TCHAPO ADEKE Joseph.Depuis 2006, le village est dirigé par AGBO Honoré.

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