A la découverte des danses traditionnelles Baoulés

La Côte-d’Ivoire est composée d’une soixantaine d’ethnies cependant la danse ivoirienne est liée aux traditions, aux mœurs de chacune de ces ethnies, cette richesse culturelle est méconnue du grand public ou alors plusieurs personnes n’arrivent pas à les distinguer les unes des autres. Chez les Baoulés par exemple l'on retrouve plusieurs catégories de danses.

Les Baoulés excellents dans l’artisanat en général et particulièrement dans la sculpture, le tissage, l’orfèverie et la poterie sont également de véritables amoureux de la danse. Un tour d’horizon sur ces différentes danses qui animent les différentes fêtes de réjouissance.

Le Goly est notamment dansé par les Baoulés de Béoumi qui l’ont importé de leurs voisins Ouan qui leur étaient soumis. En revanche les chants qui accompagnent le Goly demeurent en Ouan ; l’Adjémlé qui est dansé par les Baoulé de Sakassou et de Diabo ; le Kôtou est semblable à l’Adjémlé et qui est dansé dans les régions de Tiébissou, de Yamoussoukro etc.Et l’Adjoss qui est dansé dans toutes les régions baoulés

Le Goli et le Djela
Danses sacrées et à la foi de réjouissance sont répandues dans la région centre Bandaman. Elles ont été empruntées respectivement aux Gouro et aux Wan. L’origine de ces danses ne fait aucun doute puisqu’elles continuent d’être pratiquées en pays Gouro et Wan. Le Goli de forme ronde, « lunaire », très caractéristique, est surmonté de deux cornes. Il a été emprunté pour une fête par les Baoulé après 1900. Célébrant la paix et la joie, on y chantait, dansait et buvait du vin de palme. Dans la procession, le Goli précédait les quatre groupes de danseurs et représentait les jeunes adolescents.

Le Goli « sortait  » à l’occasion de la nouvelle récolte, de la visite de dignitaires ou des funérailles de notables. Les masques correspondent à trois types de danses le gba gba, le bonu Amuen et le goh. Ils ne représentent jamais des ancêtres et sont toujours portés par des hommes. D’origine Gouro, le gba gba est employé aux funérailles des femmes et pendant la saison des récoltes. Il célèbre la beauté et l’âge, d’où la finesse de ses traits. Le masque double représente le mariage du soleil et de la lune ou des jumeaux dont la naissance est toujours un bon signe.

Il y a trois types de masques dans le goly:

– le gloin est un masque à visage zoomorphe composite (corne de gazelle, gueule de crocodile, etc.) peint en noir, rouge et blanc;

– le pkan est un masque féminin qui sort tous les sept ans;

– le kplékplé, considéré comme le fils des deux masques précédents. Les masques goly sortent toujours par paire. Les pas du gloin sont symboliques alors que ceux des autres sont démonstratifs. Le goly est entièrement recouvert d’une grande robe en fibres de raphia séchées. Il y a toujours auprès du masque un comparse qui lui donne le pas de danse.

L’orchestre du goly est composé de nombreux hochets en calebasses dans un filet décoré de grains séchés dont le choc sur la calebasse produit le son désiré.

Le goly est une danse initiatique. Une femme, par exemple, ne touche pas le gloin, sous peine d’offrir un sacrifice au masque.

Jimmy Hyacinthe fut l’un des précurseurs de cette danse avec son album appelée Goli, qui a connu un énorme succès en 1979. Dans cet album, la chanson phare, « Yatchiminou » reprenait le rythme de la danse traditionnelle Baoulé Goli, dans une orchestration moderne, avec des influences afro-beat, soul et disco.

L’Adjanou
L’Adjanou est une danse sacrée interdit au homme qui chasse les esprits malins et conjure les mauvais sorts tout en protégeant la communauté.

L’adjémélé
L’adjémélé est initiée par un groupe baoulé installé depuis des lustres dans la région de Sakassou. Le choeur est constitué de femmes vêtues de pagnes baoulé. Les danseurs sont de jeunes gens habillés d’un short au-dessus duquel se trouve une jupette en lanières; sur la poitrine, un tissu porté en écharpe et tenu par un foulard; aux chevilles, des fibres de raphia et aux genoux, des grelots. Les jambes sont parfois peintes de kaolin.

La danse s’exécute en groupe. Fortement pratiqué dans cette zone la danse connaitra du succès avec l’avenement de N’guess Bon Sens dans les années 90 avec son titre « il ya gout dans gout » qui a fait un boom sur le marché de la musique ivoirienne et vendu à l’international. Aujourd’hui, avec la nouvelle génération telles que Mami n’djoulé, Loukou Thomas, l’un des chefs de l’orchestre « Toutya », cette musique est apprécié par bon nombre de fans et fais le tour des maquis « Ö baoulés »

Le Kotou
En langue locale, Kotou signifie « boa ». En effet, l’histoire de cette danse est liée à un serpent selon des interprétations des durant trois nuits, un boa tourna autour du village, puis il pénétra dans le poulailler d’un villageois où il vomit feuilles et divers objets. Après consultation du devin du village, il apparut que le boa voulait qu’on crée une danse en son honneur. D’où le nom de Kotou pour cette danse. En général, le Kotou est une danse réservée aux hommes ; cependant les femmes peuvent y participer en exécutant des pas qui leurs sont propres.

L’adjoss
L’adjoss est une danse de réjouissance populaire en pays baoulé. Elle est exécutée principalement par les femmes. Dans l’adjoss, on fait valoir essentiellement les qualités vocales. C’est parmi les chanteurs et chanteuses de l’adjoss que se recrutent les futurs chantres du pays baoulé. Il n’y a pas un costume spécifique pour danser l’adjoss.

On se pare à sa guise. Les pas de l’adjoss sont lents. Mais selon l’inspiration du danseur, il exécute des pas plus modernes, empruntés à d’autres groupes ethniques. Les musiciens se disposent en cercle, et autour d’eux se forme une ronde. Le choeur est constitué par tous les participants. L’orchestre est composé généralement de trois tambours moyens, un harmonica, un cor, une bouteille vide et une baguette. L’adjoss est une évolution de l’akpôngbô, danse traditionnelle baoulé. Elle se danse dans tous le V baoulé. Au fil du temps des artistes comme Tantie Oussou dans « Aoublé » qui connut un succès fou à l’époque, Sidonie la « Tigresse » qui se présente aujourd’hui comme la diva de ce genre musicale, Amani Djoni, et plusieurs autres artiste tradi-modernes qui ont contribué à donner les lettres de noblesse à l’adjoss.

Imatin.net – Yoboué Anicet